La cérémonie des Oscars s'annonce très politique. En France aussi racisme, pauvreté, dérives de Donald Trump, se sont invités aux César vendredi soir.

George Clooney lors de la cérémonie des César 2017
George Clooney lors de la cérémonie des César 2017 © AFP / THOMAS SAMSON

Quand George Clooney invoque Shakespeare et "Jules César"

Toute fête consacrée au cinéma devient-elle une tribune contre la politique de Donald Trump. Après Isabelle Huppert et Meryl Streep aux Golden Globes, George Clooney, qui s'est vu remettre un César d'honneur, n'a pas manqué de faire sa déclaration sur la politique américaine. Ce fut l'un des moments les plus forts de la soirée.

"Les actes du président des Etats-Unis ont alarmé et consterné nos alliés, en confortant considérablement nos ennemis. A qui la faute ? Pas forcément la sienne. Il n’a pas créé cette situation de peur, il l’a exploitée", a dit George Clooney. Il a ensuite fait référence à la pièce Jules César de Shakespeare. Dans cette pièce Brutus tue son ami César, alors que son pouvoir prend beaucoup trop d’ampleur et devient dangereux pour la république. Clooney a cité cette phrase de Cassius (l'un des personnages de la pièce): "la faute cher Brutus, n’est pas dans nos étoiles mais en nous-mêmes". Sous-entendu, à chacun de prendre ses responsabilités, Trump n'est pas à la Maison Blanche par hasard, mais parce que les gens ont eu peur.

Jean Dujardin chargé de lui remettre son César et de traduire, a mis son grain de sel dans les propos de l'acteur américainet provoqué quelques éclats de rire dans le public. Quand Clooney a dit "Love trumps hate" [L'amour surpasse la haine], Dujardin a traduit "Trump hait l'amour".

Dans la salle de presse, après coup, George Clooney est revenu sur son engagement politique en général : "Durant toute ma vie, j'ai toujours été impliqué dans ce que les gens appellent la politique, mais je considère plutôt que ça relève de ma place dans la société, de parler et de m'exprimer pour ceux qui ne peuvent pas. Mais je préfère le travail que j'ai pu accomplir que de me présenter. Je continue de parler d'histoires qui ont un sens, et qui reflètent ce que je trouve important. Et tant que je pourrai le faire, je le ferai"

François Ruffin et les raisons de la colère

François Rufin a reçu le César du Meilleur film documentaire pour Merci Patron ! Il a estimé que depuis 30 ans l'industrie en France est dépecée, _"ça dure depuis 30 ans car ce sont des ouvriers qui sont touchés. Si c'était des acteurs ou des journalistes, cela poserait problème immédiatement. Il s'en est pris aux avantages fiscaux des journalistes, aux salaires des députés. "Imaginons qu'on délocalise l'hémicycle à Varsovie. Dans ce pays, y'a des "sans-dents" mais il y a surtout des dirigeants sans cran !"_

François Cluzet en mode énervé sur la question du racisme

L'acteur François Cluzet a évoqué l'affaire du syndicalise policier qui considérait que "Bamboula" était un terme "à peu près convenable". Il y est donc allé d'une insulte en bonne et due forme : "Enculé de raciste, c'est un beau compliment".

Le maître de cérémonie Jérôme Commandeur a fait allusion au Front National, en annonçant que le César du meilleur film étranger serait remis par Florian Philippot. "

Non, c'était juste pour vous réveiller un peu", un petit coup de taser comme ça.. Allez on est encore sur le pont, on ne lâche rien les César"

Des jeunes, des femmes, des pauvres et Pénélope Fillon?

Audrey Azoulay, ministre de la Culture, a simplement commenté les récompenses accordées aux films et aux professionels, en signalant l'ouverture des jurés aux histoires concernant la jeunesse et les femmes en particulier

La jeune Maïmouna Doucouré a remporté le César du meilleur court-métrage (ex aequo avec Vers la tendresse) a déclaré qu' "Il y a des gens qui se battent pour que la France se raconte dans sa pluratilé".

Le film Maman(s) qu’elle a écrit et réalisé, a également été récompensé au Festival de Toronto et au Festival de Sundance aux États-Unis.

Les réseaux sociaux ont vu défilé leur lot habituel de réactions agacées devant ce cinéma qui raconte la pauvreté ou le racisme, mais qui s'habille de strass et de paillettes.

Le journaliste Bruno Masure a réussi a casé l’affaire Fillon avec son humour inoxydable.

►►► Le Palmarès complet des César 2017

►►► Trump a vraiment énervé les artistes

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