Avez-vous déjà pleuré devant un jeu vidéo ? Si ce n'est pas le cas, Last Day of June et son histoire simple mais déchirante pourraient bien être une première pour vous.

Capture du jeu "Last Day of June"
Capture du jeu "Last Day of June" © 505 Games

[Chaque semaine, FranceInter.fr se penche sur un jeu vidéo qui mérite qu'on le remarque... Même si l'on n'y connait rien en jeux vidéo.]

Le jeu est trompeur jusque dans son apparence. Ne vous fiez pas à ses paysages presque trop colorés, ou à ses petits personnages de pâte à modeler virtuelle : Last Day of June est là pour vous serrer le cœur dans la poitrine. Car sous ses airs d'innocent dessin animé, le titre dirigé par Massimo Guarini parle d'amours contrariées, d'amitiés perdues, et même de deuil.

Tout commence sur un ponton, face au soleil couchant. Un couple s'y est installé pour profiter des dernières heures de l'été. Il s'inquiète parce qu'elle a un peu froid ; elle lui a amené un cadeau mais pour l'instant, c'est un secret. Les deux sont toutefois forcés de couper court à leur soirée tranquille, chassés par un violent orage... Un orage qui va tout changer, tout détruire. Le jeu nous fait faire un bond dans le futur : dans la maison du couple, elle n'est plus là, et lui doit se déplacer en fauteuil roulant.

Tout dire sans aucun mot

Difficile d'en raconter plus sans gâcher les petites surprises qui émaillent ce titre.Last Day of June joue avec le fameux effet papillon, permettant au joueur de faire des allers-retours entre le triste présent du personnage principal, et le joyeux passé du couple et des gens qui l'entourent, chacun habité de sa propre fêlure : un enfant sans partenaire de jeu, une amie tristement amoureuse, un vieil homme que son corps trahit... Tous souffrent, tous ont eu un petit rôle dans le drame qui s'est noué, et le joueur va devoir tous les incarner successivement pour tenter de changer le passé.

La plus grande force du jeu, c'est sa simplicité : facile à prendre en main (même pour un joueur débutant), aussi beau que naïf dans son aspect visuel, et misant tout sur une narration sans fioritures... Jusqu'à supprimer le langage : les personnages sont tous muets (ils n'ont d'ailleurs ni yeux ni bouches, et ressemblent à de petites figurines animées), s'exprimant uniquement par onomatopées, gazouillis, rires ou gémissements. Le résultat a un charme fou et donne à chacun une personnalité bien à lui, parvenantmême à faire comprendre en quelques secondes les motivations de chacun.

Acteur et jouet du destin

On peut reprocher à Last Day of June la durée un peu courte de son aventure, mais elle suffit largement à immerger le joueur dans sa mélancolie. C'est une histoire qui fera vibrer une petite corde en chacun, d'autant plus qu'elle joue à la fois avec l'impression qu'on a, en tant que joueur, d'avoir le pouvoir de changer le sort des personnages, tout en nous renvoyant à notre propre impuissance face à certains destins. Et tout ça, sans dire un mot.

► LAST DAY OF JUNE - Disponible sur PC et PlayStation 4

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