La Game Boy, emblématique console de Nintendo, fête ses 30 ans ce week-end. Depuis le lancement de son premier modèle en 1989, toutes ses déclinaisons ont connu le succès... au point d'éclipser toute tentative concurrente de lancer d'autres consoles portables, même lorsque celles-ci étaient techniquement meilleures.

La Nokia N-Gage est l'un des plus gros flops de l'histoire des consoles portables (mais est-ce vraiment une console ?)
La Nokia N-Gage est l'un des plus gros flops de l'histoire des consoles portables (mais est-ce vraiment une console ?) © AFP / BERND WEISSBROD / DPA / dpa Picture-Alliance

La Lynx 

Il fut un temps où Atari, aujourd’hui éditeur de jeux vidéo, était aussi un fabricant de consoles de jeu à succès (dont la fameuse Atari 2600). Le fabricant sort sa première console portable en 1989, la même année que la Game Boy. Et elle est techniquement bien meilleure que cette dernière, avec un écran en couleur rétroéclairé et de bien meilleurs graphismes que la console de Nintendo.

Mais alors, pourquoi a-t-elle été battue par la Game Boy ? Par manque de jeux emblématiques d’une part, pour cause de très mauvaise autonomie d’autre part, et en raison d’une campagne de communication très agressive de Nintendo.

La Game Gear...

Sortie en 1990, cette console est l’une de celles qui ont le "moins mal" tiré leur épingle du jeu face au mastodonte de Nintendo. Et pour cause : elle était fabriquée par le plus gros concurrent de la firme : Sega. Avec ce modèle, Sega est persuadé de mettre fin au règne de la Game Boy. Son écran couleur et sa compatibilité avec des jeux de la console Master System II en font une console plus avancée technologiquement que sa concurrente.

Mais la console, deux fois plus lourde que la Game Boy, consomme aussi près de dix fois plus de piles... pour un prix double aussi. Au niveau mondial, il s’est venu près de dix millions de Game Gear... contre 118 millions de Game Boy.

…. et la Sega Nomad 

Celle-ci est sortie en 1995, et seulement en Amérique du Nord. Elle est la digne héritière de la Game Gear : comme cette dernière avec les jeux de la Master System II, elle permet de jouer aux jeux de la Megadrive. Mais elle présente exactement les mêmes inconvénients : encombrement, prix élevé, autonomie faible. Résultat : elle s’est vendue à un million d’exemplaires à peine.

La Game.com 

L'entreprise qui a lancé cette console en 1997, Tiger Electronics, est celle à qui l’on doit le Furby, cette agaçante petite peluche parlante. Quelques mois avant la sortie de ce jouet, Tiger lance une console portable au nom évocateur : la Game.com, capable via un modem de se connecter à Internet, et disposant d’un écran tactile. Seulement son catalogue de jeux est resté très restreint –le jeu le plus vendu est une adaptation du jeu électronique Lights Out, et la console ne se vend qu’à 300 000 exemplaires.

La Neo Geo Pocket 

Lancée par SNK, spécialiste des consoles d’arcade, en 1998, la Neo-Geo Pocket (puis sa version Color mise sur le marché l’année suivante), n’a été commercialisée qu’à Hong-Kong et au Japon. Elle propose des jeux assez variés (dont des jeux Sega) avec une bonne qualité d'image, et fonctionne avec seulement deux piles qui lui assurent une bonne autonomie. Problème : cette console est arrivée entre la Game Boy Color et la Game Boy Advance, deux déclinaisons du mastodonte de Nintendo, qui l'ont rendue presque invisible.

La WonderSwan 

C'est le fabricant de jouets Bandai qui propose cette machine, sortie en 2000. L’objectif : freiner les ventes de Nintendo, qui ont fait baisser la demande de jouets traditionnels. Et pour ce faire, elle débauche le concepteur de la Game Boy, Gunpei Yokoi, qui meurt avant la fin du développement de la machine dans un accident de la route. Elle sort en 1999 à tout petit prix (moins de 40€), avec une autonomie record et... quatre jeux, pas plus, au lancement. Elle se vend plutôt bien au Japon (plus de deux millions d’exemplaires), mais ne pourra pas tenir tête à la Game Boy, faute de bons jeux exclusifs. Bandai finit par abandonner sa console, pour développer des jeux sur Game Boy Advance.

La N-Gage 

Console de jeux ? Téléphone portable ? La N-Gage est un peu des deux. Cette console est signée Nokia, qui se lance bien avant tout le monde sur un marché aujourd’hui incontournable : celui du jeu sur mobile. Ce téléphone portable a une allure horizontale qui lui donne des faux airs de console de jeu (à moins que ce ne soit l’inverse). Mais elle présente de nombreux défauts, dont son prix et son catalogue de jeux, essentiellement des rééditions. Ce à quoi il faut ajouter une prise en main étrange lorsqu’on essaie de téléphoner : les écouteurs sont placés... sur la tranche de l’appareil. Résultat : la N-Gage est un flop monumental.

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