Quatre auteurs belges, le dessinateur François Schuiten, le réalisateur Jaco Van Dormael, l’écrivain Thomas Gunzig, et le coloriste Laurent Durieux, reprennent les personnages crées par Edgar P. Jacobs en 1946 pour les plonger dans un Bruxelles déserté.

Détail de la couverture du « Dernier Pharaon », de François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux
Détail de la couverture du « Dernier Pharaon », de François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux © Blake et Mortimer

Années 1980. Du tréfonds du palais de Justice de Bruxelles émanent d'importants rayonnements électromagnétiques. Le professeur Mortimer appelé sur les lieux, découvre dans les sous-sols de mystérieux hiéroglyphes. En s’approchant d’une porte de l’atelier de Polaert, l’architecte de l’édifice, les appareils électriques s’éteignent mystérieusement… 

En abattant un mur, Mortimer provoque un effondrement et libère d’intenses mouvements telluriques. Il n’a que le temps de fuir. À son réveil dans une salle d’hôpital quelques jours plus tard, il est en proie à de terribles cauchemars faisant apparaître des figures égyptiennes antiques. Son ami, le militaire et agent du MI5, le Capitaine Blake, dont il s’était un peu éloigné vient à sa rescousse. Le Palais de Justice est placé sous une cage de Faraday, et la nature reprend ses droits…

François Schuiten explique : 

Entrer dans cette œuvre, c’est partir en quête d’une source qui a nourri notre enfance.

Fasciné depuis toujours par Blake et Mortimer, mais aussi par l’architecture, le dessinateur a sauté sur l’occasion quand on lui a parlé de notes d’Edgar P. Jacobs qui situait l’action de ses héros dans le Palais de Justice de Bruxelles.  

Ce somptueux bâtiment, construit au XIXe siècle est aujourd’hui menacé et protégé par des échafaudages, au cœur de la capitale belge dans le quartier des Marolles. Il a de quoi impressionner : d’une surface de 26 000 m2, il est doté d’une armature métallique et coiffé d’une coupole haute de 30 mètres. Ce n’est pas la première fois que le dessinateur des Cités Obscures s’empare du Palais de Justice : il était déjà présent dans Brüsels, et dans L’Archiviste

Détail d'une planche du Dernier Pharaon par François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig, et Laurent Durieux
Détail d'une planche du Dernier Pharaon par François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig, et Laurent Durieux / Blake et Mortimer

On retrouve la marque de Schuiten 

L’histoire teintée d’écologie et écrite avec Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig est reliée aux précédentes aventures de Blake et Mortimer, par des clins d’œil et une introduction située à la fin de l’album de 1954, Le Mystère de la grande pyramide. 

Même si François Schuiten a connu Edgar P. Jacobs, l’auteur de Blake et Mortimer, le Grand Prix d’Angoulême 2002 ne s’est pas privé pour irriguer ce volume de ses propres obsessions graphiques et imprimer sa marque avec son trait hachuré exceptionnel : perspectives vertigineuses, bâtiments dessinés de près et sublimés, locomotives, avions…  Cet abandon de la ligne claire, associé aux couleurs de Laurent Durieux, donne une atmosphère crépusculaire, et un sacré coup de jeune au dessin. 

Comment dessiner Mortimer ? la leçon de dessin de François Schuiten

Feuilletez les premières planches du Dernier pharaon 

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