La BNF propose un voyage virtuel dans dix bibliothèques du monde, réelles ou imaginaires. Une expérience inspirée du livre "La Bibliothèque, la nuit" d'Alberto Manguel.

Affiche de l'exposition La bibliothèque, la nuit
Affiche de l'exposition La bibliothèque, la nuit © Radio France / Stephane Bourgeois

La Bibliothèque nationale de France (BNF) présente une exposition réalisée par le metteur en scène Robert Lepage et sa compagnie Ex Machina. Cette proposition vient de Québec et de sa Bibliothèque et Archives nationales. Elle a déjà beaucoup impressionné les utilisateurs canadiens.

Albert Manguel est écrivain et bibliophile hors normes. Il avait installé ses 35 000 livres dans un prieuré du Poitou. Désormais, tous ses livres l'ont suivi, et il est désormais le directeur de la Bibliothèque nationale d'Argentine. Un retour aux origines, pour cet homme qui faisait la lecture à Jorge Luis Borges, devenu aveugle, à Buenos Aires.

Inspirée de l’ouvrage d’Alberto Manguel, La Bibliothèque, la nuit, l'exposition commence par une introduction consacrée à l'imaginaire des bibliothèques, conçue par la BnF à partir de ses collections.

Puis une reconstitution de l'univers dans lequel le bibliophile Alberto Manguel a vécu, dans le Poitou au milieu de ses livres, accueille le visiteur. La voix de Manguel lisant quelques extraits de son livre l'accompagne jusque dans une forêt. Là, il s'installe à bureau et met un casque de réalité virtuelle : le voyage commence.

Un voyage immobile, comme celui d'un lecteur

Avec la voix de Manguel, il est transporté dans dix bibliothèques du monde, les plus marquantes : reconstitution des plans de Sainte-Geneviève à Paris, pour laquelle Labrouste a voulu jouer avec la lumière du jour, et éclairer les bureaux au bec de gaz pour travailler la nuit. Bibliothèque de Sarajevo, bombardée, et victime de mémoricide, explique Manguel. Bibliothèque sortie de l’imagination de Jules Verne, celle du capitaine Nemo , seule relation du marin avec la terre ferme : celle-ci voyage sous les mers dans le Nautilus. Bibliothèque de Copenhague, désormais cimetière des livres scientifiques : ils n’ ont jamais été répertoriés et catalogués. Ils ne sont plus consultables, seuls les fantômes imaginés par Robert Lepage viennent fouiller dans ses rayons.

Ces images captées par un groupe de 12 caméras pour avoir une vision à 360 degrés. Chaque lieu est filmé depuis un point fixe, celui qui donne la vue la plus emblématique possible, par rapport aux propos de Manguel. Des personnages, ou animaux, apparaissent dans ce décor, au gré de l'histoire racontée. On est assis et seul, au milieu de ses architectures et décors signifiants, pleins de symboles et d’histoires.

La visite est plutôt documentaire : c’est surtout le texte de Manguel qui lui donne sa dimension poétique et philosophique. Au moment où Robert Lepage a conçu son dispositif, "il n'était pas possible de prévoir une des utilisateurs dans l'image, et il n'était pas envisageable de se retrouver d'autres visiteurs. Mais nous espérons pouvoir fabriquer une nouvelle version avec d'autres bibliothèque et la possibilité d'être plusieurs visiteurs dans le même lieu". L' expérience sortirait alors totalement de son caractère documentaire.

► DÉCOUVRIR | Faites l'expérience, à la BNF jusqu'au 13 août

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.