2041, c’est-à-dire demain, le cloud (nuage numérique de stockage de données) explose. Tout ce qui est numérique disparaît. Enki Bilal imagine les conséquences. Entre SF et fable, une BD qui signe le grand retour de l’auteur de "La Foire aux immortels".

Détail de la couverture de Bug d'Enki Bilal
Détail de la couverture de Bug d'Enki Bilal © Casterman

Dans un monde hyper-connecté très proche du nôtre (dans 24 ans, seulement), que ce passerait-il si le système général tombait en panne ? Si toutes les données (datas) disparaissaient ? Les femmes et les hommes privés de leurs écrans errent, hagards, sans même se regarder dans les yeux. 

Des jeunes privés de leurs applications favorites se suicident. Les avions pilotés automatiquement se crashent, les codes oubliés empêchent les systèmes commandés numériquement de fonctionner. Kameron Obb est le seul survivant doté de mémoire et il semblerait qu’il ait récupéré toutes les données de l’humanité…

Dans cette fable réaliste en deux tomes, où les journalistes ont le mauvais rôle, l’humanité est devenue totalement dépendante de l’informatique. Privée de datas, elle en devient idiote. Enki Bilal revient avec Bug à un mode de narration plus classique pour nous faire part de ses angoisses. Hier politiques, elles sont, aujourd’hui, d’ordre informatiques. Le propos est noir et sans pitié pour les humains.

Bilal pose la question légitime d’une dépendance à un système que l’on ne maîtrise pas

Il évoque aussi le communautarisme, la famille, et la transmission de savoir entre les générations. Le dessin reconnaissable de l’auteur des Phalanges de l’ordre noir est mis au service d’un propos glaçant de réalisme dans un Paris du futur très ressemblant au nôtre. 

Rencontre avec Enki Bilal 

On est à une jonction dans l’histoire de l’humanité : le tout numérique entraîne un déficit de transmission.

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Le web est un nouveau totalitarisme

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J’ai toujours regardé le futur proche en me posant des questions. Ce sont des zones très peu regardées en France, c’est culturel.

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Les regards hagards, je l’ai lu : « Si un enfant voit trop d’écrans ou de jeux vidéo, il risque à l’âge adulte de ne plus pouvoir regarder un autre être dans les yeux »

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planche extraite de "Bug" d'Enki Bilal
planche extraite de "Bug" d'Enki Bilal / Casterman

Je ne me suis pas dit : « je vais réhabiliter les vieux », mais à un moment les personnes plus âgées sont les seules à encore savoir faire certaines choses comme conduire un avion.

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Planche extraite de "Bug" d'Enki Bilal
Planche extraite de "Bug" d'Enki Bilal / Casterman

Feuilletez quelques pages de Bug d'Enki Bilal : 

Regardez sa précédente leçon de dessin

Bug, d’Enki Bilal est publié chez Casterman

►►► Lire aussi The Private Eye de Marcos Martin, et Brian K Vaughanchez Urban Comics qui traite du même sujet, mais sous l’angle des données personnelles

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