Jérôme Garcin n'ayant pas encore vu le 8è épisode de la saga a posé une question très simple : "Est-ce que je dois y aller ?"

Mark Hamill
Mark Hamill © Lucasfilm Ltd. & ™, All Rights Reserved. / John Wilso

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

Xavier Leherpeur : "C'est l'un des meilleurs épisodes de la saga"

Evidemment qu'il faut y aller. Pour moi, c'est l'un des meilleurs épisodes de cette franchise qui a connu le meilleur comme le moins bon.

Le précédent, la renaissance de la saga avait été confié à JJ Abrams, qui signera d'ailleurs l'épisode 9. 

Là, c'est un épisode du milieu, sauf qu'ils se sont souvenus de quelque chose de fondamental dans l'histoire de Star Wars. C'est que l'épisode du milieu, c'est le plus important et on cite tous par exemple l'Empire contre-attaque comme étant le meilleur !

Donc il l'ont confié à un jeune cinéaste qui s’appelle Rian Johnson qui avait signé il y a quelques temps un excellent film de SF qui s'appelait Looper avec Bruce Willis, qui était inventif, drôle, imaginatif sur le voyage dans le temps... et là, Disney lui a laissé carte blanche.

Donc il a une vraie vision, un vrai engouement. Il n'est pas comme JJ Abrams dans le précédent, terrorisé à l'idée de toucher à la Guerre des Etoiles. Il y va. Il revient aux fondamentaux. C'est à dire qu'on est très près des films de sabres japonais dont George Lucas disait s'être inspiré. Il y a du Kurosawa, il y a du Kobayashi.

Qu'est ce qu'on demande à un épisode du milieu ? De relancer la donne pour que le 3ème épisode soit extraordinaire. C'est exactement ce qu'il fait.

On revient à la mythologie nordique qui était aussi une référence de George Lucas, à travers l'île ou Mark Hamill / Luke Skywalker a trouvé refuge.

C'est inventif, c'est formidable.

Eric Neuhoff : "Tout est bien, mais c'est un chouïa trop long"

J'avais arrêté d'aller voir ces trucs là, parce que je n'ai jamais rien compris à Star Wars. Or là on comprend tout ce qu'il se passe. Enfin sur le moment... parce que là ça me parait un peu confus dans ma tête.

Le méchant est très réussi. Et c'est toujours le malheureux Andy Serkis dont on ne verra jamais la véritable tête dans un film.

Il y a le grand dépendeur d'andouille, Adam Driver qui se croit dans Lorenzaccio ou dans Shakespeare.

Il y a cette petite gamine qui sait qu'elle va devenir un Jedi, parce qu'elle est allée trouver le vieux sur son île.

L'île est magnifique. C'est un paysage qui aurait plu au Werner Herzog des débuts. Cette île perdue au milieu de l'océan où il y a trois brin d'herbe et des rochers partout. Il y a des décors qui sont absolument fabuleux.

Rian Johnson et Carrie Fisher
Rian Johnson et Carrie Fisher / The Walt Disney Company France

Michel Ciment : "C'est un film qui se situe un peu entre Mélenchon et Macron."

C'est le dégagisme. On dégage. Déjà Harrison Ford avait disparu, tué dans l'épisode précédent. Le casque de Dark Vador est jeté aux orties, le sabre laser idem. On est en train de faire la grande lessive. 

Carrie Fisher, qui est morte pendant le tournage, mais après avoir tourné toutes ces scènes s'exclame à un moment "J'ai déjà tant dit "que la force soit avec vous" et elle laisse la parole à quelqu'un d'autre.

Je suis d’accord avec mes camarades. Je n'aime pas trop cette saga. parce que - à part l'Empire contre attaque - je pense que ça a toujours été fait par des cinéastes médiocres, y compris le premier épisode. Lucas a eu le mérite d'inventer cette univers assez extraordinaire. 

John Williams aurait dû être dégagé aussi. Il a 85 ans, je ne devrais presque pas le dire, sa musique est toujours tonitruante et un peu fatigante.

Mais en dehors de ça, c'est un film plein de trouvailles visuelles.

Nicolas Schaller : "Une espèce de variation autour de L'Empire Contre Attaque."

Je suis d’accord sur la direction artistique. Il y a une esthétique dans le film qui est passionnante. A côté de ça, moi je vois la répétition du même. Ils sont condamnés à refaire la même chose. Le précédent d'Abrams était une réactualisation de La Guerre des Etoiles. Celui-là est une espèce de variation autour de L'Empire Contre Attaque. C'est la même construction scénaristique avec juste des blocs qui sont un peu déplacés et j'ai l'impression de revoir toujours la même chose, sauf que là, ça dure deux heures et demi, qu'il y a un côté très emphatique je trouve dans le côté Shakespearien, sur l'île, où ça dure des plombes, où à un moment, on n'en peut plus de ce montage alterné. 

Beaucoup de gens crachent aujourd'hui sur le précédent d'Abrams, mais Abrams avait un sens de l'aventure, de la malice et il rendait les personnages attachants, proches de nous.

Là, moi je vois quelqu'un qui veut faire de la tragédie, qui est un peu lourdingue...

Le questionnement sur la Force au bout d'un moment, ça tourne court. On a compris.

Ce qui m'a amusé beaucoup, c'est qu'à travers l'esthétique, ces rouges, ces noirs, une esthétique par moment assez "queer", moi j'ai vu un sous-texte gai sur l'identité sexuelle du nouveau méchant.

Ecoutez l'intégralité de la séquence (Attention Spoiler !!!)

Adam Driver
Adam Driver / Lucasfilm Ltd. All Rights Reserved

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