C'est l’une des deux grandes exposition inaugurale du MuCEM Elle sera l’un des événements majeurs de la programmation de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture. Oeuvres d’art et objets du quotidien seront rassemblés afin d’interpeller les publics sur une des questions prédominantes des sociétés méditerranéennes d’aujourd’hui :les relations entre les hommes et les femmes.

Dans un contexte de bouleversements de l’ordre des sexes, le MuCeM propose un voyage à travers les multiples façons d’être homme ou femme de sa société dans l’espace méditerranéen contemporain. L’exposition part d’un constat : les évolutions économiques, idéologiques, politiques et technologiques d’aujourd’hui, dont les dynamiques sont traduites par les médias, peuvent donner aux individus l’impression, et parfois l’illusion, d’un choix de plus en plus grand dans les manières d’exprimer leur sexualité, de se rencontrer, de se reproduire, de fonder une famille et, plus généralement, d’exprimer leur différence. elle permettra au public de s’interroger sur la façon dont ces nouvelles dispositions viennent, parfois, perturber un certain ordre des sexes et des valeurs qui leur sont associées.

Sans titre (Torera), Pilar Albarracín
Sans titre (Torera), Pilar Albarracín © Pilar Albarracín, Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris

L’exposition s’organise autour de l’idée que le genre peut être abordé comme un grand marché (le bazar) où les choix semblent presque infinis mais où, finalement, les individus s’orientent en fonction de leurs habitus et de modèles culturels… Les exemples présentés, souvent issus d’enquêtes menées dans différents lieux en Méditerranée, permettront de montrer comment les changements dans les pratiques et représentations du genre trouvent, dans l’espace méditerranéen, des expressions particulières selon les cultures, les communautés, les contextes sociaux et économiques.Sont ainsi évoquées les profondes mutations démographiques en lien avec les nouvelles possibilités pour les femmes de contrôler leur fécondité. Les revendications portées par les femmes ou par les minorités sexuelles sont traitées comme une conséquence de ces évolutions. l’accent est mis sur l’impact des nouveaux modes de communication sur les possibilités de se rencontrer, de séduire, de faire couple ou de faire famille. [...]Les objets des collections d’ethnologie sont associés à des témoignages d’hommes et de femmes, des montages de films, des installations d’art contemporain pour questionner les changements qui touchent les grandes valeurs liées aux rapports de genre dans l’espace méditerranéen. outre les collections du MuCeM, l’exposition présentera notamment des oeuvres de Louise Bourgeois, Hassan Hajajj, Nibar Gürec, Philippe Ramette, Michèle Sylvander, Pilar Albarracin, Lawick Müller, Niki de Saint Phalle, Ghada Amer, Marion Poussier, Canan, Tami Notsani, Pierre et Gilles, Françoise Janicot, Nan Goldin.

Les mariés, Pierre et Gilles, 1992
Les mariés, Pierre et Gilles, 1992 © Pierre et Gilles

Parcours de l'exposition par Denis Chevallier

L’exposition s’articule autour de cinq sections.La première, “Mon ventre m’appartient” souligne la remise en cause par les évolutions démographiques récentes du rôle de la femme en Méditerranée. Les données très spectaculaires de la transition démographique dans les pays du sud de la Méditerranée sont mises en rapport avec les politiques de régulation des naissances, mais aussi avec les luttes menées par les femmes pour obtenir le droit à la contraception. Cette section met également en scène de nouvelles images de la féminité que certaines femmes artistes comme Louise Bourgeois ou Niki de Saint-Phalle ont traduites dans leurs oeuvres. La maternité est abordée à travers différentes pratiques bien documentées : objets et rites associés à la fécondité.La deuxième section, “Les chemins de l’égalité” , rappelle la vigueur avec laquelle s’expriment actuellement les revendications pour l’égalité entre hommes et femmes, et la façon dont elles redessinent les rapports sociaux de genre.La troisième section, “LGBT Vivre sa différence” , parle de la montée en puissance des revendications à la liberté d’assumer publiquement des choix de sexualité différents ou multiples. Sont présentées dans l’exposition les expressions contemporaines de la reconnaissance de cette liberté : tenues portées lors de gay prides récentes , images exprimant certaines formes de luttes, mais également l’actualité des formes de pactes et mariages homosexuelles. Différents témoignages d’homophobie ainsi que des films d’actualité sont également présentés.

Rider, 2010, metallic lambda print, wooden frame with knor stock packaging
Rider, 2010, metallic lambda print, wooden frame with knor stock packaging © Hassan Hajjaj & HANDPICK JP AKA

L’exposition se poursuit par la section “Mon prince viendra”. On y parle d’un bouleversement de la règle homogamique en vigueur en Méditerranée qui voulait que l’on s’unisse de façon préférentielle dans sa communauté voire dans son groupe familial. Cette section interroge ces nouvelles pratiques enprésentant différentes pages d’accueil de sites de rencontre ou des extraits de séries télévisées diffusées tout autour de la Méditerranée. Des oeuvres dePhilippe Ramette ou Jana Sterbak expriment également à leur manière ces changementsLa dernière section intitulée“Chacun son genre” met l’accent sur la possibilité accrue pour les individus de jouer avec les codes et les modèles du genre et de l’apparence. La question du voile est abordée avec la présentation d’un ensemble de voiles anciens et contemporains, mais surtout de témoignages collectés par des ethnologues. Les oeuvres contemporaines témoignent d’une prise de distance vis à vis du voile (Nilbar Gures ) mais aussi d’une volonté de réappropriation (Hassan Hajjaj ). La remise en cause de la question du genre est quant à elle illustrée par un certain nombre de photographies d’artistes laissant apparaître une sexualité ambiguë.

Affiche."Boulot, Omo, marmots, y'en a marre, contraception pour toutes et tous" MLF, 1971. Paris, Bibliothèque Marguerite Durand
Affiche."Boulot, Omo, marmots, y'en a marre, contraception pour toutes et tous" MLF, 1971. Paris, Bibliothèque Marguerite Durand © Cliché : Bibliothèque Marguerite Durand / Parisienne de Photographie
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