Le lendemain des attentats du Bataclan, le dessinateur s’est emparé d’une trompette. Il en a sorti un son, "pouette", qu’il va répéter en boucle. Ce son unique finit par lasser son entourage moqueur.

Détail de la couverture de "Solo" de Gilles Rochier
Détail de la couverture de "Solo" de Gilles Rochier © Casterman

D’autant que Gilles ne parle plus, malgré les tentatives répétées de son ami Kader pour l’extraire de sa bulle.

De lubie rigolote, sa marotte devient un inquiétant retour sur soi aux yeux des siens et du lecteur. Au-delà de la blague de celui qui tente de produire un son audible - et qui casse les oreilles à tous - un propos émouvant se glisse : comment exprimer sa tristesse quand on est sous le choc, quand on n’a plus les mots, quand on se perd dans sa douleur ?

Du bruit comme armure

Gilles Rochier explique qu’il a surtout voulu se protéger du bruit du monde en soufflant dans un instrument. Il s’est senti particulièrement concerné : les auteurs des attentats sont des personnes géographiquement proches de lui. De son atelier situé à Gennevilliers, en banlieue de Paris, il a vu certains jeunes se briser et se radicaliser. Le dessin de Gilles Rochier rehaussé d’une couleur cuivre pertinente va à l’essentiel pour nous embarquer dans cette histoire sur le fil.

Comment dessiner "Solo" ? La leçon de dessin de Gilles Rochier 

Solo de Gilles Rochier est publié par Casterman

Planche de la BD "Solo" de Gilles Rochier
Planche de la BD "Solo" de Gilles Rochier / Casterman
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