La voix brûlée, béret de marin ou casquette à la Gabin, gueule à la Audiard, grands yeux noirs aux airs de chien battu surmontés de broussailles, gueule de boucanier … tous ceux qui ont (d)écrit Foulquier ont été marqué par le personnage.

Foulquier 1994
Foulquier 1994 © Roger Picard

Une présence physique, un charisme évident et un sacré tempérament, qui a marqué la radio.

Et un rire qui roulait comme un torrent :

Entré à 23 ans comme standardiste à France Inter, il s’ennuie à périr. De blagues en canulars, son impertinence le fait repérer par le taulier Roland Dhordain qui lui fait faire ses classes à l’antenne dans "Inter Services Routes". En 1975, il lui confie une émission la nuit. Deux heures de direct, ce sera le mythique Studio de nuit qui devient le rendez-vous des artistes. Des inconnus comme Aubert et Renaud y côtoient Moustaki , Higelin ou Brassens , auditeur insomniaque qui débarque à l’improviste en simple spectateur.AprèsStudio de nuit , viendront Saltimbanques (1977), Y’a d’la chanson dans l’air (1979) et Pollen en 1984. Cette même année, il rêve un festival qui – à l’instar des festivals québécois qui l’ont toujours fasciné – réunirait des artistes francophones. « L’idée des Francofolies est née à Montréal » mais a pris vie à La Rochelle, un soir d’hiver lors d’une décentralisation de Pollen :

Après l’émission, je vais prendre un verre avec mon réalisateur Gilbert Aumont dans un boîte qui donne sur la plage. A 3 h du matin, nous décidons de rentrer à l’hôtel en improvisant une petite marche le long des remparts. Nous passons pour rejoindre le port par le parking Saint-Jean-d’Acre. Le froid nous saisit avec une violence rare mais, au lieu de hâter notre marche, je suis comme transi sur place par une révélation qui s’abat sur moi en une déflagration lumineuse. Je deviens fou, m’agitant de contorsion en contorsion et accélérant mon débit de paroles jusqu’alors glacé par les frimas. Je répète à Gilbert Aumont stupéfié par ma folie soudaine : « Je vois tout, je vois tout ».

Cette vision se réalise dès la première édition en 1985 : Bernard Giraudeau descendant en rappel la Tour de la Chaîne, Diane Dufresne traversant l’Océan Atlantique pour chanter sur la place de l’Hôtel de Ville de La Rochelle, Jacques Higelin affrontant des températures caniculaires, mais aussi Jesse Garon, Catherine Lara, Hubert-Felix Thiefaine…

Michel Crépeau Francofolies
Michel Crépeau Francofolies © MaxPPP

Un rêve de passionné qui déplacera des montagnes : car si les artistes répondent présents à l’appel de leur ami Foulquier, d’autres difficultés surgissent. La veille d’ouverture de la 1e édition, la SNCF appelle Foulquier : les deux derniers trains de la journée sont à quai, bourrés de festivaliers. Aucun point d’information n’est prévu, ni aucun hébergement pour les milliers de sacs de couchage qui débarquent en ville. Le soir du concert d’Higelin, la chaleur est telle, qu’avec l’aide de la mairie, Foulquier fait rouvrir toutes les épiceries de la ville pour réquisitionner et distribuer les bouteilles d’eau à un public desséché.Des frayeurs dont, à l’antenne, il s'amuse avec Michel Crépeau , maire de La Rochelle :

C'est Pierre Meige qui ouvre la première édition des Francos :

Tout va bien capitaine Foulquier

Le mot de la fin revient à Foulquier : «J'ai trois amours : La Rochelle, la chanson et la fête. J’ai donc décidé de faire la fête à La Rochelle avec le premier Festival de la chanson francophone… C’est pas fou ça ? »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.