EXCLUSIF | Pour la première fois depuis l'annonce de son retour, le groupe canadien Arcade Fire se confie sur sa musique et sur son nouvel album, prévu pour juillet.

Arcade Fire sur scène en 2014 (au premier plan, Win Butler)
Arcade Fire sur scène en 2014 (au premier plan, Win Butler) © AFP / KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Ils ont transporté le public des Nuits de Fourvière, lundi, dans l'Amphithéâtre antique de Fourvière à Lyon. Quelques jours à peine après l'annonce de la sortie prochaine de leur cinquième album studio, "Reflektor", sorti il y a quatre ans, le groupe a joué sur scène ses titres les plus connus... et quelques inédits qui figureront sur "Everything Now", le nouvel opus, dont la sortie est attendue le 28 et dont la chanson éponyme a été dévoilée la semaine dernière.

A l'occasion de ce concert exceptionnel, France Inter a rencontré Arcade Fire et recueilli les confidences de Win et William Butler, les frères multi-instrumentistes du groupe. C'est la première fois dans le monde que le groupe prend la parole depuis l'annonce de son retour.

France Inter : Ce disque a été réalisé après les élections américaines, et pendant les attentats en France. Est-ce que cela a eu une influence particulière sur l'album ?

William Butler : Lorsqu'on fait des disques, on ne s'arrête pas de vivre dans le monde réel et d'être des humains. Et être un humain, c'est être connecté au monde, avec ses moments si beaux mais aussi si atroces qui se passent dans notre histoire contemporaine. Cela a toujours fait partie de notre processus créatif. Parfois c'est de façon très consciente, mais on essaie d'en faire un grand tout.

Win Butler : C'est aussi la première fois que l'album a été fait en dehors de Montréal. On a beaucoup enregistré à la Nouvelle-Orléans, et un peu à Paris. Quand nous étions à Paris, c'était juste après l'attaque de Nice... il y avait une atmosphère étrange.

France Inter : Comment s'est passée la collaboration avec Thomas Bangalter des Daft Punk ?

Win Butler : Même si notre musique n'est pas la même, on pense l'Art et la musique de la même façon. C'est aussi le cas de Steve Mackey de Pulp... et pour nous c'est essentiel. S'ils disent que quelque chose est bon ou mauvais, on sait qu'ils ont bon goût. Mais bon... le problème avec les Robots c'est la maintenance, les batteries à plat... il faut les changer, c'est ennuyeux !

William Butler : Mais je crois que les Daft Punk marchent désormais à l'énergie solaire. On a dû parfois les alimenter en diesel pour les faire fonctionner !

France Inter : Si vous aviez à définir le son d'Arcade Fire, que diriez-vous ?

_Win Bulter :_Notre grand-père jouait dans des Big Band... et je crois que cette grande ère du jazz a été l'un des grands moments de l'histoire de la musique américaine. Les plus grands compositeurs venaient de là. Le truc qu'a amené le rock, c'est l'énergie pure. Et c'est cette énergie qu'on essaie d'exploiter avec notre groupe. On se ressent les uns les autres sur scène... voilà ce que c'est d'être un descendant du rock n'roll !

France Inter : Dans votre avant-dernier disque, David Bowie a fait une collaboration sur le titre Reflektor. Quel souvenir gardez-vous de cette session ?

Win Butler : Rétrospectivement, quelle chance d'avoir collaboré avec lui sur Reflektor. Passer ces tous derniers moments avec lui en studio... je me souviens, c'était dans le studio où il avait enregistré le titre Fame avec John Lennon. Il nous a beaucoup donné, et c'est drôle... avec Régine on lui avait acheté une peinture ancienne pour le remercier. C'était un tableau abstrait, un symbole vaudou, et ça représentait des étoiles noires... comme Blackstar, le nom dernier album. Ca a été une énorme perte. Je ne me souviens pas que le monde se soit senti aussi lourd après la perte d'un artiste.

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