Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le Studio Bill Viola.

Avec vingt oeuvres magistrales, soit plus de trente écrans et des heures d'images, Bill Viola au Grand Palais constitue l’une des plus larges rétrospectives consacrées à l'artiste. L'oeuvre de Bill Viola a été présentée et célébrée dans les plus grands musées : première rétrospective au Whitney Museum de New York en 1997, MOMA à New York, National Gallery de Londres, Mori Art Museum de Tokyo, J. Paul Getty Museum à Los Angeles, Guggenheim Museum (Bilbao, Berlin, New York)... Il manquait une rétrospective en France, où si Bill Viola est peu présent dans les collections nationales, il a été cependant très tôt identifié comme un grand artiste (présentations au Musée d'art moderne de la ville de Paris en 1983, à la Fondation Cartier en 1990, au Musée de Nantes en 1991, au Festival d'automne en 1996).

Bill Viola - Fire Woman 2005 / projection vidéo couleurs haute définition, quatre enceintes, 11 minutes 12 secondes - performer
Bill Viola - Fire Woman 2005 / projection vidéo couleurs haute définition, quatre enceintes, 11 minutes 12 secondes - performer © : Robin Bonaccorsi - collection particulière © Photo Kira Perov

L’usage de la technologie vidéo par Bill Viola convoque un univers d’images digitales s'inscrivant dans l’histoire de l'art . On trouve dans l’exposition des références aux grands maîtres tels que Goya (The Sleep of Reason, 1988) et Jérôme Bosch (The Quintet of the Astonished, 2000). Le spectaculaire polyptyque Going Forth By Day (2002) forme un vaste ensemble mural de tableaux digitaux dans le même esprit que les fresques de Giotto dans la basilique Saint-François d'Assise - sommet inégalé de l'installation artistique selon Viola et référence ultime de l'artiste.Les quatre décennies de l'oeuvre de Viola sont représentées dans l’exposition du Grand Palais , de The Reflecting Pool (1977-79) à The Dreamers (2013) : films vidéos (Chott El Djerid (A Portrait in Light and Heat), 1979), installations monumentales (The Sleep of Reason, 1988), portraits sur plasma (The Quintet of the Astonished, 2000), pièces sonores (Presence, 1995), sculptures vidéos (Heaven and Earth, 1992), oeuvres intimistes (Nine Attempts to Achieve Immortality, 1996) ou superproductions (Going Forth By Day, 2002). Tous les genres de l'oeuvre de Bill Viola sont là, et toutes ses grandes séries emblématiques, des Buried Secrets du pavillon américain de Venise en 1995 (The Veiling) aux Angels for a Millennium (Ascension, 2000), des Passions (Catherine's Room, 2001) à The Tristan Project (Fire Woman et Tristan’s Ascension, 2005), des Transfigurations (Three Women, 2008) aux Mirages (The Encounter, 2012).Pensée par l’artiste comme un voyage introspectif, cette exposition propose un itinéraire en trois temps, autour de questions métaphysiques majeures : Qui suis-je ? Où suis- je ? Où vais-je ? Dans ses oeuvres, Bill Viola interroge la vie, la mort, la transcendance, la renaissance, le temps et l'espace, utilisant souvent la métaphore d’un corps plongé dans l’eau pour représenter la fluidité de la vie. Ses images cherchent à fournir une autre perception de ces questions fondamentales qui caractérisent l'existence humaine. Une dimension qui confère à son travail une puissance d'universalité particulière, au-delà de tout courant ou de toute mode, et qui explique que cet oeuvre vidéo fascine depuis quarante ans aux quatre coins du monde.

Bill Viola - Three Women 2008 / vidéo couleurs haute définition sur écran plasma fixé au mur, 9 minutes 6 secondes - performers
Bill Viola - Three Women 2008 / vidéo couleurs haute définition sur écran plasma fixé au mur, 9 minutes 6 secondes - performers © : Anika, Cornelia, Helena Ballent Bill Viola Studio, Long Beach, Etats-Unis © Photo Kira Perov

Scénographie

En correspondance avec l’approche de l’artiste, la scénographie de l’exposition respecte une ambiance très dépouillée, où n’est conservé que l’essentiel. La simplicité apparente des espaces est en réalité un long travail d’épure. La nature de l’oeuvre est constamment mise en rapport avec le corps du « regardant ». Le travail de Bill Viola sollicitant tous nos sens, la scénographie envisage le corps entier du visiteur et non pas seulement son regard. Les oeuvres dialoguent avec tous nos « récepteurs » sensibles : le son et le support de l’oeuvre (écran, vidéo-projection, installations plus ou moins immersives) en témoignent.Le travail scénographique a été une expérience inédite, menée en collaboration permanente avec le Studio Bill Viola, dont Bobby Jablonski est la directrice artistique, afin d’adapter les qualités spatiales requises pour toutes les oeuvres aux espaces des galeries nationales du Grand Palais. La qualité et l’intensité des éclairages suivent la même logique.Les textes de l’exposition sont volontairement réduits au minimum pour limiter l’irruption du champ intellectuel au cours de la visite.Ce parcours sensible permet à chaque visiteur d’aborder les questions philosophiques majeures et universelles de notre « être au monde » développées par Bill Viola.Gaëlle Seltzer

les rendez-vous du mercredi soir

5 mars à 18h30 : « Sculpter du temps » rencontre animée par Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition, avec Bill Viola et Kira Perov, directrice du Studio Bill Viola et collaboratrice de Bill Viola

12 mars à 18h30 : Nés avec la vidéotable ronde avec Anne-Marie Duguet, professeure émérite à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, Raymond Bellour, directeur de recherche émérite au CNRS et Jean-Paul Fargier, auteur et réalisateurmodérateur : Mathilde Roman, théoricienne, critique d’art et enseignante2 avril à 18h30 : Bill Viola, The Eye of the Heartprojection : un film de Mark Kidel, 2003, 1hen présence du réalisateur (ce film sera projeté également les vendredis 7 et 14 mars à 12h)9 avril à 18h30 : Bill Viola, l’image inauguraleconférence par Alain Fleischer, directeur du Fresnoy, Studio national des arts contemporains.

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