Eric Dupond-Moretti, Jeff Mills, Anthony Vaccarello, Géraldine Nakache et Leïla Bekhti étaient les invités de Boomerang cette semaine. Revivez les meilleurs moments des entretiens d'Augustin Trapenard avec le Best-of.

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Partager (oui, même une banane avec un gorille ^_^), et mettre ainsi de la joie dans la vie © Getty

Joséphine Dumoulin a préparé le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard : 

8 min

BOOMERANG - Best-of de Boomerang du 27 septembre 2019

Par Joséphine Dumoulin

Eric Dupond-Moretti 

Les tribunaux sont son théâtre de prédilection, mais l'avocat se produit aussi sur scène, au théâtre de la Madeleine, dans le cadre de son spectacle "À la barre" du 24 au 28 septembre et du 18 au 21 décembre. Le ténor du barreau est venu plaider au micro de Boomerang

Ne voyez-vous pas autour de nous la naissance de nouveaux Saint-Just, d'une nouvelle morale, d'une bienséance, d'un manichéisme qui nous conduit soit vers le noir soit vers le blanc sans nuances, ne sentez-vous pas que les uns jugent les autres et que les uns sont les censeurs des autres ? 

Je ne connaissais aucun avocat, je ne faisais même pas partie du sérail des avocats mais je me rêvais avocat et, au fond, je pratique le métier comme j'ai toujours rêvé de le faire, alors est-ce peut-être une reconstruction ? C'est bien possible ça. Mais je me voyais de ville en ville, avec ma valise, allant de cour d'assise en cour d'assise, seul contre tout aimant l'araignée et l’ortie.

Il faut convaincre, peu importe la morale, il faut gagner

J'aime la France profondément, et je ne l'aime pas quand elle s'éloigne de ce qu'elle doit être, c'est-à-dire la terre des droits de l'Homme, quand elle fait une part importante au populisme, quand elle n'accueille pas. 

Je suis le fils d'une maman immigrée italienne, c'est pas forcément facile, parfois on me traitait de sale macaroni et c'était douloureux, honteux d'une certaine façon. Je pense qu'on transporte tout ça toute sa vie. 

Géraldine Nakache et Leïla Bekhti 

Elles sont comme des sœurs, inséparables, et sortent leur dernier film "J’irai où tu iras". Elles sont venues partager leurs rêves aux côtés d'Augustin Trapenard

LB : Je rêvais d'être caisseuse, après j'ai appris qu'on disait caissière ; je rêvais d'être chanteuse, un autre rêve m'est resté pendant très longtemps, je voulais d'être éducatrice et c'était un vrai rêve que je m'étais fixé et malheureusement j'ai pas réussi à aller jusqu'au bout, j'avais envie de travailler avec des gens, l'idée de pouvoir partager tout ce que je peux avoir, c'est merveilleux car seul c'est triste... 

GN : La voix c'est de la musique, c'est de la partition, c'est du timing, tout cela c'est quelque chose qui vous touche à un endroit qui est un peu indescriptible. Toutes les deux, on ne se connaissait pas vraiment, on a passé un dîné ensemble, on était pas assises côtes à côtes et le lendemain on s'est appelées. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré quelqu’un qui allait faire partie de ma vie pendant très très longtemps. 

Jeff Mills

Le DJ prodige de la techno et de la musique éléctronique était en concert cette semaine à La Gaité Lyrique. Il sort en octobre une compilation Sight, Sound and Silence, qui résume son œuvre. Il était l'invité de Boomerang

JM : Je travaille sur le son depuis si longtemps, dans de multiples dimensions que je sais que quelque chose échappe à l'univers sonore.

Parfois la musique survient, pour redonner confiance, elle est toujours parfaite, toujours présente à vos côtés. 

La musique n'a jamais tort, elle est toujours dans le vrai, on peut toujours lui faire confiance : la conjonction des notes, des accords, des fréquences que l'on obtient aujourd'hui électroniquement provoque une réaction chimique, le courant passe. 

Ce que je vois : une couleur, du rose, quelque chose qui s'épanouit, une fleur qui s'ouvre, une couleur éclatante à cause des notes, deux en particulier qui se détachaient des autres dans cette phrase. 

Quand on est afro-américain, quand on a grandi aux USA, on a le sentiment de ne pas faire partie de la société qui vous a vu naître. L'Etat, le gouvernement vous démontre de mille façons insidieuses que vous êtes indésirable dans votre propre pays, plus encore aujourd'hui qu'hier, mais pas forcement plus demain qu’aujourd’hui. 

Quelque part c'est compliqué à expliquer à quelqu'un qui n'est pas noir américain. Il est presque impossible de croire à quel point des pans entiers de notre société sont maltraités dans un pays censé incarner la liberté.  

Anthony Vaccarello

Le styliste belge, directeur artistique de la maison Yves Saint Laurent présentait sa collection de prêt à porter printemps/été 2020 cette semaine. Il s'est confié au micro d'Augustin Trapenard

Je trouve qu'il y a un retour, un pas en arrière, ce côté qui fait qu'on cache le corps, les jambes, les seins, on ne peut plus rien montrer maintenant, ça montre qu'on a peur. Moi je montre je m'en fous...

J'aime bien aller à l'opposé de tout, de toute façon la nuance on ne la perçoit pas toujours

Il faut toujours être un peu plus lourd, un peu plus fort dans ses paroles, dans son travail, que cela soit un peu exagéré quitte à forcer le trait pour que le message passe plutôt que d'être trop dans la nuance. 

Ma famille n'était pas du tout dans la mode, je regardais beaucoup la télé, je fantasmais un peu, depuis Bruxelles, sur ce Paris des années 1980 quand j'étais petit et j'ai développé une forme de fantasme sur Gianni Versace avec aussi le fait d'avoir été contacté par Donatella Versace, c'est juste incroyable ! 

Je trouve le show plus important que la collection en elle-même, pour moi il faut que ça suscite une émotion, les gens quittent le lieu en ayant le cœur qui bat car au final l'important c'est de mettre tout ça ensemble et de procurer une émotion

Je ne pense jamais à une couleur de peau en faisant mes castings et je trouve qu'il y a quelque chose d'un peu trop forcé maintenant dans ce côté quota, je ne caste pas une peau, je caste une fille, une femme, je pense que c'est comme ça qu'il faut faire. 

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