Dédicaces Festival Bd Angoulême 2013
Dédicaces Festival Bd Angoulême 2013 © MaxPPP

Nous sommes plus habitués à voir les dessinateurs à leur table de travail que dans la rue. Pourtant au festival d'Angoulême cette année, ils donnent deux rendez-vous consacrés à leur situation et à leur statut :une réunion des Etats-Généraux de la BD de deux heures le vendredi 30 janvier, et une marche des auteurs le samedi 31 après-midi janvier.

La goutte d’eau qui fait se réveiller les auteurs ?

Sylvain Runberg est scénariste. Avec Olivier Martin, il signe Cases blanches l'histoire dessinée d'un dessinateur de BD, Vincent Marbier, en panne d'inspiration. Il connaît bien ce secteur, et donne les raisons de la colère actuelle des auteurs :

C’est une réforme de nos cotisations de retraite complémentaire décidée sans concertation avec les auteurs. L’augmentation des cotisations équivaut à un mois de revenu. Or de nombreux auteurs gagnent moins que le SMIC, leur enlever un mois de salaire, c’est les couler ! A terme, c'est toute une branche de l'industrie de l'édition de BD qui est menacée.

Écouter :

Suite à une pétition lancée en 2014,lettre ouverte à Aurélie Filipetti (Le temps est-il venu de nous dire adieu ? ), alors ministre de la Culture, signée par 750 auteurs, les artistes du secteur se sont pris en main, et ont lancé des Etats généraux de la BD, soutenu, entre autres, par le SNAC BD (Syndicat National des auteurs et compositeurs de BD). A Saint-Malo, ils avaient entamé une grêve des dédicaces.

Festival BD Angoulême
Festival BD Angoulême © MaxPPP

Un mouvement qui a débouché sur la création d'états généraux de la BD :

Les États généraux sont nés de conversations avec Denis Bajram (dessinateur et scénariste de BD) au moment du mouvement des auteurs contre la réforme de la retraite complémentaire. J’ai eu le sentiment qu’au-delà des difficultés réelles, c’était un symptôme du malaise de la profession. […] On s’est dit qu’il faudrait sortir de cette crise vers le haut, et d’essayer de comprendre les évolutions récentes de ce métier. On a des tendances fortes d’un côté une internationalisation et de l’autre les conditions sociales sont difficiles

Les explications de Benoît Peeters, auteur avec François Schuiten des Cités obscures , président des États-généraux de la BD :

Au théâtre d’Angoulême, ce sera la séance d’ouverture filmée des Etats-généraux, qui on le sait vont durer un an et demie ou deux ans. Il y aura d’une part des cahiers de doléances, et d’autre part nous lançons une grande enquête de 10 études sur le secteur le marché, ou les écoles de la BD. On ne sait pas, par exemple, de manière précise combien d’auteurs nous avons en France. De ces études, on pourra tirer des conclusions et prendre des mesures

La présentation de cette ouverture des Etats-Généraux deBenoît Peeters, auteur, président des États-généraux de la BD :

Il est essentiel de comprendre ce secteur,car il a muté. La BD a profondément changé de paysage : auparavant prioritairement adressée aux enfants, elle parle aujourd’hui aux adultes, la BD était un phénomène de presse, aujourd’hui elle repose sur le monde du livre, il sortait 250 albums par an, nous en sommes à 5000, les jeunes auteurs trouvaient un moyen de se faire publier, alors qu’aujourd’hui, ils sont dans la précarité…

Et aussi :

Affiche de la marche des auteurs de BD
Affiche de la marche des auteurs de BD © SNAC BD

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