La romancière, grande révélation de cette rentrée littéraire, était l'invitée de "Boomerang". Au micro d'Augustin Trapenard, pour sa carte blanche, Fatima Daas a écrit une lettre pour la jeunesse et la génération de demain qu'elle conçoit plus que jamais libre et plurielle.

Carte blanche - Le manifeste de Fatima Daas pour la jeunesse
Carte blanche - Le manifeste de Fatima Daas pour la jeunesse © Radio France / France Inter / Service web

La romancière française d’origine algérienne, musulmane pratiquante, lesbienne, âgée de 25 ans, est l'une des grandes révélations littéraires de cette rentrée avec la consécration de son premier ouvrage, La petite dernière, dans lequel elle raconte comment elle a progressivement appris à assumer pleinement ses multiples identités et à se mettre à nu sans se renier. Il s'agit de raconter et de partager la fragilité existentielle que de nombreuses personnes peuvent ressentir aujourd'hui au quotidien vis-à-vis d'une identité qu'ils ont du mal à afficher par peur de paraître transgressifs. 

C'est pourquoi Fatima Daas a profité de sa carte blanche, aux côtés d'Augustin Trapenard, pour rendre hommage à la jeunesse et à la génération de demain, tout en lui adressant ses plus grands remerciements pour ce qu'elle a contribué à lui apporter  : 

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Carte blanche - Fatima Daas honore la jeunesse et la génération future libre et plurielle

Par Fatima Daas

"À la jeunesse, j’écris cette lettre qui n’est pas un manifeste, j’écris à la jeunesse à la marge, à la jeunesse qui a faim, à la jeunesse isolée, en deuil, brisée, ensauvagée, en colère, enragée, impatiente, révoltée.

Chère jeunesse, aujourd’hui, je n’ai pas de conseils ni de solutions à te donner.

Je viens sans ordre, sans exigence, sans injonction, sans assignation.

Jeunesse, je te vois libre et plurielle.

Je t’imagine multiple, ambigüe, pas lisse, pas malléable, inatteignable, complexe.

Tu m’intrigues jeunesse, tu es forte en douceur.

Mystérieuse, atypique, rebelle.

Tu es belle quand tu hurles fort dans la nuit, quand tu danses jusqu’à pas d’heure, tu es belle quand tu es inadaptée, quand tu te sens à côté, en dehors, tu es belle quand tu es bizarre, quand on te dit que tu es folle, hystérique, anormale.

Je t’aime jeunesse maladroite, je t’aime quand tu n’arrives pas à parler, quand tu dérapes, quand tu cries à la liberté, quand tu t’indignes, quand tu rassembles, quand tu marches sans destination. Quand tu fais preuve de sororité.  Quand tu interviens devant l’injustice, quand tu refuses de critiquer ton adelphe.

Tu es belle quand tu ne ressembles à rien, quand tu te réinventes, quand tu brûles les normes, quand tu détruis ce qui te détruit, quand tu portes les vêtements que tu veux, ou quand tu n’en portes pas, quand tu ne laisses personne te réduire, te faire renoncer ou t’exclure.

Tu es belle quand tu déranges, quand tu questionnes, quand tu démanges".

À la jeunesse j’écris merci, je dis courage !

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