Le musée du quai Branly présente pour la première fois en Europe, un mouvement artistique majeur né en 1971 dans la communauté de Papunya au cœur du désert central australien.

En transposant sur des panneaux de bois recyclés les motifs de peintures rituelles éphémères, les artistes aborigènes de Papunya créèrent un art d’une étonnante invention formelle. Ces œuvres ont changé la manière d’appréhender le territoire et de concevoir l’histoire de l’art australien. Ces œuvres frappent par leur intensité.

Philippe Peltier responsable des collections Océanie-Insulinde du musée du Quai Branly définit la peinture aborigène :{% audio %} target="_blank" href="http://admin.franceinter.fr/#"> Lecture

Men's ceremony de Watu Kujarra
Men's ceremony de Watu Kujarra © © artists and their estates 2011 licensed by Aboriginal Artists Agency Limited and Papunya Tula Artists collection particulière
Ils ont aussi utilisé de nouveaux matériaux : crayons, pinceaux, peintures émaillées et acryliques**. Ils rendent alors palpable et permanent un art éphémère autrefois lié aux sites cérémoniels** . Les tableaux sont investis d’un pouvoir rituel et solennel. Les plus anciennes formes d'art aborigène sont toujours visibles dans des abris rocheux d’Australie. **Elles remontent, pour certaines, à plus de 50.000 ans** . Des arts éphémères (danses, chants, peintures corporelles, ornements, dessins sur le sol, objets gravés et peints), communs à l’ensemble des groupes aborigènes, sont réalisés en secret à l’occasion des rituels commémorant le Temps du Rêve (ou dreaming). Dans le désert central, à côté de ces arts rituels, émergent dans les années 70, des peintures à l’acrylique destinées principalement au public occidental. Ces peintures, utilisant des matériaux contemporains, perpétuent tout en les reformulant les traditions artistiques ancestrales **Le Temps du Rêve (Dreaming)**
Emu Dreaming
Emu Dreaming © National Gallery of Victoria, Melbourne- Achat de l'Admission Funds, 1987 (O.22_1987)
### Parcours de l'exposition : Philippe Peltier présente l'exposition :
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Grande cérémonie du rêve Pintupi
Grande cérémonie du rêve Pintupi © National Gallery of Victoria Melbourne© artists and their estates 2011, licensed by Aboriginal Artists Agency Limited and Papuny
**Les premiers artistes Anmatyerr :** Arrivé à Papunya en 1971, Geoffrey Bardon, jeune professeur de dessin, fait venir des Anciens de la communauté à l'école pour renouer le lien entre les jeunes générations et leur propre culture. Il les encourage à peindre sur les murs de l’école. Ce que Geoffrey Bardon initie n’est alors que le germe du mouvement **Papunya.** Avec ces artistes, il fonde une première coopérative et établit des relations avec des galeries à Alice Springs.Les premières peintures des artistes Anmatyerr étaient peintes sur des fonds unis et faisaient référence aux cérémonies rituelles des hommes. Certains artistes comme Tim Leura Tjapaltjarri et Clifford Possum Tjapaltjarri ont progressivement abandonné ce thème pour représenter métaphoriquement les éléments naturels : paysage,variations de lumière, dynamique du feu… **Le reve de l'eau** Les artistes Walter Tjampitjinpa et Johnny Warangkula Tjupurrula sont connus pour avoir peint de nombreuses oeuvres en référence au rêve de l’eau en 1971-72. Les motifs sinueux représentés dans lesoeuvres de Walter Tjampitjinpa traduisent les méandres de l’eau tandis que les pointillés de Johnny Warangkula Tjupurrula – motif récurrent dans son œuvre – représentent la végétation nouvelle.**Peintures secrètes** Une vingtaine d’oeuvres sacrées sont présentées dans un espace clos. Les objets, lieux et motifs représentés sur ces peintures sont en lien avec les cérémonies secrètes réservées aux initiésmasculins aborigènes.
Rêve du serpent pour les enfants
Rêve du serpent pour les enfants © National Museum of Australia, Canberra. Achat, 2008 © artists and their estates 2011, licensed by Aboriginal Artists Agency Ltd
**Pintupi** Pintupi est le nom d’une langue aborigène, parlée dans le désert de l’ouest, situé dans le territoire du nord de l’Australie. Par extension,le terme désigne les habitants de cette région. Les artistes pintupi ont commencé à travailler avec des techniques différentes : crayon et aquarelle sur papier et non peinture sur panneaux de bois. La linéarité et la sobriété de ces premières oeuvres sont rétrospectivement reconnues comme essentielles dans le mouvement Papunya. **Quatre des plus grands artistes du mouvement Papunya sont mis à l’honneur à travers une soixantaine d’oeuvres.** - Uta Uta Tjangala, figure majeure et incontestée de l’art de Papunya.- Charlie Wartuna Tjungurrayi, qui joua un grand rôle dans la création de la coopérative d’artistes de Papunya, (Papunya Tula Artists Pty Ltd), et dans le développement des relations entre Aborigènes et non-Aborigènes.- Shorty Lungkata Tjungurrayi, grand innovateur esthétique qui joua un rôle important dans la direction des rituels traditionnels.- Yala Yala Gibbs Tjungurrayi, qui créa dans les premiers temps du mouvement de Papunya Tula des oeuvres devenues emblématiques. **L’évolution du mouvement : les oeuvres de très grand format** En conclusion de l’exposition, quelques oeuvres de très grand format (entre 2m et 3m) plus récentes (1974-1994) sont présentées : Johnny Warangkula Tjupurrula, Ronnie Tjampitjinpa, Clifford, Possum Tjapaltjarri, Tim Leura Tjapaltjarri, Mick Namarari Tjapaltjarri et Uta Uta Tjangala. Elles donnent un aperçu des évolutions de la peinture australienne. Les artistes Papunya ont en effet progressivement abandonné les panneaux de bois pour travailler sur des **toiles monumentales.**
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