Il ne s'agit pas de plaindre les artistes, surtout quand ils sont célèbres. Mais connaît-on vraiment leur vie? Je ne vous ferai pas le coup de : "Créer est un chemin semé d'épines", mais certaines épines sont tout de même très douloureuses. Un artiste, même au sommet de sa notoriété n'est jamais assuré de réussir le montage financier d'un projet. A chaque fois, il doit convaincre, séduire, amasser une somme conséquente, donc repartir à zéro, ou presque. Prenez Patrice Chéreau, icône des spectateurs de théâtre et d'opéra depuis les années 60, l'un des metteurs en scène les plus subventionnés. Devenu cinéaste, dans les années 70-80, il repart à chaque fois à l'assaut des producteurs. Et souvent, il échoue. Dernier échec, son projet sur Napoléon, avec Al Pacino. On en rêvait déja, et eux aussi! 6 ans de travail pour rien. Chéreau a écrit un premier scénario en s'inspirant du roman de Staton Rabin, "The Monster of Longwood", qui raconte les derniers jours de Napoléon et s'intéresse à sa relation avec une jeune anglaise qui devient son amie après qu'il fut exilé à St Hélène. Puis sa collaboratrice attitrée, Anne Louise Trévidic, a retouché le scénario, avec lui. Chéreau a séduit plusieurs producteurs et recueilli 20 millions d'euros, somme énorme mais insuffisante. Il sait aujourd'hui que le budget espéré ne sera jamais réuni. Tout est abandonné. Si près du but... Alors, entre deux mises en scène d'opéra, la prochaine à Aix, La Maison des morts, avec Boulez à la baguette puis Tristan, à la Scala de Milan, et entre deux lectures, le cinéaste écrit un scénario inspiré de sa vie, de sa relation avec sa mère... Elle est enviable, cette faculté de rebondir propre aux artistes, cette fièvre ou cette folie qui les amène à toujours réagir. Elle est même admirable, non?

a
a © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.