"Benoît Magimel est très bien, Depardieu, plus Brando que jamais et Dani, magnifique !" Même s'ils sont partagés sur le film, les critiques du Masque et la Plume se retrouvent sur ce point.

Benoît Magimel et Olivier Marchal
Benoît Magimel et Olivier Marchal © Mika Cotellon / 2016 – LES FILMS MANUEL MUNZ – EUROPACORP – NEXUS FACTORY – UMED

Jérôme Garcin : "J'ai pas tout compris !"

Carbone, le nouveau film de cet ancien flic de la criminelle et de l'anti-terrorisme devenu le réalisateur de 36 quai des Orfèvres et des Lyonnais.

C'est un film qui porte sur une sombre affaire d'arnaque à la fameuse taxe carbone. Dès le premier plan, Benoît Magimel, au moment où il rentre chez lui, se fait tirer dessus et baigne dans son sang, donc on comprend que ça va mal finir pour lui.

La suite est donc un retour en arrière qui est long d'1h45 : on voit Magimel déposer le bilan de sa PME et se renflouer en lançant, à l'échelle mondiale, une fraude à la taxe carbone.

J'ai pas tout compris ! J'ai vu que c'était une sublime arnaque parce que ça rapporte des milliards, mais j'ai du mal à comprendre le procédé.

Il faut ajouter Depardieu, que j'adore toujours, plus Brando que jamais, en beau-père et parrain juif. Laura Smet, en très mauvais état à la fin du film et Dani, que j'ai trouvé très touchante en maman dépassée par la voyouterie de ses fils et en même temps toujours là pour les défendre. 

Et enfin, le dernier plan, qui est aussi le premier, montre que rien n'est aussi simple !

Danielle Heymann : "j'ai été épuisée de ne fréquenter que des gens très antipathiques pendant 1h45"

J'ai eu un peu de mal. J'ai rien compris à l'arnaque. Un casse virtuel à un milliard d'euros sur la taxe carbone, ça m'a dépassée. Donc je ne me suis pas tellement intéressée à l'arnaque elle-même, et à un moment donné j'ai été épuisée de ne fréquenter que des gens très antipathiques quand même.

Le pauvre Magimel, il fait ce qu'il peut et il est bien d'ailleurs dans ce qu'il a à faire. Mais tout l'entourage, ce sont vraiment des gens que je n'ai pas envie de fréquenter pendant 1h45.

Celle qui m'a émue, et je la trouve magnifique : Dani, qui est la Mère, une mère et toutes les mères, et qui arrive, avec un petit rôle de tenancière de bar essayant de protéger ses garnements, d'avoir une émotion, une justesse et une présence. Donc je sauve Dani d'un film qui par ailleurs ne m'a pas passionnée.

Dani
Dani / Mika Cotellon / 2016 – LES FILMS MANUEL MUNZ – EUROPACORP – NEXUS FACTORY – UMED

Pierre Murat : "moi qui aime bien les polars, j'ai été un peu déçu"

Pas grand chose à ajouter. Moi non plus je n'ai rien compris, mais je crois que ce n'est pas très grave puisque j'ai entendu sur une radio périphérique le réalisateur dire qu'il n'avait rien compris non plus. Le problème c'est que ce que l'on comprend n'est pas passionnant.

Ça m'a rappelé les films d'Alexandre Arcady. Je trouve que Magimel est vraiment bien. Laura Smet n'a rien à faire à part prendre des coups, la pauvre.

Nicolas Schaller : "pas très inspiré"

Quand Olivier Marchal est arrivé on disait qu'il avait un peu renouvelé le polar français. Il avait amené une forme d'expertise du terrain et de connaissance et de gouaille du milieu. Je trouve qu'il est arrivé au bout d'un système et qu'on est un peu épuisés.

C'est un peu la litanie des effets Marchal : ces personnages de types cramés, ces BMW à vitres teintées, la coke, la nuit... C'est un peu tous les stéréotypes "marchaliens".

L'erreur c'est d'avoir voulu en faire une tragédie et d'avoir expliqué dès le début que le personnage mourrait. Le film devient très prévisible, et je trouve ça pas très inspiré.

Sophie Avon : "un peu lourd, un peu chargé, mais c'est assez fort"

Je ne suis pas d'accord sur la tragédie. Ça, c'était intéressant. Parce que justement tout le monde le prévient qu'il ne faut pas y aller : c'est ça la tragédie. Ce sont les pythies, les Cassandre...  et ça se fait quand même.

Il arrive à choper quelque chose d'assez ambigü sur le vertige qu'il y a à se perdre. On a le sentiment à un moment donné que Benoît Magimel y va aussi parce qu'il y a le plaisir de sa propre chute. Et je trouve que ça c'est assez beau. il y a quelque chose d'élégiaque dans le film.

Benoît Magimel et Gérard Depardieu
Benoît Magimel et Gérard Depardieu / Mika Cotellon / 2016 – LES FILMS MANUEL MUNZ – EUROPACORP – NEXUS FACTORY – UMED

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