On commémore cette semaine les 65 ans de la libération du camp d'Auschwitz Birkenau.

Les Russes sont entrés dans le camp le 27 janvier 1945.

Retour sur les lieux. Hélène Roussel a accompagné Charles Gotlieb, un rescapé, juif et résistant et 200 collégiens des Alpes-Maritimes.

Après avoir monté son entreprise de prêt-à-porter, Charles Gotlieb vit aujourd’hui sa retraite sur la côte d’Azur, où il intervient dans les collèges et accompagne les élèves dans des voyages de la mémoire.

Sa mission, il le dit lui-même : transmettre, former les grands témoins de demain

Charles Gotlieb a 84 ans. Fils d'immigrés polonais, il a 16 ans quand il entre dans la résistance. Arrêté le 25 juillet 1944 par la milice française, il est torturé dans les bureaux de Klaus Barbie à Lyon, puis déporté.

Il arrive ici dans cette immensité consacrée à l'industrie de la mort, (42 kilomètres carrés), au petit matin du 18 août 44.

Aujourd'hui, Charles Gotlieb revient sur ses pas, entouré par 200 collégiens des Alpes-Maritimes. Pour cela, il a troqué le costume cravate contre le cache-oreille et la parka.

La neige a recouvert le camp, nous sommes à l'entrée de Birkenau, et c'est par là qu'il est arrivé il y a 65 ans.

Charles Gotlieb (Hélène Roussel)

56 sec

Auschwitz 1

> Tu vois la fumée là-bas ? C'est comme ça qu'on sort du camp.

Une courte cérémonie entre les ruines des chambres à gaz, les collégiens vont lire quelques poèmes. Dépôt de gerbe.

« Quelle chance d'être en vie », c'est son leitmotiv à Charles Gotlieb.

Il va rester 10 jours à Birkenau, avant le camp voisin d'Auschwitz et les carrières de sable. A 18 ans, c'est un jeune homme costaud, 80 kilos. En moins d'un an, il perd 42 kilos.

Charles Gotlieb (Hélène Roussel)

2 min

Auschwitz 2

Charles Gotlieb parle aussi facilement du « block là-bas à droite, l’infirmerie, le QG du docteur Mengele ». Il garde les yeux secs « Pourquoi pleurer ? Ça servirait à quoi ? Et puis il faut bien parler pour expliquer ».

Charles Gotlieb ne connaîtra pas la libération du camp par les Russes. Dix jours avant, comme des milliers d’autres déportés, les SS l’entraînent dans les marches de la mort.

Trois jours dans la neige et sous les coups, pour arriver jusqu’en Tchécoslovaquie, le camp de Mauthausen et puis le Tyrol autrichien avec le camp d'Ebensee.

Charles Gotlieb (Hélène Roussel)

2 min

Auschwitz 3

Inlassablement, Charles Gotlieb revient sur les lieux -c’était son 29ème voyage de la mémoire en 7 ans- et il raconte son histoire aux jeunes. Il répète patiemment et répond aux questions naturellement.

Charles Gotlieb, infatigable témoin qui aime citer Elie Wiesel, prix Nobel de la paix : « Il y a des morts qui ont des droits sur les vivants, les oublier, c'est les assassiner une seconde fois ».

Il y a les paroles et puis la réalité des images inoubliables.

Le conseil général des Alpes Maritimes organise cinq à huit voyages scolaires à Auschwitz par an depuis 2003. « Une pédagogie par le choc » dit le président du conseil général Eric Ciotti.

Ce sont dans l’ensemble des collégiens de 3ème, préparés par leurs professeurs. Ils ont vu ‘’Nuit et brouillard’’ ou ont déjà reçu la visite et entendu le témoignage de Charles Gotlieb.

Si certains sont dissipés au début, peu à peu, le calme s’installe, le silence. Certains craquent, notamment après le passage dans le musée d’Auschwitz et la chambre à gaz.

Renée Roux est professeur d’histoire-géo. Elle accompagne ses élèves depuis 3 ans. (Hélène Roussel)

48 sec

Auschwitz 4

Bandeau © Benoît Ruel/RFI

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.