Alain Rey, l'un des pères fondateurs du dictionnaire Le Robert, et chroniqueur à France Inter, est décédé ce mercredi à Paris à l'âge de 92 ans.

Alain Rey
Alain Rey © AFP

Linguiste et lexicographe, Alain Rey a animé l'équipe créée en 1951 par Paul Robert pour élaborer un nouveau dictionnaire "alphabétique et analogique" de la langue française, qui allait donner naissance en 1964 au "Grand Robert" en six volumes, puis en 1967 au "Petit Robert", avant d'autres déclinaisons.

Amoureux des mots, des expressions, de leur histoire, de leur croustillant, ce grand expert du langage a longtemps enchanté les bonnes ondes émises par France Inter, notamment avec la chronique "Le mot de la fin" de 1993 à 2006. On l'a vu par ailleurs à la télévision sur France 2 avec Démo des mots  (2004/2005) et dans Le Petit Journal sur Canal. Il a également tenu une chronique dans Le Magazine Littéraire, intitulée Le dernier mot

Alain Rey était un défenseur de la créativité du langage, de tout ce qui pouvait le bousculer ou le réveiller. Quand Ségolène Royal a lâché l'expression de "bravitude", au lieu de bravoure, au pied de la grande muraille de Chine, il n'a pas eu peur de saluer cet italianisme créatif de la célèbre femme politique. Il évoquait lui-même  le "californisme" de la langue française pour parler de ses influences anglo-saxonnes actuelles. 

Pour lui la langue française était "une entité gigantesque, extrêmement complexe, après 11 siècles d'existence", partagée par des communautés très différentes dans leur vision du monde. "Le français est une langue d’expression mondiale", disait-il, notamment grâce à sa présence en Afrique, plus répandue qu'on ne le croit.

Dans son récent livre, 200 drôles d'expressions que l'on utilise tous les jours sans vraiment les connaître , il passe au crible deux cents expressions de la langue française aussi familières que surprenantes. Dans son Dictionnaire historique la langue française, unique en son genre, il aimait parcourir l’histoire de 60 000 mots, et rétablir quelques vérités de l'histoire du langage. "Rossignol" est par exemple un défaut de prononciation du mot "lossignol" et quand au mot "daron", ou "daronne", fréquent dans les textes de rap, il était en usage au XVIIIe siècle déjà.

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