Le groupe Bolloré a annoncé ce lundi l'arrivée, en janvier prochain, d'une nouvelle chaîne de télévision entièrement consacrée au spectacle vivant, nommée "Olympia TV". Après l'ère de la télé à six chaînes, les tentatives de mettre des salles de spectacle dans le petit écran ont été nombreuses.

La salle mythique de l'Olympia
La salle mythique de l'Olympia © Maxppp / A. AUDUREAU / PhotoPQR / Le Parisien

En parallèle de l'offre Canal, le groupe Bolloré capitalise sur une autre de ses marques phares : l'Olympia. Ce lundi, le groupe a annoncé l'arrivée, le 21 janvier prochain, d'une nouvelle chaîne qui sera nommée "Olympia TV". Parrainée par Francis Huster, cette chaîne, qui porte le nom de la mythique salle de spectacle parisienne, émettra des spectacles de tous les genres, de l'humour à l'opéra en passant par le cirque contemporain - et pas seulement des spectacles filmés à l'Olympia, contrairement à ce que son nom indique. 

Particularité de cette chaîne : pour éviter de multiplier les rediffusions, elle n'émettra que de 20h à une heure du matin, avec chaque soir un spectacle différent et un magazine quotidien dédié au spectacle vivant. Pas de rediffusion, mais une offre de replay entièrement accessible sur la plateforme du groupe, MyCanal. 

Des dramatiques aux "décors de Roger Harth et costumes de Donald Cardwell"

La volonté de mettre le spectacle vivant dans le petit écran est à peu près aussi ancienne que la télévision elle-même : sur la première chaîne de la RTF (avant même l'ORTF), les téléspectateurs découvrent des "dramatiques", des fictions, la plupart du temps inspirées du théâtre (Andromaque) ou de la littérature (Les Rois Maudits), et qui ont la particularité d'être interprétées en direct par les comédiens dans les immenses studios des Buttes-Chaumont. 

Mais le plus célèbre rendez-vous du genre est tourné au théâtre : pendant vingt ans de 1966 à 1986, "Au Théâtre ce soir", les pièces du Théâtre Marigny sont enregistrées et diffusées sur les deux premières chaînes de l'ORTF, puis sur TF1 seulement. 

Puis... plus rien. Pendant près de vingt ans, les chaînes de télévision généralistes se détournent du théâtre et du spectacle vivant : à quelques grandes exceptions près, concerts-événement (14-Juillet en tête) et grandes célébrations mises à part, les concerts, ballets et opéras sont remisés à des heures de diffusion le plus souvent au milieu de la nuit. C'est du côté des chaînes thématiques, qui arrivent petit à petit grâce au câble et au satellite, qu'il faut chercher la volonté de mettre le spectacle en avant. 

De Paris Première à Comédie+

La première à se lancer dans le secteur est une chaîne locale co-imaginée par la mairie de Paris : Paris Première. Si aujourd'hui la chaîne est connue pour ses magazines culturels comme Rive Droite / Rive Gauche, Paris Dernière et Ça Balance à Paris, l'une de ses vocations premières est la diffusion de spectacles - à l'époque, la chaîne signe même un accord avec Bercy (actuelle AccorHotels Arena) pour diffuser en direct une partie de ses événements. Lancée en 1986, elle a été rachetée par le groupe M6 en 2004 et continue à diffuser des spectacles

L'explosion des offres satellite, puis de la TNT, voit arriver une profusion de chaînes thématiques, notamment sur ce secteur : en 1996, Canal-Satellite héberge Spectacle, lancée par le producteur Tim Newman, est une chaîne interactive qui diffuse des extraits et des bandes-annonces de spectacle, proposant au téléspectateur d'acheter des places directement depuis son décodeur. Sur feu le bouquet TPS, on trouve Multivision Théâtre, une offre de "pay-per-view", l'ancêtre de la VOD, intégralement consacrée aux pièces de théâtre. 

En quand la TNT est lancée en 2005, France 4 est annoncée comme une chaîne dédiée essentiellement au sport, à la musique et au spectacle vivant. Elle a longtemps cherché sa ligne éditoriale, avant de se recentrer sur les programmes jeunesse (et la multidiffusion du Festival du rire de Montreux). Toutes celles-là ont soit disparu, soit revu de fond en comble leur programmation. 

La seule rescapée de cette période appartient déjà au groupe Canal : Comédie+. Née sous le nom de Comédie ! (avec un point d'exclamation à la place du "plus") en 1997, elle va jusqu'à créer un rendez-vous d'humour sur scène, "La Grosse Emission", qui révèle des humoristes comme Kad & Olivier, Les Robins des Bois, Jonathan Lambert ou Cyril Hanouna. Autre cas particulier : les chaînes de niche consacrées notamment à la musique classique et à l'opéra : Mezzo, Brava ou Deutsche Grammophon + sont pour la plupart du temps destinées à des connaisseurs et disponibles seulement sur abonnement. 

Le retour des chaînes généralistes

Mais entre-temps, les chaînes généralistes sont revenues dans le jeu : France 2 dès 2005 a rouvert le rideau du théâtre, en direct ou non, d'abord avec ses propres animateurs, puis avec des succès du théâtre de boulevard, avec à l'affiche, Muriel Robin, Line Renaud ou Edouard Baer. TF1 et sa filiale TMC d'un côté, et M6 et sa filiale W9 de l'autre, ou encore C8 ont emboîté le pas, diffusant des concerts événementiels (Johnny Hallyday, Bigflo et Oli, Michel Sardou) et des one-man show à succès (Franck Dubosc, Gad Elmaleh, Jamel Debbouze et son Marrakech du Rire, etc). 

Pour Canal et Bolloré, le lancement de Olympia TV arrive donc à la fois dans un marché qui n'est plus saturé, mais où les grandes chaînes et leurs services de replay sont déjà bien implantés - sans compter les services comme Netflix, qui diffusent aussi des spectacles. 

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