La dessinatrice signe une bande dessinée autobiographique et revient sur un épisode de phobie scolaire sévère surmontée grâce à la musique des quatre garçons dans le vent.

Détail de la couverture de "Nowhere girls" par Magali Le Huche
Détail de la couverture de "Nowhere girls" par Magali Le Huche © Dargaud

Enfant, Magali Le Huche a tout pour être heureuse. Elle vit au centre de Paris dans une famille aimante avec une grande sœur admirable, des amies sympathiques, et aucun problème matériel. 

Jusqu’au jour où elle tombe sur une peau de vache qui va lui faire passer le goût de l’école. Souffrant de phobie scolaire, Magali va se déscolariser. A cause de cette dépression, elle suit ses cours par correspondance et ne devra son salut qu’à une écoute hyper assidue des chansons des Beatles. Au départ, elle pioche dans deux CD de ses parents : With the Beatles et Sgt Pepper’s. Puis elle s’accroche au groupe de Liverpool comme à une bouée, jusqu’à ce que cela devienne une obsession.

Magali Le Huche : "J'étais en pleine phobie scolaire par peur de l'échec et de grandir. Écouter les Beatles en boucle me permettait de rester bloquée dans une époque ancienne. Leur musique m'a sauvée : grâce à elle, j'ai fui la situation dans laquelle je me trouvais, et j'ai pu mesurer la puissance de l'imaginaire. J'ai ensuite intégré une école qui me correspondait mieux."

Pour raconter cette histoire vraie, l’autrice use de son trait presque naïf venu de la littérature jeunesse

Mais elle ajoute quelques heureuses trouvailles graphiques pour évoquer le sujet grave du rejet de l’école. La musique n’est pas représentée, comme souvent, avec des notes, mais plutôt comme un fumet coloré qui embrase nos sens - et pas seulement auditifs. Elle restitue avec justesse les états d’âmes d’une préadolescente de 12 ans mal dans sa peau. C’est délicat, frais… et émouvant.  

Détail d'une planche de la BD "Nowhere Girls" de Magali Le Huche
Détail d'une planche de la BD "Nowhere Girls" de Magali Le Huche / Dargaud

Comment j’ai dessiné "Nowhere girls", la leçon de dessin de Magali Le Huche

Aller plus loin  

Une autre BD parle de musique. Les amants d’Hérouville de Thomas Cadène, Yann Le Quellec, Romain Ronzeau. Elle raconte l’incroyable parcours du musicien Michel Magne. Un personnage vraiment hors norme qui va écrire des dizaines de musiques de film, et créer un studio d’enregistrement de toutes pièces dans un château situé dans le Vexin, qui verra passer les Rolling Stones ou Elton John. Il y faisait des fêtes de 200 à 300 personnes, mais comme art et comptabilité font mauvais ménage, il a terminé pauvre, un brin aigri et s'est suicidé en 1984. 

► Les amants d’Hérouville de Thomas Cadène, Yann Le Quellec, Romain Ronzeau est paru chez Delcourt.

► Et aussi : Une histoire du Velvet Underground par Prosperi Buri chez Dargaud.