C'est pendant la guerre qu'il avait commencé son activité de dessinateur, employé par l’Association des déportés du travail, fournissant aussi une bande dessinée au journal "Le Déporté du travail". Il se lance comme dessinateur à plein temps à la fin des années 40, activité dont il parvient à tirer un revenu qu'il juge convenable. Il adopte alors le pseudonyme de Sépia, qu'il utilise jusque dans les années 1960.

En janvier 1954, Cavanna devient collaborateur d’une publication toute nouvelle,le magazine Zéro , créé par Jean Novi, dont il va devenir rédacteur en chef. Il s'agit d'un "journal de colportage" : parmi les colporteurs apparaît bientôt un ex-engagé en Indochine, Georges Bernier, que son efficacité comme vendeur mène au rang de directeur des ventes. Cavanna abandonne l'activité de dessinateur pour se consacrer à l'écriture, tout en se formant aux aspects techniques du journalisme (mise en page…). Mais il se sent à l'étroit.Après la mort de Jean Novi, Cavanna s'associe avec Georges Bernier et quelques autres pour fonder en 1960 le magazine Hara-Kiri (mensuel), puis en 1969 Hara-Kiri Hebdo qui deviendra ensuite Charlie Hebdo.

Wolinski, Cavanna et Cabu
Wolinski, Cavanna et Cabu © Stephane Cardinale / People Avenue / Corbis

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En mai 1968, François Cavanna est brièvement hospitalisé pour une crise hémorroïdaire. Il ne peut donc pas, à son grand regret, participer aux événements. Cet épisode est raconté avec humour dans son ouvrage "Les yeux plus grands que le ventre".

Cavanna et Delteil de Ton
Cavanna et Delteil de Ton © Radio France

Durant les années 1970, l'histoire de Charlie Hebdo est marqué par le départ de Delfeil de Ton. Cavanna et lui se sont gravement brouillés au début des années 1970. Probablement pour une affaire non pas politique, ni littéraire, mais personnelle, comme ils l'ont l'un et l'autre laissé sous-entendre à plusieurs reprises. Cavanna se montrera navré de la décision de DDT de quitter Charlie Hebdo, et cela affectera quelque temps sa production littéraire dans l'hebdomadaire. Il le défendra contre des attaques de Jacques Martin, insistera sur le fait que "Delfeil a sa place ici à Charlie Hebdo et peut revenir quand il le voudra", peine perdue : la rupture est consommée.Plus de 30 ans plus tard les deux hommes donnent une interview commune à l'occasion de la parution de l'ouvrage consacre au magazine Hara Kiri, intitule : Hara Kiri, les belles images

Cavanna fut considéré par Pierre Desproges comme l'un des derniers grands écrivains vivants : "Seule la virulence de mon hétérosexualité m'a empêché à ce jour de demander Cavanna en mariage." Desproges, qui collabora à Charlie Hebdo (première mouture) pendant la dernière année (1981-1982), admirait le talent de Cavanna qu'il comparait à un Rabelais moderne. Selon lui, Cavanna était un des derniers honnêtes hommes de ce siècle pourri (le XXe) et l'inventeur d'une nouvelle presse.> (Ré)écoutez le réquisitoire de Pierre Desproges au Tribunal Des Flagrants Délires (France Inter 1982).

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Dans "Les Ritals" (paru en 1978), Cavanna retrace son enfance dans les rues de Nogent-sur-Marne. Son père, maçon italien - "Rital" illétré, est la figure centrale du roman. Qui s'achève par « J'étais parti pour raconter les Ritals, je crois qu'en fin de compte j'ai surtout raconté papa. »

En janvier 2011, le site Web BibliObs publie les bonnes feuilles du dernier ouvrage de François Cavanna, "Lune de miel" (Gallimard), dans lequel celui-ci révèle publiquement être atteint de la maladie de Parkinson, qu'il qualifie de "salope infâme"

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