Dessins animés, bouées gonflables ou accessoires en tout genre : la licorne est à la mode. Mais cette tendance remonte jusqu'au Moyen-Âge. Au Musée de Cluny, qui héberge la célèbre tapisserie de la Dame à la Licorne, une exposition revient sur l'image de cet animal fantastique à cette époque.

Tenture de la Dame à la Licorne : la Vue (tapisserie, vers 1500)
Tenture de la Dame à la Licorne : la Vue (tapisserie, vers 1500) © RMN-Grand Palais (Musée de Cluny-musée national du Moyen-Âge) / M. Urtado

Non, la licorne n'a pas toujours été ce petit poney mignon à la crinière arc-en-ciel, qui peuple l'imaginaire, les boutiques de gadgets, et surtout, cet été, les piscines et les plages. Si la licorne revient à la mode depuis quelques années, le culte pour cet animal fantastique, qui se partage avec le dahu et le griffon les faveurs du public, remonte en réalité au Moyen-Âge. 

Vertus pharmaceutiques

C'est à cette époque qu'a été tissée la très fameuse série de tapisseries de la Dame à la Licorne, exposées à Paris, au musée de Cluny. Cet été, et jusqu'en février prochain, ces tentures sont au centre d'une exposition qui porte bien son nom, "Magiques Licornes". Ces tapisseries portent pour seule inscription cette phrase brodée : "A mon seul désir".

A la Renaissance, c'est dans les précis de pharmacie que l'on retrouve la licorne : sa corne, dit-on, purifie les liquides et détruit les poisons. Tout, dans les enluminures, les tentures aux couleurs éclatantes, les terres cuites émaillées, les récits des artistes, des voyageurs et des scientifiques, semble attester son existence. 

Premiers dessins au Moyen-Âge

Si l'on croit dur comme fer que les licornes existent, c'est notamment parce que l'animal est déjà mentionné, en réalité, dans les textes des auteurs grecs et latins. "Ces auteurs décrivent un animal qui vit en principe en Inde, une créature à robe grise, avec une corne qui peut avoir plusieurs couleurs. Mais dans l'antiquité, c'est une créature de mots seulement", explique Béatrice de Chancel-Bardelot, conservatrice générale à Cluny. "_Ce n'est qu'au Moyen-Âge, dans les bestiaires du XIIe siècle, qu'on la voit apparaître dessinée, tantôt blanche, tantôt brune, parfois même bleue_, avec une grande corne inspirée par la dent du narval".

La tapisserie "La Vue" de la Dame à la Licorne, revue par l'artiste contemporain Claude Rutault en 2018
La tapisserie "La Vue" de la Dame à la Licorne, revue par l'artiste contemporain Claude Rutault en 2018 / Pierre Bureau, Mobilier National

"Elle peut être considérée au Moyen-Âge comme une créature maléfique, agressive : dans certains psaumes plusieurs versets disent 'protège-moi de la gueule du lion et de la corne de la licorne'". Chasteté, vertu, érotiqme, l'exposition nous montre aussi, comment depuis le 19e siècle et la redécouverte des tapisseries de la Dame a la licorne, le mythe fascine jusqu'aux plus contemporains des artistes. Et nous voilà rassurés, la licorne est une espèce qui ne devrait pas s’éteindre avant longtemps.

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