"En amont", l'album posthume d'Alain Bashung, sort ce vendredi 23 novembre, près de 10 ans après sa mort. Ces onze chansons inédites avaient été écartées par le chanteur au moment de la sortie de "Bleu pétrole". Sa veuve, Chloé Mons, les a retrouvées et a demandé à la productrice, Edith Fambuena, de les retravailler.

Alain Bashung en concert à Marseille, le 28 octobre 2008.
Alain Bashung en concert à Marseille, le 28 octobre 2008. © AFP / GERARD JULIEN

"C'est un véritable album d'Alain, un album à part entière", se réjouit Chloé Mons, la veuve d'Alain Bashung. Le chanteur avait travaillé sur les onze titres qui composent En amont avant son décès le 14 mars 2009, mais ils n'étaient pas aboutis. Chloé Mons a donc confié à la productrice et musicienne, Edith Fambuena, la lourde tâche de les retravailler, un à un. 

Il y a vingt ans, Edith Fambuena a collaboré avec Alain Bashung pour son album "Fantaisie Militaire" et elle a longuement hésité avant de se lancer dans la réalisation de cet album posthume. "J'ai refusé plusieurs fois parce que justement il s'agissait des chansons qu'il n'avait pas validé, raconte-t-elle. C'était un peu particulier de se dire que j'allais faire quelque chose contre sa volonté. Après, je me suis dit : 'Pourquoi pas justement, il y a des gens ça peut leur faire du rab'". Pour Chloé Mons, aucun doute, ces onze titres studio seront les derniers. "Il n'y aura pas de deuxième album comme ça".

C'était important que je m'immerge avec lui et que ce soit mystique", Edit Fambuena

C'est isolée, dans un studio parisien en sous-sols, qu'Edith Fambuena a retravaillé, de longues heures durant, onze morceaux laissés de côté par Alain Bashung. "C'est mon antre, mon laboratoire", précise la musicienne et productrice. "Je peux vivre là, dormir là, c'est un endroit qui me ressemble". Un endroit où elle avoue être rentrée dans une sorte de "transe". "Il y a un moment donné où on devient carrément fou. Au bout de dix jours, j’oubliais et je me disais :'Faut qu'il refasse la voix, je vais l'appeler'".

Seule la plupart du temps, la musicienne parle de cet album comme d’un "gros nonosse", sur lequel il a fallu passer beaucoup de temps. "Un soir, j'étais sur une chanson et je n'y arrivais pas, ça me plaisait pas, confie-telle. Alors j'ai essayé de dormir. J'ai tout éteint. Et puis l'ordinateur s'est mis en marche tout seul et la chanson est apparue. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. J'avais la guitare à côté de moi, j'ai entendu un riff et c'était parti. D'un coup tout est rentré."

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