Disponible ce vendredi, la nouvelle console de jeux vidéo de Nintendo a peiné à convaincre les fans lors de sa présentation. Ça tombe bien, elle ne leur est pas forcément destinée.

La Nintendo Switch est une console de salon très nomade
La Nintendo Switch est une console de salon très nomade © Radio France / Olivier Bénis

Ca y est, la Switch est disponible. La nouvelle console de Nintendo est en vente à partir de ce vendredi, après une présentation officielle début janvier. Derrière cette nouvelle machine, il y a une seule idée (astucieuse, il faut l'avouer) : permettre aux joueurs de commencer une partie dans leur salon, de la poursuivre dans le métro, ou de voir s'y greffer un ou plusieurs amis n'importe où. Le tout, sur une seule et même machine : finie la traditionnelle division entre consoles de salon et portables, héritée de l'époque de la Game Boy... en tout cas sur le papier.

Les trois modes de jeu de la Nintendo Switch
Les trois modes de jeu de la Nintendo Switch © Radio France

Comme toujours, Nintendo tente de se démarquer de la concurrence en évitant soigneusement la bataille sur le plan technologique, mais en misant tout sur l'originalité du concept. Un pari largement réussi avec la Wii, puis raté avec la Wii U. Cette fois, Nintendo tente de l'emporter en trois coups.

Un coup de chapeau

Le "line up" (les jeux annoncés à la sortie) de la Switch est un hommage au glorieux passé du constructeur. Galvanisé par le succès surprise de la NES mini, une version mise au goût du jour d'une console de 1983, Nintendo n'a pas voulu se priver totalement du public des fans et des nostalgiques. On aura donc droit, dès la sortie de la console, à un nouveau Zelda (un épisode repoussé maintes fois sur la console précédente, jusqu'à être étroitement associée à la petite nouvelle), puis à un Mario,un Mario Kart, un Street Fighter aux graphismes rétro, une nouvelle version du classique Bomberman, un épisode de Just Dance (qui fait vendre des palettes entières de Wii), un remake du culte (mais vieux de six ans) Skyrim ou encore une suite du succès surprise Splatoon.

► À VOIR | Les premiers jeux de la Switch en vidéo

Rien de déroutant du côté des jeux donc, avec assez peu d'originalité mais des valeurs sûres. Les contrôleurs eux-mêmes (les "Joy-Con") rappellent fortement les Wiimotes, ces manettes à détection de mouvements de la Wii et un autre succès historique pour Nintendo. De ce point de vue, la collection de mini-jeux 1-2-Switch devrait avoir le même succès dans les familles que le fameux bowling virtuel de la Wii.

On y retrouve jusqu'à la (légère) sensation de ridicule de la Wii quand un jeu fait un peu trop appel à vos mouvements.

Un coup à se faire une tendinite

C'est du côté de la façon de jouer qu'il faut en effet chercher les innovations les plus intéressantes. La force de la console, c'est d'être "trois en un"... Pour commencer, par exemple, une partie de Zelda - Breath of the Wild, on pourra coller les deux "Joy-Con" sur un support pour en faire une manette plus classique, et jouer devant sa télé.

Puis, au moment de partir au travail, on pourra remplacer le support "manette classique" par la console elle-même (en mode nomade, elle devient un simple écran tactile) et y coller les deux morceaux de chaque côté pour en faire une console portable.

Enfin, portable, c'est tout de même vite dit. Une fois en main, la Switch semble un peu trop lourde, un peu trop encombrante pour être véritablement confortable. De plus, Nintendo annonce une autonomie de 6 heures de jeu, maximum. Pour un titre un peu "gourmand" comme Zelda, il ne faudra pas compter plus de trois heures de jeu sans charge. Bref, pour les habitués, le pari d'un jeu sans interruption est séduisant, mais on a encore quelques doutes.

Un coup de génie ?

En revanche, là où Nintendo fait très fort, c'est sur le troisième mode de jeu, celui qui vous permet de poser l'écran où vous le souhaitez, comme une tablette (elle possède un petit support intégré), d'utiliser les deux Joy-Con comme deux manettes indépendantes, et de jouer à deux sur un même écran.

La promesse de convivialité est immédiatement tenue : on peut rapidement transformer n'importe quelle pièce ou n'importe quel jardin, parc ou plage en salle de jeu improvisée. En quelques secondes, on retrouve les sensations, le plaisir immédiat des consoles des années 80 ou 90. C'est certainement l'utilisation la plus convaincante de la machine. Reste à savoir si ça suffira, comme l'a fait la Wii à son époque, à convaincre tout un public de joueurs novices. Tout en laissant un peu sur le côté (ils ont l'habitude) les joueurs les plus passionnés.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.