En ne sélectionnant aucune femme pour son Grand Prix l’année dernière, le festival d’Angoulême faisait polémique. Il y a du mieux cette année.

Festival internationnal de la bande dessinée d'Angoulême (photo d'illustration).
Festival internationnal de la bande dessinée d'Angoulême (photo d'illustration). © AFP / Georges Gobet

Parmi les 42 sélectionnes pour le 44e festival d’Angoulême cette année, il y a huit dessinatrices. C’est encore loin d’être satisfaisant mais cela représente tout de même les 12,8% de femmes auteurs de bande dessinée au niveau européen. On ne peut donc pas vraiment parler de discrimination cette année, mais le constat est toujours là : le monde d’hommes qu’est celui de la BD peine à s’ouvrir.

« Évidemment, nous avons commis une erreur l’année dernière » reconnaît Stéphane Beaujan. Le directeur artistique du festival y trouve toutefois une explication : « on ne va pas se mentir, la bande dessinée a quand même été un registre artistique majoritairement occupé par des garçons. Ceci dit, il y a des raisons d’être optimiste quand on voit à quelle vitesse les femmes s’intègrent à la communauté des vieux messieurs de la BD et à quel point elles en renouvellent l’écriture et les genres*. J’ai bon espoir que la bande dessinée comble plus rapidement que prévu son retard en termes de parité. »

Cette année, le festival d’Angoulême a modifié son mode du scrutin, établi la parité dans ses comités de sélection, et le président du grand jury est une femme : la Britannique Posy Simmonds, auteure notamment de Gemma Bovery. Pourtant, outre la représentativité des femmes dans les prix, un autre combat reste à mener : la rémunération des dessinatrices, qui reste deux fois moins élevée que les hommes en 2017.

Le festival d’Angoulême se déroule du 26 au 29 janvier. Le grand prix sera annoncé ce jeudi soir et les fauves d'or samedi soir.

►►► À écouter : le marché de la BD s’est relancé en 2016 avec près de 5000 albums parus, par Jacqueline Pétroz.

*On pense notamment aux illustres Florence Cesta, Marjane Satrapi, ou encore Pénélope Bagieu, sans oublier les grandes pionnières Claire Bretécher et Chantal Montellier.

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