Revivez les meilleurs moments de Boomerang cette semaine : Augustin Trapenard recevait la célèbre éditrice Teresa Cremisi , l'actrice Doria Tillier à l'affiche de "La belle époque", le romancier Sylvain Prudhomme, le metteur en scène Krzysztof Warlikowski et Jean-Louis Aubert pour son dernier album "Refuge".

"Ce qui est merveilleux dans l'écriture, c'est la conquête de la liberté" - Boomerang
"Ce qui est merveilleux dans l'écriture, c'est la conquête de la liberté" - Boomerang © Getty / Westend61

Joséphine Dumoulin a préparé rien que pour vous le best-of deBoomerang de la semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard : 

12 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 8 novembre 2019

Par Joséphine Dumoulin

Teresa Cremisi

La célèbre éditrice, anciennement de Flammarion et de Gallimard, est venue se confier sur son amour de la lecture, de la littérature et du roman au micro d’Augustin Trapenard : 

Revoir l'émission 

"La France et Paris représentaient, pour moi qui suis née en Egypte à Alexandrie, d'une famille très cultivée qui parlait français sans qu'on ait une seule goutte de sang français, le lieu où je devais finir ma vie". 

Je suis devenue éditrice parce que je pensais que je n'étais pas tout à fait une artiste. J'ai décidé d'être au plus près de la création littéraire

Doria Tillier

La comédienne joue dans "La belle époque", le dernier film de Nicolas Bedos, aux côtés de Daniel Auteuil, Fanny Ardant et Guillaume Canet : 

Vers l'émission 

"Le temps qui passe, c'est pour moi quelque chose auquel je pense presque tout le temps, c'est la chose la plus insaisissable, c'est le seul endroit où on peut aller, on peut voyager où on veut. Mais dans le passé on ne peut jamais s'y rendre, et ce caractère-là du temps passé me chamboule beaucoup. Les souvenirs sont toujours des choses que l'on invente sans jamais savoir ce qu'est vraiment leur réalité, on ne sait jamais vraiment ce qui est vrai et faux

Quand on dit qu'on joue pour vivre d'autres émotions, d'autres vies, ce n'est pas que cela : on joue pour montrer aux autres la vision que l'on a de cette situation-là". 

Sylvain Prudhomme

Son dernier roman, "Par les routes", déjà salué par le prix Landernau, a remporté, le prix Femina :

Vers l'entretien 

"Je pense qu'on pourrait ramener presque toutes les questions à des questions de temps. Le moment où on est surmené, c'est lorsqu'on n'est pas capable de s'installer dans un temps suffisamment calme, assez patient alors que les moments de contemplation c'est lorsque le temps s'arrête. 

On pourrait tout décrire à partir de notre manière de nous inscrire dans le temps

Je pense qu'on écrit pour aller réhabiliter le temps, on retourne séjourner dans des moments qu'on a vécus, qu'on a rêvés mais il y a vraiment quelque chose qui fait qu'on recrée notre temps propre : le temps de lire, le temps de l'écriture. 

Ce qui est merveilleux dans l'écriture, c'est que l'on peut tout essayer, les personnages peuvent faire tout ce qu'on veut, c'est la conquête de la liberté pour soi-même. Livre après livre, on tente de nouvelles choses, on se dit que c'est comme l'élargissement d'un territoire intérieur qu'on explore, on est au plus près de soi, au plus près de la complexité des choses que l'on ressent : des sensations, des confusions ressenties. Et si jamais on arrive à décrire cela assez fidèlement, ça a toutes les chances d'être vécu au même moment".

Krzysztof Warlikowski

Boomerang recevait le grand metteur en scène polonais à l'occasion de son dernier spectacle Don Carlo à l'Opéra Bastille : 

Vers l'émission 

"La chute du mur, c'est la perspective de cette liberté qui était pour un jeune homme comme moi la donnée la plus intéressante : la vie s'ouvrait pour moi et si ça n'avait jamais changé, je crois que je serai encore de l'autre côté. 

C'était un peu dur de vivre toute cette période en Pologne, et si ça avait dû continuer, j'aurais choisi d'aller en France ou d'aller dans un autre pays". 

Jean-Louis Aubert

Le chanteur et grand symbole de la chanson française était l'invité d'Augustin Trapenard à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Refuge" : 

Vers l'entretien

"Je me demande comment ce que je pouvais écrire étant jeune, parmi les mille glaces qui déforment ma vie, est exactement ce que je pense aujourd'hui, ce fil intérieur qui me dépasse complètement c'est comme-ci tout était écrit à l'avance. 

Quand je me suis mis à découvrir Barbara, je l'ai abordée sans la connaitre bien. Le plus jolie message est le dernier fax que j'ai reçu d'elle : « je ne pourrai pas venir à l'Olympia mais je suis et je serai toujours dans ta guitare » ; et quand j'ai fait le premier Olympia, elle était décédée la veille".

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