Bubble, l'appli des amateurs de BD, vient de lancer un système de Click and Collect, qui réconcilie vente en ligne et librairie.

 La BD représente un chiffre d’affaires de 451 millions d’euros avec une croissance de 20% ces 10 dernières années
La BD représente un chiffre d’affaires de 451 millions d’euros avec une croissance de 20% ces 10 dernières années © AFP / Pierre Verdy

Un Français sur trois lit des bandes dessinées, comics, et autres mangas. Le lecteur de BD n'est pas un jeune geek : il l'a peut-être été, mais aujourd'hui il a plus de 40 ans, plus de 30 ans s'il est lecteur de manga. Et dans 40 % des cas, ce sont des femmes qui lisent des BD. Le genre s'est aussi beaucoup diversifié et enrichi au fil de temps : 5 000 nouvelles BD, mangas et comics sortent chaque année en France, autrement dit pas loin d’une centaine par semaine, soit quatre fois plus qu'il y a 15 ans. La BD est une grande personne dans le monde de la fiction, et un acteur majeur du marché du livre.

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Bubble, l'appli des fans de BD

Par Christine Siméone

Au rayon numérique en revanche, la BD n'a pas encore décollé. Lire des PDF de planches sur tablettes est plutôt une souffrance. Quelques expériences vraiment créatives ont émergé sur des expériences de BD comme Ici tout va bien, ou Phallaina. C'est ce qu'il faut avoir en tête quand on aborde les expériences de librairies numériques autour de la BD. Après Sequencity, qui s'est lancé avec l'idée de faire lire les bandes dessinées sur tablettes, Bubble, à son tour, veut convaincre les amateurs de petites et grandes cases, en restant proche du papier.

Ainsi, l'application à tête de singe un peu intello, choisit clairement le papier et les libraires. Fondé par Nicolas Dévé, elle propose donc la vente d'albums par le le biais d'un réseau de libraires qu'elle se promet d'étendre de mois en mois, (avec envoi soigné par la Poste), et elle permet à ses 50 000 utilisateurs de lister leurs propres BD, pour avoir la liste complète de sa bibliothèque dans son smartphone, voir ce qu'il manque dans une collections, et du coup les suggérer à l'achat.

Un marché à la recherche des bonnes formules en ligne

Récemment, Bubble a également mis en place un système de « Click & Collect » avec 19 magasins de Paris, Rouen, Grenoble ou Angers par exemple. Bubble s'arroge une commission sur les ventes. Un service physique que les libraires espèrent rendre à ceux qui veulent commander en ligne puis passer en boutique pour récupérer leurs livres. 

Un blog est adossé à l'appli. une fois par semaine Thomas Mourrier y propose un dossier sur une tendance, ou une analyse sur un style, un type de héros, etc.  Planches et extraits viennent illustrer le tout.

Bubble comme Sequencity sont encore des expériences naissantes, pas tout à fait assurées de leur avenir. Toutes ses tentatives ont pour finalité de réinventer une écosystème que les éditeurs semblent ne pas vouloir faire évoluer, et contourner la main-mise d'Amazon sur le marché. 

Ce que les professionnels et passionnés de BD espèrent un jour entrevoir, c'est le Netflix (européen de préférence) du genre. Car justement l'opérateur américain a déjà fait quelques tentatives, avec notamment l’œuvre d'un dessinateur français, Olivier Coipel, pour son Magic Order, écrit par Mark Millar. Netflix a ainsi marché sur les plates-bandes des éditeurs. Pourquoi pas d'autres ? Question d'investissements et d'argent. Pour l'instant, en France, on en reste à la librairie en ligne, avec animation de communauté de lecteurs et prescriptions.

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