A la rencontre de ce dessinateur, connu du grand public pour ses illustrations des couvertures des livres d'Harry Potter, et d’interroger sa technique.

Couverture de Watertown
Couverture de Watertown © Jean-Claude Götting chez Casterman

À Aix-en-Provence dans le cadre du Festival des Rencontres du 9e art, une petite exposition rend hommage au travail délicat de Jean-Claude Götting. Au menu : des planches et des agrandissements de ses quatre derniers albums : Watertown , La malle Sanderson , Happy Living , et Noir . L’occasion d’aller à la rencontre de ce dessinateur, connu du grand public pour ses illustrations des couvertures desHarry Potter, et d’interroger sa technique.

Comment obtenez-vous ce trait si particulier ?

Je commence par faire mon crayonné (le dessin au crayon qui précède l’encrage, ndlr), comme un peu tous les dessinateurs, je pense. Une fois qu’il est en place, je dessine les contours avec un pinceau à l’encre de Chine noire. Ça donne un dessin assez simple.Ensuite je passe sur toute la page une espèce de trame grisée que je produis avec un petit rouleau à gouache en mousse imbibé d’encre de chine. Cela produit un léger mouchetis plus ou moins sombre suivant que je passe une ou plusieurs fois au même endroit. Je prends un pinceau et de la gouache blanche. Et je remets la lumière dans ces gris en repassant par-dessus les gris avec des petites hachures ou des aplats de blanc, ce qui permet d'obtenir plusieurs nuances de gris. Une planche me prend deux jours : une pour le crayonné, une pour l’encrage.

Pourquoi dit-on de votre trait qu’il est charbonneux, tremblé ?

Souvent les lecteurs d'un album imprimé n’arrivent pas à évaluer quelle est la technique du dessinateur. Donc pour eux, c’est du fusain, donc du charbon de bois . Et tremblé ? Je ne sais pas pourquoi. Peut-être est-ce toujours lié à ma façon de procéder. Quand je reviens sur mon dessin à la gouache, le trait est mordu par ce blanc, donc pas forcément « propre ».Il y a une vibration qui se fait dans le trait.

Comment votre dessin évolue-t-il, d'après vous ?

Au tout début, je faisais des choses très sèches, presque comme de la gravure avec des visages très stylisés. Même bizarrement stylisés. Quand je les regarde aujourd'hui, ça a évolué vers un dessin plus réaliste peut-être, plus doux . Sauf parfois pour l'album Noir où j’ai dessiné en tout petit format, pour accentuer la force du trait justement, pour m’obliger à dessiner petit, et avoir un geste plus violent, plus lancé. Il est donc plus dur graphiquement, mais c’était pour aller avec le récit dans lequel il n’est pas question de développement psychologique mais d’action.

►►► Quelques images de l'exposition

L'exposition Jean-Claude Götting se tient à l'office du tourisme d'Aix en Provence jusqu'au 28 mai. Le dessinateur signe aussi une BD courte dans la toute nouvelle revue BDPandora __ publiée par Casterman. Et une partie de son travail est également exposée à la Galerie Barbier Mathon dans le cadre d’une exposition collective autour du plaisir à partir du 15 avril.

►►► Aussi à Aix, toujours dans le cadre des Rencontres du 9e art :

Vivre à Frandisco, jolie rencontre entre l'art brut et la BD

Cabanes de Nylso

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.