Le plus célèbre girls band des années 90 a annoncé mardi son retour pour une tournée... mais sans l'une de ses chanteuses, Victoria Beckham. Sans ses cinq membres, le groupe culte est-il l'ombre de lui-même ? C'est la question à laquelle se sont frottés, avant les "Spice", beaucoup de groupes.

Les Spice Girls s'étaient reformées le temps d'une soirée, en 2012, pour les JO de Londres
Les Spice Girls s'étaient reformées le temps d'une soirée, en 2012, pour les JO de Londres © AFP / Leon Neal

Elles seront sur scène en juin 2019, avec un concert géant à Londres en apothéose : les Spice Girls ont annoncé en début de semaine leur reformation, plus de vingt ans après leur succès planétaire, et dix ans après leur dernier retour sur scène. Pour six concerts, Emma, Mel B, Mel C et Geri reprendront les grands succès du groupe... mais Victoria 'Posh' Beckham manquera à l'appel. 

Une absence qui fait tâche pour les fans les plus pointilleux du groupe. Et pourtant, bien avant les Spice Girls, de nombreux groupes cultes se sont reformés avec un membre en moins (voire plus), avec plus ou moins de succès à la clé. 

Supertramp... sans Roger Hodgson

Parmi les groupes cultes des années 70 et 80, il y a les Britanniques de Supertramp, connus pour leurs tubes planétaires Logical Song, Breakfast in America ou encore Goodbye Stranger. En 1983, Roger Hodgson, l'un des deux auteurs-compositeurs du groupe, annonce qu'il quitte Supertramp, expliquant que lui et Rick Davies, l'autre leader, ont pris des directions trop différentes. Malgré un projet de reformation en 1993, les deux musiciens ne travaillent finalement jamais ensemble. Et quand en 1995 Supertramp se reforme, c'est sans Roger Hodgson. Et avec un accord tacite : sans lui sur scène, pas question de jouer ses chansons. Pendant quinze ans, Supertramp se produit donc sur scène sans jouer ni It's Raining Again, ni Logical Song - entre des dizaines d'autres. Jusqu'en 2010, où l'accord est rompu. 

Queen... sans Freddy Mercury (ni John Deacon)

Après la mort de Freddy Mercury, à 45 ans en novembre 1991, le groupe ne se sépare pas officiellement, mais ne fait plus jamais de scène. Les trois membres restants, Brian May, Roger Taylor et John Deacon, enregistrent un album à partir de pistes vocales qu'avait enregistrées Mercury avant sa mort. Ce n'est qu'en 2005 que le groupe se reforme sur scène avec la participation de Paul Rodgers, ancien chanteur du groupe Free... mais sans John Deacon, qui a annoncé sa retraite en 1997. Plus tard, le groupe s'est aussi reformé avec Adam Lambert. 

Téléphone... sans Corine Marienneau

C'est LA reconstitution qui a fait parler en France ces dernières années : celle de Téléphone, le groupe de rock mythique des années 80. Une réunification qui arrive après des rumeurs en vrac, des participations croisées, un live dans l'émission Taratata en 2006 et un concert au Bus Palladium en 2013 avec Axel Bauer à la basse. Mais une réunification incomplète : l'ex-bassiste Corine étant en froid avec le reste du groupe. Ils reviennent en 2015 sous le nom Les Insus, avec cette fois Aleksander Angelov à la guitare basse. S'en suit une gigantesque tournée, bouclée à l'AccorHotels Arena de Bercy fin 2016.

Les Beatles... sans John Lennon

"Les Beatles ne se reformeront pas tant que John Lennon sera mort", disait George Harrison. Et pourtant, en 1993, à l'occasion de la publication d'un coffret "Anthology", les trois membres restants du plus grand groupe de l'histoire de la pop se retrouvent pour une "jam session" (dont il subsiste seulement un enregistrement pirate) et pour enregistrer ensemble deux titres, sur la base de démos qu'avait réalisé John Lennon avant sa mort : Real Love et Free as a bird.

Black Sabbath... sans Bill Ward

L'histoire de Black Sabbath est chaotique, faite de formations, départs, séparations, retrouvailles... et en 2011, quand il est question d'une nouvelle tournée, le batteur Bill Ward avait parfaitement l'intention de participer. Mais pour des questions contractuelles, il refuse finalement de prendre part à cette tournée. Il est remplacé par le batteur d'Ozzy Osbourne sur ses concerts solo, Tomy Clufetos. Début 2017, le groupe a donné son ultime concert. 

Electric Light Orchestra.... avec juste Jeff Lynne

Pour Electric Light Orchestra, l'histoire est à la fois plus radicale et plus alambiquée. En 1986, c'est le leader Jeff Lynne qui annonce la fin de ELO. Une partie des musiciens ont envie de continuer et créent... "ELO Part II", provoquant des poursuites pénales de Lynne. Après la dissolution de ELO Part II, certains musiciens de ce nouveau groupe et du premier persistent et créent Orchestra. Et en 2014, Jeff Lynne, qui ne supporte pas ces groupes "dissidents", décide de faire revivre Electric Light Orchestra... tout seul - ou presque, seul le claviériste Richard Tandy le rejoignant. Il réalise une série de concerts, dont un album live a été tiré. 

The Supremes... sans deux tiers du groupe

L'histoire des Supremes est presque aussi compliquée que celle de ELO. En 1970, Diana Ross s'éloigne du groupe, mais celui-ci continue à tourner. Pendant sept ans, Mary Wilson, l'une des Supremes "historiques", continue avec d'autres chanteuses. Quand, en 2000, il est question d'une nouvelle tournée des Supremes avec Diana Ross, Mary Wilson et Cindy Birdsong (la formation telle qu'elle était en 1970, donc), ces deux dernières refusent de signer un contrat totalement déséquilibré en faveur de Diana Ross. Celle-ci se retrouve donc à chanter avec Lynda Lawrence et Sherry Payne... qui ont rejoint le groupe après son départ. 

Led Zeppelin.... sans John Bonham (mais avec son fils)

En septembre 1980, à la mort du batteur John Bonham, le groupe de rock mythique annonce sa séparation par un simple communiqué. Chacun des trois autres membres, Jummy Page, Robert Plant et John Paul Jones, se lance dans une carrière solo. Si Plant et Page se produisent ensemble à plusieurs reprises dans les années 80 et 90, c'est en 2007 que les trois membres survivants annoncent leur réunion pour un concert à Londres, le 26 novembre 2007, reporté au 10 décembre. John Bonham est remplacé par son fils, Jason, à la batterie. Ce fut le seul concert de cette reformation, Robert Plant annonçant quelques mois plus tard qu'il ne participerait pas à un retour plus durable du groupe. Un concert qui détient un record : pour les 20 000 places à attribuer, il y a eu plus de 20 millions de demandes. 

Gold... sans Emile

Qui ne se souvient pas des tubes du groupe Gold dans les années 80, de Capitaine Abandonné à Plus près des étoiles ? Ce groupe, qui a mis près de 20 ans à connaitre le succès (ils font leurs débuts dans les années 60), se sépare en 1990, le chanteur Emile Wandelmer refusant l'idée d'un tournant plus rock. Après quelques années de pause émaillées par quelques concerts, en 1999 le groupe se reforme en studio et sort un nouvel album "Gold 99". Manque de bol, la même année, Emile fusionne avec un autre groupe, Images, et prend un gros risque en... reprenant tous les anciens succès des deux groupes. Succès pour Emile & Images, flop total pour Gold. L'an dernier, pour ses 50 ans, le groupe a tout de même ressorti un album composé de nouvelles versions de ses succès. 

Les L5, moins deux, plus deux

Les séparations et les reformations ne sont pas que l'affaire des groupes de rock. Les L5, groupe mythique des débuts de la télé-réalité, ont aussi une histoire bien mouvementée. Vous n'avez pas pu passer à côté, leur single "Toutes les femmes de ta vie" est le 8e le plus vendu en France depuis l'an 2000 (loin derrière Ilona Mitrecey et son Monde Parfait vendu à 1,5 million d'exemplaires, on vous le concède). 

Accrochez-vous : à la base, les L5, formées en 2002, sont composées de Claire, Alexandra, Coralie, Lydy et Marjorie. Claire quitte le groupe en 2007, suivie par Lydy en 2008, qui connait un succès en solo sous son vrai nom (Louisy Joseph) avec Assis par terre. En 2011, Claire revient pour quelques prestations à la télé. Elle repart en 2012 pour tenter le casting de The Voice, où elle est recalée dès la première phase. En 2014, Alexandra et Marjorie annoncent qu'elles reforment le groupe... à deux. Comme elles ne sont plus que deux, elles se renomment "Elles Deux" (logique) et sortent un single, Tout conte fait et Rick. Rejointes par Coralie, elles s'adjoignent les services de deux nouvelles chanteuses, Adeline Gomez et Julie Herbillon, et deviennent... les New L5. La boucle est bouclée

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