C'est l’histoire méconnue mais fascinante d’un îlot au milieu de l’océan Indien. En 1761, le bateau "L’Utile" fait naufrage sur la minuscule île déserte des Sables, aujourd’hui Tro

Couverture des Esclaves oubliés de Tromelin
Couverture des Esclaves oubliés de Tromelin © Savoia/Aire libre

Les survivants de l’équipage reconstruisent une nouvelle embarcation avec l’aide d’esclaves malgaches, destinés à la vente, présents à bord. Les Français repartent vers Madagascar abandonnant la soixantaine d’esclaves. Quinze ans plus tard, le chevalier de Tromelin en sauve huit qui ont survécu malgré les conditions de vie plus que rudimentaires. Aujourd’hui le lieu fait l’objet d’une campagne de fouilles archéologiques menées par Max Guérout (du GRAN groupe de recherche en archéologie navale) et Thomas Romon de l’INRAP (institut national de recherches archéologiques) à laquelle le dessinateur Savoia a été convié.

A travers le destin de Tsimiavo, une jeune esclave, il reconstitue ce fait divers dramatique, et mêle à son récit la description du méticuleux travail de recherche, et du quotidien de l'équipe en mission sur place. Cette histoire est en partie à l’origine d’une prise de conscience en métropole, qui débouchera sur la première (et temporaire) abolition de l’esclavage en 1794 (l'abolition définitive ne sera votée qu'en 1848 grâce à Victor Schoelcher).

Les esclaves oubliés de Tromelin de Savoia est paru dans la collection Aire Libre chez Dupuis

Trois questions à Savoia :

Ce qui m'a attiré, c'est ce que j'ai lu dans la presse. Un article relatait les recherches de l'équipe de Max Guérout. Je leur ai demandé s'il mettrait à disposition leurs recherches. On a lié connaissance, puis ils m'ont proposé de participer à la prochaine mission. C'était inespéré. Je suis parti un mois et demi en 2008. On passe par la Réunion, puis c'est un avion militaire qui nous a emmenés. L'île est minuscule, située à 500 km des premières côtes. On a plus l'impression d'être sur un bâteau que sur une île. On a fait des découvertes archéologiques incroyables sur ces survivants du bout du monde.

Être le dessinateur de la mission, c'est être dans une position très privilégiée : j'avais la possibilité de participer à tout, et à la fois de m'extraire. Je pouvais avoir un regard distancié. Mais surtout, j'étais à l'endroit même où mes personnages avaient vécu. L'île n'a pas beaucoup changé en 250 ans...

Le choix de suivre cette jeune fille a été immédiat parce qu’elle était une des rares survivantes. C’est un personnage réel. J’ai essayé d’être proche des archives et des découvertes archéologiques. Elle est arrivée jeune accompagnée de sa mère. C’est un personnage fort car elle a eu un bébé qui a lui aussi survécu.

J’étais d’abord avec l’idée de raconter l’histoire des Malgaches au XVIIIe siècle, mais de partager le quotidien de l’équipe de fouilles m’a poussé à le raconter aussi…

A venir : Une exposition de 450m2 à partir du 17 octobre au Château des ducs de Bretagne à Nantes [](A venir Une exposition de 450m2 à partir du 17 octobre au Château des ducs de Bretagne à Nantes avec reconstitution du bateau, les fouilles, la construction du bateau et une salle avec les planches originales.)avec reconstitution du bateau, des informations sur sa construction, la présentation des fouilles, et une salle avec les planches originales.

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