C'est parti pour les quatre jours de la FIAC à Paris. Pour crâner à côté de vos amis fans d'art contemporain, nous vous donnons quelques clés pour comprendre l'art numérique.

43e édition de la FIAC au Grand-Palais, à Paris en 2016
43e édition de la FIAC au Grand-Palais, à Paris en 2016 © Maxppp / Thomas Padilla

La Foire internationale d'art contemporain débute ce jeudi 19 octobre 2017 à Paris. Quand on n'est pas expert en la matière, ce n'est pas forcément évident de s'y retrouver parmi les 193 galeries issues de 30 pays, notamment quand il s'agit d'art numérique. Un art qui utilise ou détourne des supports virtuels venus de la vidéo, d'internet ou autre. 

Le mapping vidéo ou la fresque lumineuse

Lors de la Fête des lumières à Lyon en 2010, le collectif 1024 Architecture a projeté un "mapping interactif" sur la façade du théâtre des Célestins. En parlant dans un micro, les spectateurs pouvaient directement déformer les images lumineuses projetées sur le monument. Cette technique permet de créer une sorte de seconde peau aux bâtiments.

Le net art

Cet art en ligne est très difficile à quantifier et à localiser. Plusieurs plates-formes centralisent des créations, c'est le cas de rhizome.org ou incident.net, créée en 1994 par Grégory Chatonsky et Karen Dermineur. En 2006, Reynald Drouhin réalise un dispositif interactif qui permet de concevoir un monochrome. Lorsque chaque internaute se connecte sur le site de l'artiste, une couleur est générée par un programme informatique. Elle correspond à l'adresse IP du visiteur. IP Monochrome est considérée comme une œuvre collective et autonome.

IP Monochrome a été réalisé en 2006 par Reynald Drouhin
IP Monochrome a été réalisé en 2006 par Reynald Drouhin / Capture d'écran du site de l'artiste

Les installations de réalité virtuelle générative et interactive

Comme pour le mapping, pouvoir interagir avec l'œuvre numérique est souvent séduisant pour le public. On imagine que peu de personnes ont réussi à lever la tête face aux "Magic Carpets" de Miguel Chevalier. L'artiste français a proposé un voyage pour les yeux et les pieds en projetant des "tapis volants" sur le sol dont les motifs changent selon les pas des spectateurs. Miguel Chevalier utilise et intègre l'informatique dans ses créations depuis les années 70.

Les robots

L'art numérique peut être robotique, à l'image du "technodrome" de Bill Vorn et Louis-Philippe Demers. Lors de l'exposition "Prosopopées" au Centquatre, des spectateurs ont pu avoir l'impression de se retrouver dans un film de science-fiction pendant quelques minutes. Ils avaient enfilé des costumes et se sont retrouvés contraints de danser sous l'emprise de ces exosquelettes dont les mouvements sont programmés à l'avance. Une performance intitulée Inferno qui tend à mettre au jour les limites de la mécanique. 

Life-logging

Life-logging est l'activité qui consiste à enregistrer tous les moments de sa vie. C'est ce que fait l'artiste Hasan Elahi. En 2002, il est arrêté et interrogé par le FBI car il est soupçonné de terrorisme. Après une longue lutte pour prouver son innocence, il reste tout de même sous surveillance et c'est le point de départ de son oeuvre Tracking Transience

Tracking Transience est le travail de l'artiste américain Hasan Elahi
Tracking Transience est le travail de l'artiste américain Hasan Elahi / Capture d'écran

Hasan Elahi décide d'anticiper cette surveillance - tout en la dénonçant - en informant les services secrets de tous ses faits et gestes : ses repas, ses déplacements, les émissions télé qu'il regarde jusqu'aux draps défaits de son lit... Il a expliqué que pour protéger au mieux sa vie privée, il fallait la rendre publique. Cet artiste de 35 ans porte en permanence un GPS sur lui et chaque internaute peut suivre les étapes de son quotidien.

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