Pour sa cinquième édition, début avril, le Festival de bande dessinée de la Ferme du Buisson à Noisiel (Seine-et-Marne) propose un coup de projecteur sur une technique artisanale : la lithographie dans l'exposition "Empreintes graphiques".

Le dessinateur Baudoin dans l'atelier Fleur de pierre à Paris en février 2019
Le dessinateur Baudoin dans l'atelier Fleur de pierre à Paris en février 2019 © Corbis / Anne Douhaire France Inter

Reportage dans l’atelier de Lithographie Fleur de pierre qui travaille avec l'éditeur MEL publisher pour proposer des estampes de dessinateurs (Art Spiegelman, Blutch, Christophe Blain, Emmanuel Guibert, ou Nicolas de Crécy…)

Fin février, dans un atelier au fond d’une ruelle du XIXe arrondissement de Paris, le dessinateur Baudoin s’affaire. Penché sur une table, il « recopie » sur une pierre calcaire, l’un de ses dessins. Il a choisi de représenter un arbre. 

« L’aieul » de Baudoin

Croisé lors d’un séjour chez un ami au Québec, il l’a approché comme si c’était un homme. Il l’a longuement observé, puis il s’est interrogé : pourquoi, cette branche a-t-elle poussé par-là ? Est-ce qu’un autre arbre le gênait ? Est-ce qu’il cherchait la lumière ? Quelle est son histoire ? Le tronc de l’arbre faisait trois mètres de circonférence, et avait été surnommé « l’aïeul » par l’hôte de Baudoin. 

Le dessinateur explique que les Indiens attribuent un rôle thérapeutique à la forêt : on s’y sent bien à s’y promener et en cas de tourments, on peut glisser un papier avec son chagrin dans une fente d’un arbre - un véritable psy végétal ! 

Tandis que Baudoin cherche à retrouver l’énergie qui a guidé son croquis, Etienne de Champfleury le propriétaire de l’atelierexplique la technique de la lithographie : l’artiste dessine sur une pierre en calcaire, comme sur une feuille de papier. L’artisan lithographe va ensuite fixer le dessin sur la pierre avec de la gomme arabique et de l’acide nitrique. Puis il va mouiller la pierre et l'encrer. Là où il y a de l’eau, l’encre ne prend pas, et là où il y a du gras, l’encre prend. C’est le principe inventé en 1796 par Aloys Senefelder, qui n’a pas bougé depuis. 

Drôle de machine

Machine rotative pour litho dans l'atelier Fleur de pierre à Paris
Machine rotative pour litho dans l'atelier Fleur de pierre à Paris © Radio France / Anne Douhaire/France Inter

Etienne de Champfleury pose devant une impressionnante machine qui date de 1900. Pour la manier, il faut être trois : une personne qui marge une feuille, une deuxième la reçoit une fois « imprimée » et une troisième règle la machine, pour qu’elle s’encre bien. Une opération qui peut prendre du temps. La durée dépend du nombre de couleurs, puisqu’il faut une pierre par couleur. Donc 10 couleurs = 10 pierres. S’il y a 100 exemplaires à produire avec la machine : on passe 100 fois le jaune, ensuite on décale, on passe à une autre couleur. Et on repasse les 100 feuilles …

Au PULP une impression en direct

Acquérir des œuvres originales au PULP Pendant le week-end du festival, l’impression de lithographies et de gravures originales sera réalisée en direct par des artisans spécialisés. Mises en vente entre 20 et 50 euros, elles pourront être rehaussées et dédicacées sur place par les artistes. Seront présents Edmond Baudoin, Nicolas de Crécy, Loustal, Loulou Picasso, de David Prudhomme, Grégoire Solotareff, mais aussi Catherine Meurisse et Posy Simmonds, deux autrices majeures auxquelles le Festival consacre deux expositions.

Machine à litho à Paris
Machine à litho à Paris © Radio France / AD/FI

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Quelques images dans l'exposition Empreintes graphiques au PULP 2019

Lithographie de Winschluss dans l'exposition Empreinte graphiques, le 9e art en estampe au PULP festival en avril 2019
Lithographie de Winschluss dans l'exposition Empreinte graphiques, le 9e art en estampe au PULP festival en avril 2019 © Radio France / AD/FI
Lithographies de David B dans l'exposition Empreintes graphiques au PULP à La Ferme du Buisson en 2019
Lithographies de David B dans l'exposition Empreintes graphiques au PULP à La Ferme du Buisson en 2019 © Radio France / AD/FI
Lithographie d'Emmanuel Guibert dans l'exposition Empreintes graphiques au PULP à la Ferme du buisson en 2019
Lithographie d'Emmanuel Guibert dans l'exposition Empreintes graphiques au PULP à la Ferme du buisson en 2019 © Radio France / AD/FI
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