C'est le comble mais c'est possible. Arman, le grand accumulateur d'objets a su produire des oeuvres que l'on pourrait classer dans les rayons de l'art minimal. C'est le cas avec les Accumulations Renault, produites entre 1967 et 1974, dans le cadre d'une collaboration avec la régie automobile.

Arman, déjà installé aux Etats-Unis, a espéré travailler avec la firme Ford, comme Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg ou Franck Stella, mais le projet n'a pas abouti.

Ce sera donc Renault en France, car la firme vient de se lancer dans un programme de collaboration entre artistes et industrie. L’idée de Renault est de mettre ses moyens techniques au service des artiste. Une fois le travail accompli, la société se charge de l’exposer. Ils sont très nombreux à s'être ainsi confrontés à la célèbre régie, que ce soit Dubuffet, Vasarely, Tinguely ou Michaux.

Arman, en tant qu'artiste s’intéressant aux objets, qu’ils soient nobles ou rebutants, ne pouvait manquer d'attirer l'attention de Renault. Pour lui c’est l’occasion de travail avec un objet au pouvoir symbolique fort. La voiture c’est la prospérité économique, le développement industrie. On est aussi dans une période où se développe l’individualisme, l’automobiliste est bientôt roi. Derrière l’automobile et la marque Renault se profile aussi l'idée du monde ouvrier et la lutte des classes. Mais pour Arman l'expérience va donner lieu à une orientation esthétique forte.

Arman, accumulation n°147
Arman, accumulation n°147 © François Fernandez / Christine Siméone

Arman a donc des mois durant côtoyé les chaînes de montage des voitures. L'artiste peut arrêter la fabrication des pièces quand il veut, stop ou encore, selon le moment qui l’intéresse, l’état de l’objet.

Tous les morceaux possibles de voiture peuvent avoir grâce à ses yeux: fils de bougie, filtres à air, joints, phares, tôles de carosserie. Cela donnera des oeuvres portant des noms comme Le Murex, ou La Cathédrale. Exposées en 1970 au Musée des Arts Décoratifs à Paris, les oeuvres ont ensuite étaient montrées à Montréal, Amsterdamn, Dusseldorf, Copenhague , Berlin.

En avril 1995, la galerie Vallois à Paris a décidé de présenter les Accumulations Renault , car elles n'avaient pas été montrées en galerie depuis l'exposition de 1970 au Musée des Arts Décoratifs. Pour toute une génération de gens, les Accumulations Renault étaient donc quasiment inconnues en France.

Exposition des Accumulations Renault d'Arman à la galerie Vallois
Exposition des Accumulations Renault d'Arman à la galerie Vallois © Courtesy Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois / Christine Siméone
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blogcs itw automatique... ou pas © Radio France / C Siméone

Pour Georges-Philippe Vallois, cette exposition a permis de renouveler le regard sur Arman. Il parle même d'art minimal.

Pour la première fois chez Arman l'accumulation d'objets identiques ne donnent pas le sentiment de la profusion, du clin d'oeil humoristique, du souvenir familial. Ces accumulations ne sont là que pour mettre en valeur une forme et des couleur. On retrouvera cette esthétique et cette simplicité dans les accumulations fondamentales des années 90.

La Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois>

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blogcs signature C Simeone © Radio France / C Siméone

Je rappelle que ce blog est largement consacré à Arman, au Nouveau Réalisme, et à toutes les formes d'art qui inclus l'objet comme matériau de création.

Textes Copyright Christine Siméone.

Photos Copyright Christine Siméone sauf indication autre.

Au sujet d’Arman, le site historique

Remerciements à

Gilles Marsault, et Valeria Emanuele, au web de France Inter twitter.com/valeriae

Annelise Signoret, du service documentation de Radio France __

Sophie Raimbault, assistance du service Culture de la rédaction de France Inter

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