Le Grand Prix d’Angoulême 2021, auteur d’"Ariol", d’"Alan", et du "Photographe" s’expose au Musée d’Angoulême dans le cadre du Festival international de la bande dessinée. Une expo sans BD, ou presque, qui associe à ses œuvres, celles d’inconnus. Et qui révèle beaucoup sur Emmanuel Guibert.

Emmanuel Guibert dans l'exposition Emmanuel Guibetr en bonne compagnie
Emmanuel Guibert dans l'exposition Emmanuel Guibetr en bonne compagnie © FIBD

Vivement que les musées rouvrent : il y aura à Angoulême une occasion d’être surpris ! Conçue en trois parties : "Herborisons", "Fraternisons" et le disque La musique d'Alan réalisé avec Philippe Ghielmetti, l’exposition "Emmanuel Guibert en bonne compagnie" s’ouvre sur une scène de lecture : l'auteur, enfant, assis dans une chaise longue en train de lire un Spirou dans le jardin de sa grand-mère près de Cognac. Une douce image comme point de départ d’une vocation.  

Dans la partie "Herborisons", le dessinateur montre des images tirées de la nature

Dans l'exposition Emmanuel Guibert en bonne compagnie au Musée d'Angoulême
Dans l'exposition Emmanuel Guibert en bonne compagnie au Musée d'Angoulême / AD/FI

Peinture, photos retravaillées, dessins se mettent au service d'arbres, de feuillages et de paysages. Se dégage de l’ensemble la poésie délicate d'une nature faite de sous-bois, de contrastes et de lumière. Mais aussi, un fin regard d’observateur.  

Emmanuel Guibert : "J’aurais aimé que ce soit politique et entonner un refrain écologiste. Mais plus simplement, je suis allé farfouiller dans mes archives, ce qui n’est pas la chose au monde que je préfère : elles sont un peu rangées par Gaston Lagaffe, c’est-à-dire moi-même ! 

Mais tant qu’à explorer ces dessins, autant partir à la recherche de quelque chose qui nourrisse, qui fasse du bien. 

Ce sont des échos de moments passés dans la nature depuis des années. Ils ont été peints ou dessinés souvent pendant l'été, en totale liberté. En rompant avec mon travail habituel, j’en profite pour faire des tentatives sur divers formats, et divers matériaux. Je me considère comme un peintre du dimanche qui dessine les jours ouvrés. En peignant et dessinant années après années, je me suis aperçu que j’avais fini par constituer un corpus montrable."  

Dans la deuxième partie, "Fraternisons" ou le bar des amis, un ensemble hétéroclite accueille le visiteur 

Tableau de Leland Lee dans l'exposition Emmanuel Guibert en bonne compagnie au Musée d'Angoulême
Tableau de Leland Lee dans l'exposition Emmanuel Guibert en bonne compagnie au Musée d'Angoulême / FIBD

On y trouve des tableaux de Michael Janes Plautz, son ami sur lequel il vient d’écrire un roman bouleversant sur la fin de vie (Mike), des tableaux colorés d’un peintre taiwanais, Leland Lee, les masses sombres de Xe Yin, une bande dessinée (la seule de l'exposition !) de son épouse Fiarma Luzzati, un extrait d’un livre lu à une malade du cancer rencontrée à l'hôpital, les dessins de Cécile Reims… 

Une démarche profondément altruiste de la part d'Emmanuel Guibert, qu'il explique par les circonstances :  

Montrer le travail des autres n’est pas faire preuve de modestie, c’est un besoin de se regrouper pendant la crise sanitaire. 

"J’ai ressenti l'envie de montrer des amis très chers que je côtoie régulièrement. La perspective de les voir présentés ici m’a permis de tenir le choc de la période. Je me disais que je préparais cette exposition avec eux et pour eux. Comme je l’avais fait pour Didier et Alan dans l’exposition précédente, je le fais ici pour Fiarma, pour Jean-Louis, pour Micheline…  

Dans mon existence, je ne vaux que par nos échanges, que par la perspective de voir régulièrement ces gens, de voir ce qu’ils font.

Quand on en a conscience et qu’une exposition vous est offerte, on en profite pour montrer leur travail car tous n’ont pas la très bonne fortune d’être exposés comme moi. Or, je considère que leur talent mérite d’être vu et reconnu".

La troisième partie présente le travail autour du disque La musique d'Alan. Le dessinateur en parle comme de la meilleure chose qu’il lui soit arrivé l'année passée. 

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Si les deux précédentes expositions qui lui étaient consacrées (l’une à Angoulême en 2018, l'autre à l’Académie des Beaux-arts à Paris en 2020) étaient centrées sur son propre travail, celle-ci déroute un peu tant elle s’éloigne de l'évocation classique de l’œuvre d’un créateur. Mais ce pas de côté avec la présentation des œuvres d'autres artistes en dit finalement beaucoup sur le travail d'Emmanuel Guibert qui ne peut être déconnecté d'une approche profondément humaine.  

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