Quand François Avril croise Philippe Druillet. Ces deux peintres, illustrateurs et dessinateurs de BD n’auraient jamais dû se rencontrer. Mais leur collaboration, exposée à la galerie Barbier, produit des merveilles, séduisantes et dérangeantes à la fois.

Tableau de Philippe Druillet et François Avril dans l'exposition "Apocalypses" à la Galerie Barbier
Tableau de Philippe Druillet et François Avril dans l'exposition "Apocalypses" à la Galerie Barbier © Galerie Barbier

Au milieu d’un paysage lunaire aux tons pastel, se dressent des monstres verdâtres à la gueule ouverte. Plus loin entre les silhouettes sombres de bâtiments urbains sur fond beige, surgit l'impressionnante gueule, orange et bleue, d’une créature monstrueuse…

En tout, ce sont plus de 40 peintures et dessins qui témoignent de la rencontre, improbable, mais réussie entre deux grands dessinateurs. L’un, François Avril n’aime rien de plus que des paysages épurés, pastels et éthérés dans lesquels se déploient de petits personnages. L'autre, Philippe Druillet est un monstre sacré de la BD de science-fiction. 

Le mariage de ces deux-là fonctionne : c’est beau, très harmonieux et dérangeant à la fois. 

Les œuvres interpellent le spectateur : ces monstres ne sont-ils pas le surgissement de la catastrophe dans un ciel vraiment sans nuage ?

François Avril : 

En voyant, il y a huit ans, l’un des dessins de paysages de Philippe, assez proche de ce que je peux faire, je me suis dit qu'il serait intéressant de lui amener du calme, qu’il ne remplisse pas tout. Dessiner avec d’autres impose un peu de culot et beaucoup de respect.

Tableau de Philippe Druillet et François Avril dans l'exposition "Apocalypses"
Tableau de Philippe Druillet et François Avril dans l'exposition "Apocalypses" / Galerie Barbier

Ces deux artistes si différents ont quelques points communs

Le point commun entre les deux dessinateurs est la maîtrise savante de la composition et de l’espace

Le goût pour les espaces denses, l’amour des objets et de la Bretagne, mais aussi peut-être une même blessure intime les réunissent : ils ont tous les deux perdu leur femme. L’épouse de François Avril, Dominique Corbasson, décédée en 2018, avait d'ailleurs soufflé à son mari l’idée de la rencontre avec Philippe Druillet.

Il aura fallu huit ans pour qu’elle se concrétise. Le temps que l'un et l'autre arrivent à un âge qui leur permet de baisser la garde et de faire de cette confrontation artistique un moment de plaisir. 

Philippe Druillet a accepté de se laisser guider par un François Avril friand d’aventures humaines autour du dessin, pour notre plus grand bonheur.

Philippe Druillet :

"Ce que nous faisons en tant qu'artistes, c'est la chance de perdurer un peu, de laisser une trace de la mémoire de quelqu'un qui a vécu à une époque précise et qui en est le reflet. 

C'est la magie de l'art, que ce soit en musique, en sculpture, en peinture. En général, c'est la seule preuve d'immortalité que nous ayons.

Je n’en suis pas là, mais j’ai traversé une période difficile et ce projet a été un soutien artistique, physique et psychologique très important. François Avril m’a amené ses crayonnés et m’a dit où me poser. J’ai accepté, car on ne peut pas faire ce genre de métier sans conserver un peu de l’âme de l’enfant qui jouait. C’était un défi plaisant, et je me suis senti à l’aise dans son univers".

Apocalypses d’Avril et Druillet à la Galerie Barbier à Paris jusqu'au 18 avril 2020

Tableau de François Avril et Philippe Druillet dans l'exposition "Apocalypses"
Tableau de François Avril et Philippe Druillet dans l'exposition "Apocalypses" / Galerie Barbier

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