De Tokyo à New York, la mise en accès libre de 150 000 images des oeuvres issues des collections de la Ville de Paris fait le bonheur des internautes. Ces images peuvent être téléchargées, partagées, vendues,réutilisées de mille manières.

Portrait de Sarah Bernhardt par Clairin en 1876
Portrait de Sarah Bernhardt par Clairin en 1876 © Paris Musées - Licence ouverte

Paris Musées met à disposition gratuitement et sans restriction d'usage plus de 150 000 reproductions numériques des œuvres des collections des musées de la Ville de Paris.

Ces images en haute définition sont issues des collections des musées parisiens. On y trouve quelques trésors de la peinture et de la photographie, de Rembrandt à Courbet, d'Atget à Kertész. Ces images pourront être réutilisées  sans restriction technique, juridique ou financière, pour un usage commercial ou non. Plus de 150 000 images représentant des œuvres tombées dans le domaine public sont disponibles et téléchargeables par tous les internautes via le portail des collections de Paris Musées. Paris Musées représente 14 sites et espaces emblématiques de l'histoire de la Paris.

150 000 images : lesquelles chercher ? 

Ces images ont été choisies parce que ce sont les chefs d’œuvres des collections parisiennes, ou bien les documents les plus recherchés. 

Mais si l'on vous offre un album de 150 000 images, qu'en faire ? Par où commencer ? Où poser son regard ? Chercher des souvenirs de grève pour accompagner l'air du temps ? Les collections ne manquent pas de ressources, comme en témoigne cet article du Monde illustré de 1923, pour une grève des transports parisiens.

Grève des tramways et autobus, 1er mai 1923, photo parue dans Le Monde illustré
Grève des tramways et autobus, 1er mai 1923, photo parue dans Le Monde illustré / Musée Carnavalet-Paris Musées- Licence ouverte

Chacun peut trouver son bonheur, comme le journal emblématique du monde ferroviaire, La vie du Rail, qui s'est  précipitée sur les images de gare et a partagé une peinture anonyme de la gare Saint-Lazare en 1845. 

Faut-il plutôt chercher des portraits peints ou dessinés par Rembrandt, assez nombreux dans les collections ? Ou bien préférer un Soleil couchant de Monet, a tout jamais imprimé dans l'inconscient collectif ? 

Portrait de l'artiste en costume oriental - Rembrandt vers 1631
Portrait de l'artiste en costume oriental - Rembrandt vers 1631 / Petit Palais-Paris Musées - Licence ouverte

Les numismates, très nombreux visiteurs des collections en ligne de Paris Musées, savent ce qu'ils cherchent.  Ainsi trouve-t-on un corpus important d'images qui les passionnent, représentant des pièces anciennes. Mais pour l'internaute lambda ? "Ils nous surprennent par leurs recherches" , explique Philippe Rivière, chef des services numériques et de la communication de Paris Musées.

"Si nous nous avons l'habitude de citer toujours les grands chefs d'oeuvre de Modigliani, ou de Monet, les internautes, eux, nous ont rappelé, en les partageant, que nous avions d'autres pièces étonnantes, comme cette gravure du Radeau de la méduse. Le tableau est au Louvre, mais nous avons cette étude originale".

Etude anonyme d'après le Radeau de la Méduse de Géricault
Etude anonyme d'après le Radeau de la Méduse de Géricault / Paris Musées -Musée de la Vie Romantique - Licence ouverte

Offrir d'autres vies à ces images

Pour Philippe Rivière, cette démarche d'ouverture  contribue à "une plus grande diffusion des collections et renforce la visibilité des œuvres des collections parisiennes en France et à l’étranger. Ces images, parce qu'elles sont en haute définition, ressortiront mieux dans les résultats de recherches des internautes, au final c'est notre patrimoine que l'on met en avant."

Les œuvres des peintres Courbet, Delacroix, Rembrandt, Van Dyck, ou des photographes Atget ou Blancard sont donc désormais téléchargeables en haute définition, à des fins commerciales, personnelles ou pédagogiques.  C'est ce que l'on appelle la licence ouverte. "Ce grand partage se fait en partenariat avec Wikimedia Commons, dans le but de faire circuler toutes les données documentaires concernant ces images sur la toile", explique Philippe Rivière. Cela veut dire aussi que ces images pourront réapparaître dans des applis sur l'histoire de l'art, dans des livres, des documentaires, des installations immersives, par exemple. 

Sur les réseaux sociaux, les tenants du partage gratuit de toute connaissance sont aux anges, d'autres font remarquer que l'on va retrouver Modigliani ou Colette en mugs et foulards imprimés par n'importe quel fabricant sans scrupule. "L'important c'est la circulation de ses images", estime Philippe Rivière. "J'ai vu qu'au Japon, quelqu'un fabrique un jeu de cartes à partir de ces images, et c'est très bien. La charte d'utilisation des images a été traduite par un internaute. Chacun s'approprie ces connaissances à sa façon". 

Il est vrai que la bonne nouvelle de cette libération d'images a été relayée aux quatre coins de la planète. 

Le Rijksmuseum à Amsterdam ou le Metropolitan Museum à New York, la National Gallery à Londres, le Cleveland Museum, ont déjà pratiqué ce grand partage des images et des données, y compris à des fins commerciales. En France, c'est surtout l'agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux qui gère la diffusion des images de 200 musées français. Tous les musées qui dépendent d'elles ne peuvent s'en affranchir. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.