Hier soir, au bar du festival "in", à l'entrée duquel il faut montrer une invitation (précieux sésame sans lequel vous êtes refusé, un gros vigile d'ailleurs vous incite à ne pas franchir le seuil illégalement), la co-directrice du festival, Hortense Archambault, dansait et riait de bon coeur. "Comment pourrais-je aller mal"? demandait-elle, vu le succès public et critique de cette édition qui se termine. Cela faisait plaisir en effet d'être témoin de ce sourire après quinze jours fort passionnants d'un festival qui a posé la question de la spiritualité et a présenté, avec des formes austères souvent et une couleur monochrome- le noir-, la question du politique et de la cruauté. Le journaliste étant critique, par définition, il faut pourtant exiger encore plus de la direction du festival. Soignez l'accueil du public!Un exemple : pour voir l'installation de Roméo Castellucci, Paradiso, à l'église des Célestins, les festivaliers doivent attendre sous le soleil entre une demie heure et une heure. 6 spectateurs seulement sont autorisés à entrer à chaque fois, pas plus, avec l'obligation de ne rester que... 3 minutes, et au suivant! Que voit-on? Une image somptueuse, certes, mais quelle frustration. Accroupis tous les 6, dans une tempête sonore, nous percevons à travers une paroi, l'église dont le sol est couvert de plusieurs centimètres d'eau. Au fond, un piano noir est inondé et devant nous, un voile noir claque au vent (le piano, évocation du spectacle précédent, purgatorio). A chacun d'imaginer la vision du paradis de Castellucci et de la confronter à la sienne, mais le temps passé à attendre par plus de 35 degrés n'est-il pas une vraie vision de l'enfer? On pourrait multiplier ces reproches et ces regrets : les navettes surchauffées et payantes pour accéder à certaines salles, les chaises ou les bancs sur lesquels nos fesses souffrent le martyre, l'absence de couvertures dans les lieux en plein air ou l'impossible vétusté du site internet du festival qui dès le premier jour de location affiche complet. Ce n'est pas populaire, au sens premier et non populiste du terme. Est-il possible d'écrire cela sans passer pour un affreux réactionnaire aux yeux de l'organisation du festival, et sans renier le plaisir d'avoir été là, heureux, actif et curieux, durant cette 62è édition? Ce blog d'Avignon s'achève. Je vous retrouve avec beaucoup de plaisir à l'antenne et sur ce blog, le 1er septembre 2008. Très bon été à vous, lecteurs auditeurs!

C R de Lage/Fest d'Avignon
C R de Lage/Fest d'Avignon © Radio France
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