Auteur-dessinateur et grand voyageur, Didier Tronchet est devenu célèbre grâce à ses anti-héros marginaux et attachants Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal. Mais il nous a aussi fait voyager par ces récits de voyage au long cours.

Détail de la couverture du Chanteur perdu de Didier Tronchet
Détail de la couverture du Chanteur perdu de Didier Tronchet © Collection Aire libre/dupuis

Dans cette bande-dessinée, Didier Tronchet nous emmène du Viaduc des suicidés de Morlaix en Bretagne à une île exotique près de Madagascar, et nous entraîne dans l'improbable quête d’un chanteur disparu des radars de la planète.

Dans les années 1970, Jean, le bibliothécaire a eu sa période baba. Cheveux longs en dreadlocks, écoute de vinyles en bande, il a, un jour, découvert un chanteur par hasard : Rémy Bé. Un artiste qui a chanté Romorantin ou Le Cap Gris-nez, apprécié par Georges Brassens et qui a été un temps édité par Pierre Perret. 

Ses paroles en français, alors qu’il était de bon ton de n’écouter que de l’anglais, nous semblent un peu vaines aujourd’hui. Or pour l’époque, elles étaient audacieuses, et, ce qui plaisait par-dessus tout à notre bibliothécaire, elles étaient pleines d’autodérision. 

Quelques années plus tard, en plein burn-out, l’ex-baba retombe sur une cassette du chanteur et décide de partir à sa recherche

Le hic ? Jean n’a pas l’ombre d’un début de piste. Il va s’accrocher à des bribes de paroles, aux lieux cités dans les chansons et à des souvenirs de jeunesse pour se laisser guider. 

De rencontres avec d’anciens camarades, en déductions des textes des chansons, cet anti-héros qui doit beaucoup à Didier Tronchet va finir, après moult détours, par trouver la vedette disparue, qui vit caché sur une île. Et l’approcher... 

Cinq bonnes raisons de lire "Le Chanteur perdu"

Détail d'une planche du "Chanteur perdu" de Didier Tronchet
Détail d'une planche du "Chanteur perdu" de Didier Tronchet / Collection Aire libre/Dupuis
  • C’est un road trip, et, en ces temps d’enfermement, on ne crache pas sur un peu d’évasion. Et c’est encore mieux si elle se laisse guider par le hasard, comme ici.
  • C’est vivant. Le chanteur perdu est raconté à la façon d’une enquête marabout-bout de ficelle qui donne un côté un peu déglingué à cette histoire pas vraiment linéaire.
  • C’est émouvant. Didier Tronchet reconstitue la carrière de Rémy Bé, par petites touches. A travers la quête de Jean, on replonge dans toute une époque, mais, de ses rencontres, naît surtout le portrait d’un artiste talentueux, un peu dilettante auquel on s’attache. D’autant que le chanteur a un secret : il est le fruit des amours ancillaires de son père en Indochine. 
  • Le dessin de Didier Tronchet est exceptionnel. Rien n’est léché, mais tout y est. Le pouvoir évocateur de son trait est impressionnant. Et sa palette de couleurs avec ses jaunes caractéristiques est joyeuse… 
  • Toute cette histoire (ou presque) est vraie…  Le chanteur s’appelait Jean-Claude Rémy, nous apprend un dossier documentaire à la fin du livre. Et Didier Tronchet l’a effectivement retrouvé. C’est donc sa propre quête de fan qu’il a mise en scène. Et c’est encore plus émouvant.

Le Chanteur perdu de Didier Tronchet coll Aire Libre chez Dupuis

Aller plus loin 

Détail d'une planche du "Chanteur perdu" de Didier Tronchet
Détail d'une planche du "Chanteur perdu" de Didier Tronchet / Aire libre/Dupuis

ECOUTER | les chansons à l’origine de l’album sur le site de Didier Tronchet

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