« La Bombe » est un livre-somme (450 pages) sur l’un des plus gros bouleversements de notre ère : la bombe atomique… A travers cette BD, on revit de l’intérieur la conception de l'arme nucléaire par des scientifiques aux Etats-Unis. A lire absolument à quelques semaines des 75 ans des explosions américaines au Japon.

Détail de la couverture de La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier
Détail de la couverture de La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier © Corbis / Editions Glénat

« Possèderais-je par hasard, quelque chose d’extraordinaire ou de maudit ? » s’interroge un M Sengier, riche propriétaire de mine d’uranium au Katanga (Congo) dans les années 40, devant l’intérêt subit pour ses extractions. 

Normal, nous sommes au début de la guerre, en pleine course mondiale à la bombe atomique, et la matière première se fait rare. Les Américains veulent se doter de l’arme ultime : ils savent que les Allemands travaillent aussi à son invention. Posséder la bombe sera un moyen d’arrêter les nazis et de limiter le nombre de morts en mettant fin à la guerre. S’ensuit la mise en place d’un plan secret américain : le projet Manhattan avec, pour épicentre, Los Alamos dédié à l’élaboration du « gadget » (la bombe H) et une course scientifique folle entre Etats. 

Détail d'une planche de La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier
Détail d'une planche de La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier / éditions Glénat

On apprend un tas de choses dans cette BD qui nous donne à voir de l’intérieur la naissance de l’arme nucléaire

A commencer par la venue nécessaire aux Etats-Unis de scientifiques européens (Leo Szilard, Eugène Wigner, Enrico Ferni, Albert Einstein) sous la houlette d’Oppenheimer, la plupart fuyant le nazisme. Plus étonnant : le scepticisme des militaires au début de l’aventure, alors que la bombe leur est destinée. 

Moins connu : les tests des effets de l’uranium sont effectués sur des humains qui ne sont pas informés de ce qu’on leur fait ! Sont très bien expliqués aussi les doutes des chercheurs qui réalisent l’ampleur des destructions humaines possibles alors que l’Allemagne a déjà capitulé.

On nous apprend qu’il s’en est ainsi fallu d’un cheveu que Kyoto ne soit bombardée plutôt que Hiroshima : l'ancienne capitale nippone ne doit d’avoir été épargnée qu’à la présence dans le comité de décision d’un ancien étudiant au Japon tombé amoureux de la ville. 

On nous fait vivre le sabordage incroyable des réserves d’eau lourde allemande en Norvège. Les Américains avec leurs alliés (Anglais et Canadiens) s’y sont repris à plusieurs fois pour priver les nazis de cet élément indispensable à la fabrication de la bombe (l'eau lourde, ou oxyde de deutérium D₂O, entre dans  la modération de la combustion de l’uranium). 

L’histoire, bien réelle, est servie par des personnages incroyables dont le Général Grove, grand coordinateur du projet secret dépassé par son ampleur, alors qu’il avait lui-même supervisé la construction du Pentagone, le siège géant des forces armées américaines. 

Le propos est ultra documenté, passionnant. Le dessin classique en noir et blanc, très fluide, et efficace de Denis Rodier nous emmène au cœur de la création de ce qui allait précipiter la fin de la Seconde Guerre mondiale et nous faire changer d’ère.

La Bombe d"Alcante, Denis Rodier et Laurent-Frédéric Bollée chez Glénat

REGARDER | Denis Rodier : Comment j’ai dessiné La bombe ? 

ECOUTER | Bulles de BD sur La Bombe

La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier (éditions Glénat)

Détail d'une planche de La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier
Détail d'une planche de La Bombe par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier © Radio France / éditions Glénat

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