Pour la première fois en France, le Musée Jacquemart-André présente une exposition consacrée aux deux plus grands noms de la veduta : « Canaletto – Guardi, les deux maîtres de Venise ». Spécialiste internationalement reconnue des peintures de vues du XVIIIe siècle italien, l'exposition réunit pour l’occasionplus d’une cinquantaine de chefs-d’œuvre qui rendent gloire à Venise.

De ses origines jusqu’à son apogée, la veduta est révélée dans toute sa richesse à travers les principaux maîtres du genre, et notamment les deux plus importants : Canaletto et Francesco Guardi . Autour d’eux : Gaspar van Wittel , Luca Carlevarijs , Michele Marieschi et Bernardo Bellotto.

Cet événement au Musée Jacquemart-André est réalisé grâce au soutien des plus grands musées européens et américains comme la Frick Collection (New-York), le Philadelphia Museum of Art (Philadelphie), le British Museum (Londres),la National Gallery (Londres), le Louvre (Paris), l’Alte Pinakothek (Münich), le Musée Thyssen-Bornemisza (Madrid)... Il s’appuie également sur de prestigieuses collections comme la Collection Royale de la Couronne britannique dont les toiles de Canaletto, qui n’avaient jusque-là jamais été présentées dans une exposition temporaire, répondent admirablement à celles de la collection permanente d’Edouard André et Nélie Jacquemart.

Canaletto - L’Embouchure du Grand Canal, et  vue de l’extrémité occidental du Môle - 1722
Canaletto - L’Embouchure du Grand Canal, et vue de l’extrémité occidental du Môle - 1722 © Musée de Grenoble

Face à face entre védutistes

Dans un jeu scénographique et didactique qui fait dialoguer les toiles des védutistes, Bożena Anna Kowalczyk met plus particulièrement en regard la filiation entre Canaletto et Guardi . Les comparaisons mises en scène au Musée Jacquemart-André démontrent comment certaines vues de Venise peintes par Canaletto dans sa jeunesse ont pu influencer Guardi, mais aussi Bellotto et Marieschi. L’exposition amène à apprécier les différences de style, la manière dont les uns et les autres s’attachent à rendre la perspective, la lumière, l’architecture… On appréciera particulièrement dans la peinture de Canaletto une recherche de luminosité intense et une rigueur quasi scientifique dans le rendu des détails et des architectures . Le Musée Jacquemart-André rend par ailleurs un bel hommage à Guardi à l’occasion du trois-centième anniversaire de sa naissance , et présente plusieurs chefs-d’œuvre de celui qui a magnifié Venise avec une grande sensibilité et liberté de style.

Venise, réelle et fantasmée

Des campi aux fameux ponts et lagune de Venise sans oublier ses légendaires fêtes et cérémonies, ce sont tous les visages de la Sérénissime qui sont révélés au Musée Jacquemart-André. On y découvre également une facette moins connue de la production des védutistes : celle des « caprices ». Au milieu de ruines gagnées par la végétation, on reconnaît dans ces paysages fantaisistes des éléments d’architecture classique. Ainsi est décomposée puis recomposée la réalité vénitienne, dans des vues imaginaires et poétiques.

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