Il s’appelle BULLRUN, course de taureau. C’est un joli nom, pour un programme de surveillance pas franchement rassurant, encore un ! On a appris son existence grâce à Edward Snowden, l’ancien espion qui balance tout, l’ex-agent de la NSA qui a révélé l’affaire Prism. Bullrun, c’est un programme secret qui permet à l’agence de sécurité américaine de déchiffrer les messages cryptés.

On se doutait un peu que le boulot de la NSA était de chercher des informations cachées, et donc éventuellement de décrypter des messages cryptés, mais là, l’ampleur du dispositif a de quoi effrayer. Bullrun permettrait en effet de lire dans le détail les transactions de e-commerce et les coordonnées bancaires. En fait, ce programme permet de décrypter à peu près tout ce qui est codé sur Internet. Ça peut être une bonne chose pour aider à prévenir des attentats, mais cela peut aussi, selon les experts, avoir des conséquences fâcheuses : affaiblir la sécurité des communications cryptées. Et notamment des transactions en ligne, car c’est bien grâce au cryptage des données informatiques que le commerce sur Internet a pu se développer.

Mais dans la catégorie « grandes oreilles américaines », il y a aussi de belles histoires, des histoires qui rendent le sourire. Celle de Barham Sadeghi, par exemple : c'est un journaliste néerlandais, d’origine iranienne. Il lui arrive quelque chose d’ennuyeux, il a perdu un email très important. Il l’a sans doute supprimé par erreur, avant de vider la corbeille, impossible de remettre la main dessus. Alors il appelle … la NSA, tout simplement !

Voilà un canular téléphonique plutôt réussi. Il a trouvé le numéro de téléphone sur Internet, apparemment. Il explique son problème. « Allo la NSA, voilà je vous appelle parce que j’ai perdu un mail ! » Au bout du fil, une dame lui explique très poliment que non, elle ne pourra sans doute pas l’aider. Le journaliste répond qu’il est peut-être une « personnalité présentant un intérêt » ! Eh bien oui, il est né en Iran, il connaît du monde, il voyage beaucoup. Il a une petite amie israélienne, qui vit au Pakistan. « Vraiment, vous ne stockez pas mes emails quelque part ? », demande-t-il. « Pas de la manière dont vous parlez, lui répond la dame. On ne peut pas vous aider ».

Ce qui est fascinant, c’est qu’on ne lui raccroche pas au nez, la dame finit par lui passer quelqu’un d’autre, qui finit par dire, au bout de huit longues minutes : « Je vais raccrocher maintenant, merci beaucoup monsieur et au revoir ». Voilà, les services de renseignements américains nous surveillent, peut-être même qu’ils ont accès à nos transactions sur Internet, mais ils sont très polis au téléphone ! C’est déjà ça.

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