Cela fait aujourd'hui 1000 émissions qu'Augustin Trapenard nous invite chaque matin pour un "Boomerang" culturel, pop et piquant. Mille entretiens… et pas mal de moment incongrus, fous, émouvants, ingérables, extraordinaires… des pépites de "Boomerang" que nous vous proposons ici.

Retour sur quelques moments d'antenne exceptionnels avec Augustin Trapenard et ses invités
Retour sur quelques moments d'antenne exceptionnels avec Augustin Trapenard et ses invités © Getty / Francesco Carta fotografo

Pour fêter cette millième émission, nous avons demandé à Augustin Trapenard de revenir sur e émissions…n : Amélie Nothomb. Il y avait de l'émotion palpable à l'antenne bien sûr, même si ce n'était pas la première fois qu'Augustin prenait la parole sur les ondes : il avait "commis" déjà quelques émissions sur Nova, France Culture ou même sur France Inter (Toute, toute première fois en 2011). Avec cette première de Boomerang, on découvrait la couleur sonore de l'émission, le style d'Augustin, et déjà se dessinaient quelques rendez-vous incontournables de l'émission : l'entretien bien sûr mais aussi l'Édito d'Augustin et le Journal de la Culture.

Puis il y eut la dixième (avec Costa-Gavras) ; l'émission se rôdait encore. Puis la centième (avec Pierre Lapointe)… Et déjà, déjà, voici qu'on fête aujourd'hui la 1000e de Boomerang sur les ondes de France Inter… 

Pour fêter cette millième émission, nous avons demandé à Augustin Trapenard de revenir sur les émissions qui l'avaient marqué…

Le moment le plus improbable ?

AT : Mireille Mathieu qui était d’humeur si chantante, ce matin-là, que lorsque je lui ai demandé si à 17 ans, elle roulait déjà les « r », elle m’a répondu par une chanson... où il n’y avait pas de « r ». 

55 sec

Mireille Mathieu chante dans "Boomerang"

Régine qui me fait rire à pleurer avec une sombre histoire de Président, de dentier et de bidet.

1 min

Chez Régine venaient de grande personnalités : Barbara, Bardot, Gainsbourg... et Malraux

Ou encore Agnès Varda qui, lorsque je la décris comme un champignon, me répond qu’elle ressemble plutôt à un « gland ».

Agnès Varda et Augustin Trapenard
Agnès Varda et Augustin Trapenard © Radio France / Anne Audigier

L’invité le plus en retard ?

AT : Kyan Khojandi (de "Bref") qui était bloqué dans les embouteillages à cause de la présence de quelque famille royale à Paris, et qui nous a forcé à faire l’émission au téléphone. Cela dit, c’est le seul retard en 1000 émissions car j'ai la chance de travailler avec une programmatrice prodige, Valentine Chedebois, qui ce jour-là… était en vacances !

Le jour où Augustin a failli ne pas terminer l'émission ?

AT : Izia et Arthur H, qui chantent Pars de Jacques Higelin, d’une seule voix si juste et si tremblante pour rendre lui rendre hommage au lendemain des dernières Victoires de la Musique. J’avais des sanglots dans la voix quand j’ai repris le micro.

Le moment le plus fort ?

AT : Françoise Héritier qui nous raconte avec tant de bienveillance une vie de combats, de sens et de bienveillance. 

Jean-Marie Gustave Le Clézio qui prend dix minutes de son temps de parole pour lire un texte qu’il a rédigé en faveur des réfugiés.

Joan Baez qui chante l’Amérique, seule à la guitare, avec une intensité qui résonne encore en moi. 

À la fin de ces trois entretiens, en studio comme en régie, nous étions tous bouleversés. 

Le scoop le plus incroyable ?

AT : Amélie Nothomb qui nous avoue un meurtre, un matin de décembre. Le meurtre d’un camarade de classe que dans sa prime jeunesse, elle aurait tué par pensée. En sortant du studio, j'ai failli appeler les flics. 

Ou Brigitte Fontaine, qui, lorsque je lui demande « Qu’est-ce qu’une féministe, pour vous ? », me répond droit dans les yeux : « Quelqu’un qui n’est pas québécoise. » 

L’entretien enregistré au bout du monde ?

AT : Toni Morrison près de New York la veille de l’élection de Donald Trump, Jean Nouvel dans le Louvre Abu-Dhabi dont il posait les dernières pierres d’eau et de lumière, et Iggy Pop, si charmant, dans un hôtel crasseux des environs de Los Angeles.

L’enregistrement le plus étrange ?

AT : Jean-Pierre Léaud allongé dans son lit, au Festival de Cannes ! On avait mis un micro au niveau de son oreiller. Il m’avait accordé cinq minutes d’entretien alors que mon émission en fait trente - et à chaque fois je le relançais pour gagner un peu de temps. C’est l’un des entretiens que je préfère !

Le moment le plus gênant ?

AT : Gérard Depardieu, que je relance sur la Russie et qui me promet soudain, dans un grand éclat de rire, qu’il m’emmènera voir les marins russes pour que je m’amuse avec leurs petits pompons ! 

1 min

Gérard Depardieu lit Tostoï et invite Augustin Trapenard en Russie

Alejandro Jodorowski qui me lit les cartes chez lui, et qui révèle sur moi des choses si inavouables qu’on a du les couper au montage. 

Miou-Miou qui présage des questions que je vais lui poser et me demande avant même que je parle, la voix tremblante : « Qu’est-ce que c’est, pour vous, une actrice ? » 

La séquence la plus drôle ?

AT : Éric et Ramzy qui interrompent toutes les secondes de mon Journal de la Culture pour dire des horreurs. 

2 min

Le journal de la Culture de "Boomerang" revu et corrigé par Eric & Ramzy

Sempé qui me raconte ses dîners imaginaires avec Claude Debussy et un nageur qu’il adore. 

Ou Blanche Gardin qui m’explique d’une voix assurée que d’être dans Boomerang lui fait revoir ses préjugés : « Je vous écoute tous les matins, et je pensais que vous étiez noir. Alors qu’en fait vous êtes asiatique. » 

3 min

Confidence de Blanche Gardin dans Boomerang

Ce qu'il n’oubliera jamais ?

AT : Camille qui appelle toute mon équipe, à la fin de l’émission, pour chanter Comme un Boomerang de Gainsbourg qui donne son titre à l’émission. Cette polyphonie, quelques jours après le 13 novembre, est devenu comme un hymne pour ma famille de radio. 

4 min

Toute l'équipe de "Boomerang", accompagnés de cinq choristes et dirigés par Camille chantent en direct à l'antenne

Le poète Yves Bonnefoy, peu de temps avant sa mort qui nous reçoit dans son petit salon, près de Montmartre, pour parler une dernière fois de poésie. 

Enfin Juliette Greco qui danse à mon micro, dans un moment de générosité, d’intelligence et de joie que je n’oublierai jamais. 

Et bien sûr

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Augustin Trapenard
Augustin Trapenard © Radio France / Christophe Abramowitz
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