Booba, Anna Mouglalis, Françoise Nyssen, Bertrand Bonello et Alexandre Jardin : revivez les meilleurs moments de "Boomerang" d’Augustin Trapenard cette semaine.

Gros plan d'un homme versant une larme
Gros plan d'un homme versant une larme © Getty / Nilserk Vasquez / EyeEm

Paul Guillotte a préparé le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard :

11 min

Le best of de Boomerang du 7 juin

Par Paul Guillotte

Booba

Il fait partie d’un des rappeurs les plus connus et influents de ces vingt dernières années. Le rappeur français vient de sortir un nouveau titre Arc en ciel. Le chanteur-poète est venu se confier au micro d'Augustin Trapenard. 

Avec une chanson, je peux faire pleurer des gens

"C'est avec l'école que j'ai appris à manipuler les mots. Grâce à l'anglais et la poésie, car il n'y avait que cela qui m'intéressait. C'était tellement bien écrit et imagé, comme Le dormeur du val d'Arthur Rimbaud, où j’avais comme l'impression d'être avec lui, je m'évadais littéralement."

"Le rap, c'est un peu comme le rock : c'est la révolte contre le système et toutes ces personnes rejetées".

Anna Mouglalis

Elle est l'une des voix les plus passionnantes et envoûtantes de la comédie française. L'actrice joue actuellement dans Mademoiselle Julie, d’August Strindberg, où elle incarne une femme étouffée par les conventions. Anna Mouglalis était l'invitée de Boomerang.

"J'ai eu accès au cinéma grâce à la culture, j'ai pu définir un féminin qui n'était pas enfermé dans le cadre familial. Je n'ai pas appris à désobéir, ça s'est proposé tout seul, j'ai grandi grâce aux transgressions. La désobéissance est une façon de s'ériger sinon on n'est réduit qu'à la soumission. Moi j'adore l'ivresse, c'est le lâcher-prise, c'est ne plus se poser la question de la justesse, c'est d'être présent, d’incarner et c'est le plus difficile car c'est mystique".

La voix ou le regard, c'est le reflet de l'âme. Et si on renie son âme, on ne va nulle part, on devient damné.

Françoise Nyssen

L'ancienne ministre de la Culture vient de sortir son dernier livre Plaisir et nécessité, dans lequel elle partage ses convictions quant à la transmission de la culture tout en revenant sur son expérience de femme politique. Françoise Nyssen s'est exprimée au micro d'Augustin Trapenard.

"Le livre est, par essence, ce qui permet de découvrir l'autre, d'éprouver des émotions. J'ai un amour pour les livres et la musique car, fille unique, avec des parents qui travaillaient beaucoup, et donc assez isolée à la maison, je me suis éduquée toute seule avec Catherine Sauvage, Yves Montant que j'écoutais, et écoute encore. Depuis cela m'a toujours accompagnée". 

L'ignorant affirme, le savant doute et le sage réfléchit : moi je suis le doute car l'incertitude m'obsède. 

"Quand je suis arrivé dans au ministère de la Culture, je me suis appuyée sur Edgar Morin : "à force de sacrifier l'essentiel par l'urgence, on oublie l'urgence de l'essentiel"."

Bertrand Bonello

Son dernier film, Zombi Child, sort le 12 juin. Il y est question de mémoire de l'esclavage. Il nous avait déjà bluffé avec Le pornographe. Bertrand Bonello était sur le plateau de Boomerang

"Quand on me demande pourquoi je fais du cinéma, je n'ai pas très envie de savoir, on ne peut pas toujours avoir les mots pour le justifier". 

Qu'est-ce qu'on cherche au fond ? Une forme de territoire dans lequel habiter et, moi, c'est le cinéma qui m'a habité.

Au moment d'évoquer le lieu de tournage de son dernier film, Bertrand Bonello affirme que "tourner en Haïti, c'est très difficile car quand on vient avec une caméra, c'est comme si on venait avec un fusil. Ce que je comprends pour un pays qui a été tant diabolisé. Et il faut essayer de faire comprendre que l'on ne vient pas coloniser avec le film, que le point de vue est avant tout français et que l'on vient invoquer et évoquer quelque chose d'important dont on a conscience via une histoire comme celle-là".

Alexandre Jardin

C'est une véritable confession qu'il livre dans son dernier ouvrage Le roman vrai d’Alexandre, dans lequel il confie son itinéraire d'écrivain, ses interrogations intimes. Il répondait aux questions d'Augustin Trapenard

Lorsqu'on lui demande de quoi l'écriture le sauve : 

A l'époque, elle me sauve de la mort car, avec l'écriture, on met à la place du réel autre chose. Quand, ensuite, à 20 ans j'écris mon premier livre, c'est le seul espace où j'ai accès à ma vérité.

"Quand j'écris un livre ou un film, j'y jette toute ma vérité, avec l'obsession de distinguer le sujet de l'intrigue car le sujet est ce qui prend le cœur, l'intrigue ce qui captive l'intérêt [...]. Aujourd'hui, je publie un livre sur l'histoire de mes mensonges, ça c'est l'intrigue, et le vrai sujet, c'est la possibilité, sur cette terre, d'être absolument réel, on peut s'échapper de tout ce qu'on raconte sur nous." 

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