Quand une jeune fille futée au Moyen-Age se travestit en homme pour fuir sa condition de femme, elle découvre sa face audacieuse cachée, et… son futur mari ! « Peau d’homme » est une BD délicieuse sur la tolérance. A découvrir dès que possible !

Détail de la couverture de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim
Détail de la couverture de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim © Glénat - Collection 1000 Feuilles

A la fin du Moyen-âge, Bianca, une demoiselle un peu naïve doit épouser Giovanni, un jeune homme que cela n’enchante guère. La jeune fille fait la découverte d’un costume qui lui permet de se transformer en homme. Déguisée en Lorenzo, elle va expérimenter son changement d’identité sexuelle… Et c’est travestie qu’elle va coucher avec son mari qui ne la reconnait pas… De là découle une série de quiproquos et de scènes cocasses. Certains l’aiment chaud ou Tootsie ne sont pas loin !

Ce livre superbement écrit est le manifeste anti-homophobie posthume d'Hubert, un scénariste de talent décédé en février dernier. Peau d'homme était au départ sa réaction un peu épidermique aux réactions conservatrices contre le mariage gay. Mais ce n’est pas la seule raison de plonger dans ce livre aux allures de fable médiévale. Le propos humaniste sur la tolérance, est servi par le dessin clair, lumineux, délicieux, pétillant, de Zanzim (L’Île aux femmes, Ma vie posthume, ou Tartuffe…).  Il pose des questions plus vastes sur la relation de couple, le mariage, les carcans de la société et, au-delà, les relations humaines.

Détail d'une planche de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim
Détail d'une planche de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim / Glénat - Collection 1000 Feuilles

Comment j’ai dessiné "Peau d’homme", la leçon de dessin de Zanzim 

Zanzim : "Cette histoire de travestissement est avant tout une histoire d’amour"

France Inter : Hubert, le scénariste de Peau d’homme a mis fin à ses jours en février 2020

ZANZIM : "Oui, je pleure la perte d’un ami cher, mais aussi celle d’un scénariste d’exception. Pour moi, Hubert était attiré par le côté sombre des choses, mais pour en extraire de la lumière. Il a peut-être eu peur de ne pas arriver à se maintenir au niveau qu’il avait atteint. Pour l’album Peau d’homme, j’ai l’impression d’avoir à élever un enfant tout seul."

Comment est née votre collaboration sur Peau d’homme

Z : "Au moment des manifestations anti-mariage gay, Hubert avait écrit un brûlot un peu trash : « Debaptisez-moi ». Il l’a mis de côté et est revenu me voir après l’avoir repris sous forme d’un conte médiéval. Il était très attaché à l’idée que l’histoire se déroule à la Renaissance, l’époque des débuts de l’humanisme. Et moi, j’étais séduit par sa dimension de fable sur la tolérance. L’homophobie me révolte."

Détail d'une planche de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim
Détail d'une planche de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim / Glénat - Collection 1000 Feuilles

Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Z : "Il a commencé à me donner beaucoup de documentation avec des peintures d'époque, et des photos d’Italie. J’ai lu, j’ai laissé mûrir et n’en ai retenu que l’essentiel. Hubert m’a laissé très libre. Comme l’intrigue est un peu compliquée, qu’il y a beaucoup de dialogues, j’ai cherché, graphiquement, à être le plus le plus léger et le plus clair possible. Donc j’ai dessiné en ligne claire, et suis allé chercher de l’inspiration du côté de Joos Swarte et de Pierre Clément (l’auteur de la publicité Reynolds)."

Comment avez-vous dessiné le personnage de Bianca en homme puis en femme ? 

Z : "Cette histoire de travestissement est avant tout une histoire d’amour, peu importe l’enveloppe. Pour dessiner le personnage qui passe du féminin au masculin, j’ai utilisé un calque pour reporter les proportions. Et je l’ai seulement un peu épaissi. En tant que dessinateur, c’était très agréable de passer du côté masculin au côté féminin de Bianca, c’était presque troublant."

Et les décors ?

Z : "Pour l’architecture, à laquelle tenait beaucoup Hubert, j’ai tendu vers le décor de théâtre, pour ne pas trop charger le dessin. L’idée de la mise en scène un peu en axonométrie (représentation en deux dimensions d'objets en trois dimensions, ndlr) a été un peu longue à mettre en place. Au départ, je voulais même retrouver le dessin du Moyen Age, d'avant la perspective. Mais c’est trop difficile, on est trop déformé par nos années d’étude de dessin. J’ai donc créé une fausse perspective !"

Détail d'une planche de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim
Détail d'une planche de "Peau d'homme" d'Hubert et Zanzim / Glénat - Collection 1000 Feuilles

Feuilletez quelques pages de "Peau d'homme"

Peau d’homme d’Hubert et Zanzim chez Glénat dans la collection 1000 feuilles

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