Alors que s’est ouvert il y a quelques jours le procès de l’attentat du 7 janvier 2015, Catherine Meurisse, dessinatrice de presse à Charlie pendant dix ans, témoigne de sa vie après les événements. Elle a raconté à Vincent Josse dans "Le Grand Atelier" comment son dessin, lui aussi, a changé de nature.

Catherine Meurisse à la BPI
Catherine Meurisse à la BPI © Radio France / Vincent Josse

Entrée à la rédaction de Charlie hebdo à 25 ans comme dessinatrice de presse, Catherine Meurisse quitte le journal dix ans plus tard, suite à la tuerie du 7 janvier. Parmi ceux qui lui furent enlevé ce jour funeste : ses ainés, Cabu et Wolinsky, et bien d'autres amis qui formaient à Charlie une "famille". Après le massacre qui décime la rédaction, Catherine collabore au numéro dit des "Survivants" puis quitte le journal pour se reconstruire. Dès lors, elle aborde dans son dessin et ses récits une expression plus personnelle comme en témoigne La légèreté, une bande dessinée parue un an après l'attentat et préfacée par Philippe Lançon.  

Tout ce que nous vivons depuis lors est filtré par l’événement. Ph Lançon

Dessin extrait de La légèreté

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Arrivée en retard à la conférence de rédaction suite à un chagrin d’amour, Catherine Meurisse a échappé de peu au massacre. Ce n’est pas le cas de nombre de ses amis parmi lesquels l’écrivain et journaliste Philippe Lançon. Lourdement blessé, il a raconté son épopée intime et sa longue reconstruction dans Le Lambeau, salué par le Prix Renaudot. Tout comme Catherine Meurisse avec La légèreté, il rend hommage à la mémoire et l’esprit de liberté de ses camarades journalistes et dessinateurs de presse. Philppe Lançon et Catherine Meurisse n'ont pas souhaité prendre part au procès qui se tient actuellement.

Les attentats de janvier 2015 en procès 

J'ai préféré faire ce que je savais faire : du dessin.

Lorsque Vincent Josse interroge Catherine Meurisse au sujet  de son moral à l'heure où se tient le procès, les premiers mots qui lui viennent sont : "Ça pourrait aller mieux".

Je me sens proche de mes amis qui témoignent, je suis pleine d’admiration pour leur courage, c’est très douloureux… Je trouve leur parole lumineuse, je les ai régulièrement au téléphone, je suis admirative, je les trouve magnifiques tous ces survivants

Si elle a préféré ne pas se rendre aux assises, l'auteure illustratrice se tient proche de ses anciens collègues et espère un apaisement à l’issue du procès. Je souhaite que la justice fasse son travail et que cela soulage mes amis.

L’après Charlie et l’évolution de son dessin

Catherine Meurisse à la BPI
Catherine Meurisse à la BPI © Radio France / Vincent Josse

La liberté, je l’ai apprise à Charlie, aux côtés de Cabu, Charb et les autres, mais je dois la défendre encore plus maintenant qu’ils ne sont plus là !

Face au poids écrasant de la violence, il est devenu essentiel pour Catherine Meurise de cultiver son sens de la légèreté et son goût de la beauté. Son dessin en a pris un bon coup dans la poire, confesse-t-elle à Vincent Josse. Si l’humour est toujours présent dans son univers et son regard, elle reconnaît une évolution manifeste de son expression : "J’avais tendance à pratiquer le dessin burlesque parfois extrêmement trash ou violent, sans mes copains de Charlie, je pratique un dessin sans doute un peu plus tendre, avec un peu moins de gifles. "

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Si le réel a pris "du plomb dans l’aile", le dessin de Catherine a "pris du poids en légèreté" écrit son ami Philippe Lançon dans la préface de La Légèreté. Dans sa vie, la littérature, la peinture, la musique et l’émoi ressenti face à la nature tiennent une place de choix, ils l’aident à vivre et nourrissent son imaginaire et son dessin. Les grands espaces paru en 2018 raconte son enfance à la campagne et l’importance de la nature dans sa vie.

"Je crois qu’on a besoin de s’émerveiller devant la nature, je n’en ai pas fait le tour. Dans mon prochain album, je parlerai de la campagne japonaise que j’ai visitée. Elle est singulière et pourtant je m’y suis retrouvée."

Je dessine toujours, cela me fait tenir debout et m’apporte de la joie.

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