"Alexandrin...", ou comment faire la manche en rimes. Une belle ode en bande dessinée aux marginaux de la poésie, signée par le duo Pascal Rabaté et Alain Kokor.

Détail de la couverture d'"Alexandrin" d'Alain Kokor et Pascal Rabaté
Détail de la couverture d'"Alexandrin" d'Alain Kokor et Pascal Rabaté © Futuropolis

"Alexandrin, ou l'art de faire des vers à pied", qu’est-ce que ça raconte ?

C’est un livre doux, et tendre sur la transmission. Un véritable appel à mettre de la poésie partout, et à la tolérance. Alexandrin parle et vit de ses vers. Accompagné du jeune Kevin, son auxiliaire, il parcourt la France pour vendre ses poèmes au porte à porte.

Pourquoi on aime "Alexandrin..." ?

Le propos d’Alexandrin tout en rimes aurait pu paraître artificiel, il est au contraire très vivant. Pascal Rabaté (Les Petits Ruisseaux…) a su rendre l’aventure textuelle subtile et parfois drôle. L’aventure de ces deux humbles représentants en pastourelles, en jolis pastels, qui changent de ton selon les saisons est l'un des coups de cœur de la rentrée BD.

Rencontre avec Pascal Rabaté et Alain Kokor

Pour Alexandrin..., j’ai utilisé la méthode du gueuloir de Flaubert

Je suis attiré par le côté décalé des choses. Cette histoire avec le clochard qui sonne à ma porte est réellement arrivée. Il m'a dit : "J'ai vu des œuvres d'art aux murs, vous êtes aussi de la partie ?". Je lui dis : "Oui, oui, je suis aussi dans la littérature, je travaille dans la BD." Il est parti en disant : "Ô, du commercial !" Je me suis dit : "Quelle belle histoire !" Mais je lui avais acheté deux poèmes.

Pour d'autres projets, j'utilisais la méthode du gueuloir. Il fallait que même quand il n'y avait pas de rimes, ça sonne, qu'il y ait une certaine musicalité...

Ecouter Pascal Rabaté :

Alexandrin laisse un héritage qui va donner envie de slamer

Je vis avec quelqu'un qui crée du spectacle vivant. C'est quelque chose qui reste en mémoire. On fait des livres, j'ai aussi fait des films. On laisse des traces. On s'interroge : les personnes qui ne créent pas, que laissent-elles en héritage ? Là, c'était vraiment l'histoire de quelqu'un qui vit au jour le jour, et qui à un moment trouve un supplément d'âme : il ne va pas être que dans l'instant.

Ecouter Pascal Rabaté

Un appel à un autre rythme, à la flânerie

Quand j'ai fait Les Petits Ruisseaux, c'était pareil. Ce n'était pas un appel à la lenteur, mais à un autre rythme. On peut avoir envie de rouler avec des voitures qui ne dépassent pas les 20km à l'heure. Là, c'est encore pire. Alexandrin n'a pas de compteur à ses chaussures, on ne sait pas à quelle vitesse il marche. C'est un appel à la flânerie, à regarder les choses autrement, à ralentir...

Ecouter Pascal Rabaté

Il fallait peu de choses, pour qu'il ait l'air méchant

J'avais d'entrée éliminé l'idée d'en faire quelqu'un de lunaire, comme Monsieur Hulot. Alexandrin est une personne qui vit dans la rue. Au départ, dans les premiers crayonnés, c'était un personnage squelettique avec peu de cheveux. Il me faisait penser aux gardes en cartes à jouer dans Alice au Pays des merveilles. Je l'ai habillé d'un manteau. Il fallait peu de chose, pour qu'il ait l'air méchant. Et cette ambiguïté m'a plu.

Ecouter Alain Kokor :

Les pages de silences sont celles dans lesquelles le dessinateur prend le pouvoir

Ecouter Pascal Rabaté et Alain Kokor commenter les pages 52 et 53 d’Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied :

Page 52 d''Alexandrin" d'Alain Kokor et Pascal Rabaté
Page 52 d''Alexandrin" d'Alain Kokor et Pascal Rabaté / Futuropolis
Page 53 d'"Alexandrin" de Pascal Rabaté et Alain Kokor
Page 53 d'"Alexandrin" de Pascal Rabaté et Alain Kokor / Futuropolis

La leçon de dessin d'Alain Kokor

Comment j’ai dessiné Alexandrin, ou l’art de faire des vers à pied :

Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied de Pascal Rabaté et d'Alain Kokor est publié chez Futuropolis

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