Le Parc Astérix et le Puy du Fou ouvrent leurs portes ce samedi pour leur nouvelle saison - comme beaucoup de parcs d'attraction en France, qui ne sont pas ouverts toute l'année. Face au mastodonte de Disney, certains arrivent à se faire une place, quand d'autres ont dû jeter l'éponge ces trente dernières années.

Le Futuroscope est l'un des parcs les plus visités en France
Le Futuroscope est l'un des parcs les plus visités en France © AFP / FRANK PERRY

Qui irait passer des heures dans des files d'attentes pour les beaux yeux d'une souris aux grandes oreilles, d'un canard qui porte des marinières et de quelques personnages vus au cinéma ? C'est pourtant ce qui fait de Disneyland Paris le lieu touristique le plus visité de Seine-et-Marne (et, accessoirement, de France et d'Europe). C'est aussi l'un des seuls parcs d'attractions, en France, à être ouvert toute l'année. 

Pour les autres, l'ouverture de la saison a lieu au début du printemps : c'est le cas, ce samedi, du Parc Astérix et du Puy du Fou, deux des plus gros challengers de Disneyland. Car en France, à côté du géant américain, des dizaines de parcs tentent d'exister. Et si certains ont su tirer leur épingle du jeu grâce à un concept fort ou à des attractions originales, d'autres ont fait les frais de la concurrence... ou tout simplement de leur mauvaise gestion. 

Les tops des parcs d'attraction

Le parc Astérix - Ils devaient être vraiment fous, ces gaulois, pour lancer la construction d'un parc d'attractions en 1987, l'année où Disney signe un accord avec les pouvoirs publics pour la construction d'un parc près de Paris. Ouvert en 1989, le parc Astérix est le résultat du croisement entre des influences américaines et un scénario très français (conçu par Uderzo, Pierre Tchernia, Gotlib, Roger Carel, Gérard Hernandez et Fred). S'il a subi un coup dur en 1992 avec l'ouverture d'Euro Disney, il est rapidement devenu rentable (dès 1994), ce qui n'a jamais été le cas du parc de Mickey. En 2018, le parc a reçu plus de 2,17 millions de visiteurs, son record historique. Mais ce n'est pas le deuxième parc de France...

Le Futuroscope - Là encore, c'était un projet fou, et le rêve d'un homme, l'ancien ministre René Monory, alors président du conseil général de la Vienne. Il rêvait d'un "observatoire du futur" (vous sentez arriver le nom du parc ?), capable d'être à la fois un lieu de loisirs et un pôle d'attractivité pour des entreprises innovantes. Ce sera le Futuroscope. Minimaliste à son ouverture en 1987, il ne compte que deux "pavillons", mais s'enrichit rapidement de ces bâtiments aux lignes futuristes qui accueillent des attractions dédiées aux nouvelles technologies, dont beaucoup de cinémas dynamiques en 3D. Récemment, le parc s'est offert une nouvelle attractivité en accueillant des licences comme les Lapins Crétins ou Arthur et les Minimoys. Loin de son record d'affluence (en 1997 avec près de 3 millions de visiteurs), le parc a reçu 1,85 millions de visiteurs en 2018. Toujours pas le numéro deux français.

Le Puy du Fou : Qui le croirait, là encore ? Astérix et le futur se font damer le pion par Philippe de Villiers dont le parc prend la deuxième place en France, en terme de fréquentation. Alors qu'il n'est encore que vice-président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers imagine et réalise la première édition de la Cinéscénie, un spectacle géant sur l'histoire de la région. C'est le coup d'envoi de ce qui est devenu par la suite le parc du Puy du Fou, qui accueille essentiellement des spectacles et quasiment aucun manège. En 2018, 2,3 millions de visiteurs s'y sont rendus. 

Nigloland : Beaucoup moins médiatique que ces trois derniers, Nigloland, dans l'Aube, a pourtant accueilli 655 000 visiteurs en 2018. Comme la plupart des parc, il est divisé en "mondes" thématiques : "Le village canadien", "Le village rock n'roll", "Le village merveilleux" et "Le village suisse". Quel rapport entre les quatre ? On ne sait pas trop. Mais en mêlant attractions à sensation (cinq montagnes russes) et manèges pour les petits, ce parc, ouvert en 1987, a trouvé semble-t-il une bonne recette du succès. 

La mer de sable : C'est le plus ancien parc encore en activité : il a ouvert ses portes en 1963, sous l'impulsion de l'acteur Jean Richard, qui a loué une "mer stampienne" recouverte de sable à Ermenonville dans l'Oise. Il compte aujourd'hui 26 attractions. Mais sa fréquentation, qui avoisinait les 500 000 visiteurs par an au début des années 2000, s'est mis à dégringoler après la reprise par la Compagnie des Alpes (déjà propriétaire du parc Astérix). La reprise du parc par un autre groupe, Looping, en 2015, a permis à la courbe de remonter d'année en année. En 2018, il accueillait tout de même un peu plus de 358 000 personnes. 

Les plus gros flops

Mirapolis : C'est le plus connu des échecs de parcs d'attraction : ouvert en 1987 à Cergy-Pontoise, il était annoncé comme "le premier grand parc d'attractions français". Consacré aux personnages de la littérature française, il a pour emblème un Gargantua géant qui abrite un manège représentant l'intérieur du corps du géant. 

Visé par des manifestations de forains, il est ensuite repris par ces mêmes forains (et à leur tête, Marcel Campion), qui y installent des attractions payantes en plus du billet d'entrée. La participation du chanteur Carlos, qui donne un concert tous les dimanches, n'y fait rien. Et la concurrence du parc Astérix puis celle, prévue, de Disneyland finit d'achever le parc, qui ferme en 1991, devenu pendant des années un lieu fantôme où les attractions étaient abandonnées. 

Zyglofolis : Ce parc, situé à Nice, a exactement les mêmes dates d'ouverture et de fermeture que Mirapolis : 1987-1991. Conçu comme un parc d'attractions et aquatique. Problème : quand le parc ouvre, les attractions sont présentées brutes, il n'y a presque aucun arbre dans le parc (contre 50 000 plantés à Disneyland lors de son ouverture), et certaines attractions ne sont pas encore prêtes. Dès l'année suivante, le parc est en faillite. La ville de Nice se porte caution en partie, mais en 1989, le parc n'ouvre pas. Sur ses deux dernières saisons, le parc n'a proposé aucune nouveauté, et son nombre de visiteurs a continué à chuter. 

Planète Magique : Nous voilà encore à la fin des années 80... mais cette fois-ci, en plein cœur de Paris. L'ancien théâtre de la Gaité-Lyrique, fermé depuis 1977, est reconverti en parc de loisirs qui devait, initialement, être consacré aux dessins animés français comme Les mystérieuses cités d'or (projet abandonné pour des raisons contractuelles). Bien que doté de plus de 20 attractions, il ouvre fin 1989... alors qu'il n'est pas fini. Le public est déçu et le lieu ferme au bout de 12 jours - l'émission diffusée pendant plusieurs jours sur Antenne 2 et tournée sur place n'y change rien. Il ne rouvre qu'en 1990... mais ne fonctionne pas mieux. 

Vulcania : Peut-on vraiment parler de flop ? Aujourd'hui encore ouvert, il n'accueille toutefois que 335 000 visiteurs, loin des 800 000 attendus à l'ouverture du parc en 2002... soit 12 ans après le lancement du projet par l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing. L'implantation du parc fait débat et suscite de vives oppositions. Et en 2008, alors que le nombre de visiteurs plonge, le parc est obligé de lancer une "deuxième version", avec des attractions plus ludiques. Car les concepteurs avaient oublié un détail : le public doit s'amuser, et jusqu'à présent ce n'était pas le cas. 

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