"Assassin's Creed", le film avec Michael Fassbender et décliné des jeux vidéos du même nom, sort cette semaine. L'occasion de revenir sur cette série, historique a plus d'un titre.

Image extraite du film "Assassin's Creed" avec Michael Fassbender, Marion Cotillard et Jeremy Irons. Le film sera dans les salles françaises ce mercredi 21 décembre 2016
Image extraite du film "Assassin's Creed" avec Michael Fassbender, Marion Cotillard et Jeremy Irons. Le film sera dans les salles françaises ce mercredi 21 décembre 2016 © 2015 Twentieth Century Fox

Historique, la série Assassin's Creed (littéralement "Le credo de l'assassin") l'est à deux titres : d'abord par son traitement très documenté et minutieux de périodes historiques, devenu une marque de fabrique (et une source quasi-infinie d'idées de suites), mais aussi par la manière dont la série a marqué le monde du jeu vidéo.

Visiter Paris en 1792 ou Florence au XVe siècle

Assassin's Creed a quasiment inventé un nouveau genre, qu'on pourrait définir comme le "tourisme temporel vidéoludique".

Il en joue d'ailleurs avec une mise en abyme assez habile : le scénario des jeux se base sur l'Animus, un appareil imaginaire qui permettrait d'explorer, via notre code génétique, les expériences de nos ancêtres. Même sans suivre le fil directeur de l'histoire, on peut tout simplement se perdre dans les rues d'une ville, comme on le ferait en vacances, mais aussi dans l'ambiance et les événements d'une époque. Les scénarios prennent parfois (souvent) des libertés avec la réalité historique, mais l'essentiel est ailleurs : proposer de "ressentir l'époque" en plongeant le joueur dans une reproduction détaillée du quotidien de ces villes.

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Un jeu "poule aux œufs d'or"

Lorsque le premier épisode sort, en 2007, c'est un pari un peu osé. À l'époque, Ubisoft est porté par des licences à succès comme Splinter Cell ou Prince of Persia, et commence tout juste à convertir le monde aux Lapins Crétins, apparus l'année précédente. Le premier Assassin's Creed est développé par une grande partie de l'équipe des trois épisodes de Prince of Persia, avec des moyens conséquents et une ambition : donner plus de liberté au joueur dans l'exploration d'un univers historique, dans des villes censées ressembler autant que possible à leur état à l'époque.

Capture du jeu Assassin's Creed 2
Capture du jeu Assassin's Creed 2 © Ubisoft

C'est un succès surprise, y compris pour Ubisoft. Plusieurs millions d'exemplaires vendus, une réception critique enthousiaste, et une suite mise sur les rails dans la foulée, qui fera sensiblement la même performance. Depuis, Ubisoft a décliné l'univers dans 17 jeux différents (six jeux "principaux" et 11 jeux dérivés), au moins un par an. Recette simple (une fois le pays et l'époque choisis, il "suffit" de les reproduire fidèlement dans le jeu et d'y intégrer les personnages), résultat efficace (105 millions d'exemplaires vendus tous épisodes confondus). La branche Ubisoft Montréal, qui développe la série, est tout simplement devenue le plus gros studio de développement de jeux vidéo au monde (2 700 employés en 2014).

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Toutefois le concept commence à montrer ses limites. De plus en plus accusé de simplement "dépoussiérer" le jeu à chaque nouvel épisode, Ubisoft a pour la première fois renoncé à sortir un jeu Assassin's Creed en 2016, préférant se concentrer sur d'autres licences... et sur le film.

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